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Lien entre les différentes communautés nigériennes et amis du Niger réparties de par le monde. Boubacar Guede
Mis à jour : il y a 59 min 34 sec

Message à la Nation de SEM. Mahamadou Issoufou, Président de la République, Chef de l’Etat, à l’occasion du 56ème anniversaire de la République

il y a 7 heures 36 min


NIGERIENS, NIGERIENNES,

MES CHERS CONCITOYENS,
Je suis heureux, en cette veille du 56ème anniversaire de la République, de dire qu’il sera, désormais, ajouté dans les statistiques économiques du Niger, aux côtés notamment  des infrastructures routières et énergétiques, une ligne relative au réseau ferroviaire. Notre pays est, on s’en souvient, le seul de notre sous-région à n’en avoir pas hérité au moment de son indépendance.

 

 Un des facteurs de la première révolution industrielle, celle des  machines textiles, de la sidérurgie au coke et de la machine à vapeur, le chemin de fer, développé en Europe entre 1830-1840, permet à lui seul de mesurer l’ampleur de notre retard par rapport aux sociétés développées : presque deux siècles. Je me suis engagé à combler ce retard et je me réjouis de ce que, en  dépit des difficultés rencontrées, l’engagement de notre partenaire stratégique en vue de la réalisation de la boucle ferroviaire, j’ai nommé l’entreprise Bolloré, ne faiblit pas. Je le félicite et l’encourage. Certes, j’avais souhaité que la ligne ferroviaire Niamey-Dosso soit inaugurée le 18 Décembre mais,  après avoir attendu l’arrivée du train pendant 80 ans, nous pouvons avoir la patience de l’attendre encore quelques mois de plus.

Oui, le train nous donne la mesure du retard enregistré dans nos efforts de développement mais,  malheureusement, ce  retard  n’est rien à côté de celui que nous enregistrons dans d’autres secteurs. Il  est encore plus prononcési on tient compte des progrès réalisés par l’humanité suite à la deuxième révolution industrielle, celle du pétrole et de l’électricité, puis suite à la troisième révolution industrielle en cours, celle des nouvelles technologies de l’information, notamment internet.

En effet, des drones et des satellites tournent au-dessus de nos têtes pendant que nos paysans travaillent péniblement la terre à la houe et à la hilaire. L’homme a fait ses premiers pas sur la lune depuis une cinquantaine d’années, alors qu’aujourd’hui encore certains de nos concitoyens n’ont pas accès à l’alimentation, à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins de santé. Des sondes, porteuses d’un message symbolique de l’humanité, lancées depuis une quarantaine d’années, sont aujourd’hui au-delà du système solaire, dans l’espace interstellaire,alors que le taux d’alphabétisation dans notre pays est à peine de 30%.

 Mes chers Concitoyens,
Le 31 Décembre et le 07 Avril prochains, à l’occasion respectivement des vœux du nouvel an et du quatrième anniversaire de mon accession à la magistrature suprême, je ferai respectivement, plaise à Dieu, le bilan chiffré de l’année 2014 et celui de quatre années de mise en œuvre du Programme de Renaissance. A ces occasions je reviendrai, dans les détails, sur les grandes priorités du Programme de Renaissance, c'est-à-dire sur  les questions institutionnelles et sécuritaires, sur les infrastructures, sur l’initiative 3N, sur les secteurs de l’éducation, de la culture, de la santé, de l’eau, de l’assainissement et de l’emploi.De ces bilans, je peux d’ores et déjà l’affirmer, il apparaîtra qu’il y a un secteur où les efforts du Gouvernement doivent se concentrer davantage si nous voulons avancer plus rapidement sur la voie du progrès et réduire  le fossé abyssal qui nous sépare des pays développés : le secteur culturel. En effet, les différentes révolutions industrielles, que le monde a connues jusqu’ici, sont nées d’évolutions culturelles et institutionnelles qui les ont portées. Le comportement des hommes et leurs valeurs culturelles ont été le moteur de ces révolutions. Or, si sur le plan institutionnel des progrès notables ont été enregistrés avec la vitalité démocratique que connaît notre pays, sur le plan culturel, par contre, celui-ci s’enfonce dans une situation d’arriération prononcée comme l’illustrent le recul de l’éthique du travail notamment dans la fonction publique, le développement d’une mentalité d’assisté, notre rapport avec le temps, notre comportement par rapport aux biens publics, aux questions démographiques et à l’école particulièrement  s’agissant de la scolarisation des filles. Pour surmonter ces obstacles il faut, sans tarder,  créer les conditions d’une profonde rupture et d’une renaissance culturelles qui passent par une révision de certaines de nos valeurs sociales.

Mes chers Concitoyens,
La mentalité  dominante dans notre pays est celle d’une société d’autoconsommation, d’une société de subsistance. Cette mentalité ne correspond pas au stade de développement auquel nous souhaitons hisser notre pays, celui d’une économie marchande en voie de développement, celui d’un pays à revenus intermédiaires, voire d’une économie émergente.

Cela se voit dans notre rapport à l’assistanat et à la solidarité, qu’ils soient le fait de la cellule familiale ou de l’Etat. Ainsi, alors que dans les économies développées l’assistanat, notamment la charité, est vécu comme une humiliation par le bénéficiaire, dans notre société il est considéré comme un dû. Ainsi en est-il de la solidarité : preuve du visage humain hérité des sociétés traditionnelles, elle devient un frein au progrès si elle est perçue comme une rente viagère qui dispense de vivre à la sueur de son front.

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 Cela se voit, également, dans notre rapport au travail.  C’est bien connu, dans les sociétés développées, le travail est perçu comme une des conditions de la liberté. Il yest  perçu, non seulement comme un droit, mais surtout comme un devoir, comme une voie de salut.Dans ces sociétés, c’est par le travail que l’homme s’accomplit, s’anoblit, assure sa dignité et devient responsable. C’est pourquoi quand on a la chance d’y avoir un emploi on fait tout pour mériter de le conserver et quand on n’en  a pas on fait tout pour en trouver. Par contre, dans notre société on constate un comportement inverse :complaisance  dans l’oisiveté d’un côté, absentéisme, manque de conscience professionnelle de l’autre. Ainsi beaucoup de nos compatriotes sans emploi ne se considèrent pas comme des chômeurs et vivent comme si leur situation est normale car la notion de chômage n’existe pas dans les sociétés de subsistance.

 Il revient au Gouvernement de poursuivre et de renforcer les actions déjà engagées afin de créer les conditions d’une rupture totale d’avec les comportements propres aux sociétés d’autoconsommation. Le Gouvernement  doit amener nos compatriotes à tourner le dos à l’assistanat, à la charité et au parasitisme. Il doit créer les conditions d’une rupture d’avec la mentalité d’assisté sous toutes ses formes.  Il doit continuer à  insuffler à nos compatriotes une volonté de combattre l’oisiveté.Il doit leur insuffler l’amour du travail, du travail bien fait. C’est par le travail que les sociétés occidentales se sont développées, ce n’est que par le travail que notre pays atteindra les objectifs du programme de renaissance. D’ailleurs, n’est- ce pas au travail que nous invite notre prophète (paix et salut sur lui), quand, après avoir questionné quelqu’un qui lui demandait de l’argent en aumône, il lui ordonna  de vendre la couverture et le récipient à boire qu’il possède, de nourrir sa famille avec une partie du produit de la vente et d’acheter une hache avec la partie restante pour couper et vendre du bois afin de disposer d’un revenu régulier tout en insistant sur le fait que «cela est beaucoup mieux que la mendicité qui va être une marque sur ton visage le jour de la résurrection » ? « Chaque fois qu’un serviteur ouvre une porte de mendicité, Dieu lui ouvre une porte de pauvreté », « parmi les péchés, il en est  qui ne peuvent être expiés que par le travail », « la main haute est mieux que la main basse ; la main haute est celle qui donne, la main basse est celle qui reçoit », disait le prophète qui a toujours conseillé aux hommes capables de travailler, de ne pas mendier, afin de préserver leur honneur et leur dignité. Le travail, c’est la rédemption.Le devoir de travailler  vient juste après celui de la prière car il est dit dans le coran : « lorsque la prière est achevée, dispersez-vous sur terre, recherchez la grâce d’Allah …. » c'est-à-dire recherchez les moyens de subvenir à vos besoins.C’est l’esprit de l’initiative 3N qui cherche à substituer l’aide à la production à l’aide humanitaire d’urgence. C’est le sens du combat du Gouvernement pour accroître la productivité du travail dans l’administration. Le travail, ne l’oublions jamais, est un acte d’adoration et de combat dans la voie de Dieu. Puisons donc dans nos valeurs  islamiques les ressources morales de notre développement comme d’autres l’ont fait, pour citer un exemple, à partir du protestantisme. Il est interdit de rester  oisif  et de se contenter de dire « mon Dieu donne-moi ». Le ciel ne nous viendra en aide que dans la mesure où nous nous aidons nous-mêmes.Le prophète David n’était-il pas forgeron, le prophète Noé menuisier et le prophète Zacharie charpentier ? Ils ne se sont pas contentés de prier et de dire « dieu donne-moi ». Ils ont à la fois prié et travaillé.  C’est dire que nous avons le devoir d’utiliser la raison et l’action pour réaliser nos objectifs de développement. La mystique du travail, tel doit être notre credo. C’est, dit-on, par le travail de ses mains et de son cerveau que l’homme accomplit son destin. C’est par le travail que l’homme se réalise.
 
Mes chers Concitoyens,
Dans mon discours d’investiture, prononcé le 07 Avril 2011, je disais, en parlant de l’aide que j’attends de vous : « le changement de comportement est la principale aide que j’attends de tous : changement de comportement dans la gestion du temps qui est la ressource la plus gaspillée dans notre pays, changement de comportement par rapport au travail, changement de comportement dans le rapport avec les biens publics, etc…Nous devons lutter contre les forces de l’habitude et faire l’effort de nous changer nous-mêmes…..Dieu a dit : « je ne change pas un peuple tant qu’il ne se change pas lui-même ». Nous devons donc changer nos comportements si nous voulons changer nos conditions de vie. ». Je viens de dire que nous n’avons pas  suffisamment progressé dans notre comportement par rapport au travail. Qu’en est-il par rapport au temps et par rapport aux biens publics ? Je disais, dans mon discours d’investiture,que le temps est la ressource que nous gaspillons le plus. « Ayant toujours du mal à entrer dans une culture de production, l’Afrique n’attache aucune valeur au temps. Des comportements irrationnels, laxistes….sont justifiés par une référence à ce qu’il est convenu d’appeler l’heure africaine. ». Cette citation exprime avec d’autres mots ce que j’ai voulu dire. Le Programme de Renaissance comporte des objectifs clairs pour le développement économique et social de notre pays. Or, le temps du développement n’est ni celui de la nonchalance, ni celui de l’immobilisme, ni celui de l’insouciance. Le temps du développement c’est celui de la ponctualité au travail, c’est celui de l’utilisation optimale du temps, c’est celui de zéro instance. Nous sommes loin encore de cette conception du temps. Dans les Ministères les dossiers s’entassent parce que traités avec lenteur et insouciance. Les taux de consommation de crédit sont faibles alors qu’il nous faut davantage d’écoles, de points d’eau, de centres de santé, de routes, de logements sociaux, d’électricité et de produits agro-pastoraux. Notre classement s’est dégradé dans le domaine du climat des affaires parce que nous n’avons pas fait certaines réformes à temps. Nous devons donc changer notre rapport au temps. Il nous faudra engager ici encore une rude  bataille culturelle qui, je le sais, sera de longue haleine. Je sais que le Gouvernement s’attèle à remettre les agents de l’Etat au travail.  Je sais qu’il s’est fixé pour objectif de mettre fin à l’absentéisme. Je sais qu’il s’est fixé pour objectif la ponctualité et au moins huit (08) heures de temps de travail effectif par jour, mais les résultats sont encore faibles. Il doit donc faire davantage pour augmenter la productivité au sein des administrations, pour accélérer notamment la consommation des crédits et le climat des affaires. Le Gouvernement doit, de manière générale concevoir un programme de sensibilisation et d’éducation de masse pour inculquer aux citoyens l’utilisation optimale du temps,  pour leur inculquer une culture de développement, une culture de production et donc de progrès.

 Mes chers Concitoyens,
Notre rapport  au travail et notre rapport au temps ne sont pas les seuls sujets de préoccupation dans notre quête de progrès économique et social. Les  comportements par rapport aux biens publics, aux  questions de transition démographique et à l’école constituent d’autres contraintes. Depuis bientôt quatre (4) ans, le Gouvernement s’efforce  d’améliorer  la gouvernance politique et économique du pays. En particulier, grâce aux actions de la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA), notre pays est passé entre 2011 et 2014, du 134ème au 103ème rang dans le classement mondial de l’indice de perception de la corruption publié chaque année par l’ONG Transparency. Nous pouvons donc nous féliciter des  progrès relatifs réalisés mais nous ne devons pas nous en contenter. En effet, nous n’avons toujours pas atteint nos objectifs de rétablissement total du monopole fiscal de l’Etat et d’une efficacité optimale de la dépense publique. Le Gouvernement doit redoubler d’effort et ici encore l’obstacle majeur c’est la force de l’habitude, c’est le rapport aux biens publics. Le Gouvernement doit s’attaquer à la conception que notre société a des biens publics, conception selon laquelle ces biens, appartenant à tout le monde, n’appartiennent  à personne. La même conception considère qu’il faut se servir au lieu de servir. De cette conception, il découle de graves conséquences : absence du respect des biens publics se traduisant par l’absence de leur entretien, détournement des biens publics, notamment des deniers publics, creusement des inégalités et accroissement de la pauvreté. Le Gouvernement doit donc poursuivre le combat contre la fraude et la corruption dans l’administration fiscale et dans l’attribution des marchés publics. « Que celui d’entre vous qui voit le mal le change de ses mains. S’il ne le peut pas, qu’il le fasse par sa langue et si cela lui est impossible qu’il le fasse dans son cœur, ce qui est le minimum que lui impose la foi », dit le hadith. C’est dire que, au-delà du Gouvernement, c’est la société toute entière qui doit se mobiliser pour faire face au fléau de la corruption. Avec l’installation de la ligne verte, le Gouvernement offre à chaque citoyen la possibilité de participer à ce combat salutaire pour notre développement économique et social.

 Mes chers Concitoyens,
La question de la transition démographique fait partie des défis majeurs auxquels est confrontée notre société. J’ai eu, à maintes occasions, à intervenir sur ce sujet brûlant. Face à cette question, on retrouve le même obstacle, celui de la rigidité de nos mentalités, celui de l’ignorance des préceptes religieux. « Vous êtes tous des bergers et tout berger est responsable de son troupeau. ». « Il suffit à l’homme comme péché d’abandonner ceux dont il a la charge. ». C’est en ayant à l’esprit ces hadiths que j’avais déclaré devant les cadres de commandement, à Maradi, en Avril dernier, que nous avons le devoir de procréer avec responsabilité, c'est-à-dire le devoir de faire des enfants que nous pouvons nourrir, éduquer et soigner. Notre pays  a le taux de fécondé le plus élevé au monde. Plus grave, une enquête récente révèle que le nombre  d’enfants désirés, aussi bien par les femmes que par les hommes, est supérieur au taux de fécondité. Ne nous voilons pas la face, nous devons créer, comme c’est le cas dans  beaucoup de pays  musulmans, notamment arabes, les conditions de la transition démographique. Notre pays doit chercher à bénéficier du dividende démographique qui est l’union de la transition démographique et du développement durable. Je félicite le Gouvernement, les leaders traditionnels et religieux ainsi que les partenaires au développement pour les efforts consentis dans ce domaine. Je les encourage à poursuivre le combat. En particulier, je les encourage à continuer la sensibilisation contre les mariages précoces et pour le maintien de nos enfants à l’école, notamment les jeunes filles, au moins jusqu’à l’âge de 16 ans conformément aux promesses du Programme de Renaissance.

 Mes Chers Concitoyens,
Le Gouvernement, depuis quatre ans, a obtenu beaucoup de succès dans la mise en œuvre du Programme de Renaissance. J’en ferai, comme je l’ai déjà dit, le bilan détaillé à d’autres occasions. Ces succès doivent être amplifiés. Pour y arriver il nous faudra une superstructure culturelle rénovée, un socle culturel assaini, capable de porter nos ambitions. Une rupture mentale s’impose. Je voudrais que le signal de cette rupture parte de la cité des Djermakoye, de Dosso qui accueille cette année la fête tournante de la République, Dosso qui a bénéficié d’investissements importants dans le cadre du programme Dosso Sogha. Ce signal de rupture que j’attends de Dosso, c’est l’entretien et la protection des infrastructures coûteuses réalisées, par le Gouvernement, au bénéfice de sa population. La prochaine fête de la République, je le confirme, se déroulera, plaise à Dieu, à Maradi. Le Gouvernement prendra toutes les dispositions pour que le programme Maradi Koliya démarre sans tarder. Joyeuse fête de la République à toutes et à  tous.
JE VOUS REMERCIE!

18 décembre 2014
Source : http://www.Presidence.Ne

 

 

Editorial : A l’heure de la renaissance culturelle

il y a 23 heures 5 min

18 décembre 1958, 18 décembre 2014: la République du Niger a aujourd’hui 56 ans. 56 ans de construction et d’espérance; 56 ans de lutte acharnée pour asseoir les bases d’un Etat fort et uni. Des grands bâtisseurs de la première génération à ceux de la génération actuelle, chacun a posé sa pierre à l’édifice. Chacun a marqué son temps, à  sa façon. 


Et l’opinion publique, qui observe et qui juge, est suffisamment fixée sur l’apport combien appréciable du Président Issoufou Mahamadou sur la marche du Niger. Et cette opinion-là, qui sait voir les choses avec l’œil de l’objectivité, retiendra qu’avec le Président Issoufou, toute promesse faite est une promesse tenue. En effet, la mémoire collective des Nigériens se rappelle que dès son investiture à la magistrature suprême, le Président Issoufou promettait de faire du Niger un pays engagé sur la voie de la Renaissance. ‘’Je sais que les attentes sont fortes. Je sais qu'un nouvel espoir est né, celui de la Renaissance du Niger. Ma responsabilité est de répondre à ces attentes. Mon devoir est de porter ce nouvel espoir’’, disait-il à l’entame de son discours d’investiture. Par ces mots bien énoncés, le Chef de l’Etat voulait simplement exprimer toute la détermination qui l’anime en vue de sortir le Niger des chantiers battus.
Pour y parvenir, le Chef de l’Etat peut compter sur la pertinence des grands axes de son Programme de Renaissance du Niger, véritable fil conducteur de sa vision pour le Niger. Ce programme, on l’a vu, n’a vraiment rien d’une formule miracle,  au contraire, elle s’articule autour d’une pléiade d’actions majeures et concrètes, toutes porteuses d’espoir de faire du Niger, notre pays, un vaste chantier du développement. D’avril 2011 à aujourd’hui, que d’actions accomplies! Construction de routes bitumées ou en terre dans toutes les régions pour améliorer le trafic entre les zones et désenclaver davan-tage notre pays; intensification des réalisations dans le cadre de l’Initiative
3N (les Nigériens nourrissent les Nigériens); créations ou réhabilitations d’aménagements hydro-agricoles pour lutter contre l’insécurité alimentaire;  signatures de nouveaux contrats dans le domaine minier; réalisation du barrage hydro-électrique de Kandadji et mise en exploitation du charbon de Salkadama’’ en vue de concrétiser l’indépendance énergétique de notre pays dans un proche avenir; construction de classes et de centres sanitaires. Agriculture et élevage, infrastructures, hydraulique, environnement, santé, sécurité, éducation, etc. Absolument rien n’est laissé au hasard par le Président Issoufou pour booster la locomotive du développement du Niger.
Les défis sont énormes, mais les ambitions du Chef de l’Etat sont à la hauteur des enjeux. Dans la foulée, certains dossiers portant sur de vieux rêves longtemps restés en l’état, ont été dépoussiérés et remis sur le registre des nouveaux défis à relever à tout prix. A ce titre, l’histoire retiendra que c’est sous le régime du Président Issoufou Mahamadou que le train a sifflé pour la première fois au Niger, que des échangeurs ont été construits à Niamey, donnant ainsi à notre capitale une touche plus moderne, digne d’une ville-vitrine.
S’ajoutent aussi les infrastructures de grande envergure qui viennent meubler les chefs-lieux de nos régions. Le Programme Sogha l’atteste merveilleusement. Voilà une ville abandonnée à elle-même, où presque toutes les infrastructures étaient à l’état de ruine, qui brille aujourd’hui de mille éclats de modernité. L’exemple du Programme Dosso Sogha est la parfaite illustration de l’énoncé philosophique ‘’vouloir c’est pouvoir’’. En effet, en l’espace d’un an jour pour jour, depuis la promesse du Président Issoufou de faire de Dosso une ville nouvelle, le Chef de l’Etat a prouvé qu’un pays se construit avec de la conviction et des actions, et non pas avec des mots. A Dosso, les résultats ne souffrent d’aucune ambiguïté parce que les réalisations s’affichent, tangibles et pimpantes, sous l’œil du visiteur, même le plus dubitatif. Le Chef de l’Etat a promis de faire de Dosso une ville belle et coquette, au finish, on se retrouve dans une cité enchanteresse. Et voilà que Dosso n’est plus ce carrefour qu’on emprunte de passage pour relier les autres régions du pays. La cité des Djermakoye est devenue  une destination à part entière!
Et comme une fierté appelle une autre, c’est dans cette légendaire cité des Djermakoye remise à neuf,  que la jeunesse nigérienne, venue de toutes les régions du pays, s’est retrouvée pour exalter, par des chants, danses et compétions sportives, les valeurs de la fraternité et de l’unité nationale. Et depuis bientôt une semaine, ce sont de belles images d’une jeunesse nigérienne fière et vivace qui rivalise de talents sur la scène, qui crèvent le petit écran. Une façon pour nos jeunes compatriotes de contribuer à la valorisation de la culture nigérienne dans toute sa richesse, sa diversité et son authenticité. En cela, ils participent beaucoup  à la lutte pour l’émergence du Niger. Car, ne le perdons pas de vue, la culture est une des pierres angulaires du développement. Le Président Issoufou l’a du reste souligné, hier, dans son message à la Nation: ‘’les différentes révolutions industrielles, que le monde a connues jusqu’ici, sont nées des évolutions culturelles et institutionnelles qui les ont portées. Le comportement des hommes et leurs valeurs culturelles ont été le moteur de ces révolutions’’. Ainsi dit et entendu, il est clair qu’avec l’éclat qu’elles ont connu, les manifestations culturelles ayant agrémenté la célébration du 18 Décembre à Dosso constituent en elles-mêmes l’histoire d’un autre pari gagné: celle de l’affirmation de la volonté politique du Président Issoufou d’engager notre pays dans une nouvelle ère de renaissance sur le plan culturel.  
C’est dire que désormais, tous les ingrédients sont réunis, et on peut affirmer, sans risque de se tromper,  que la machine est suffisamment huilée pour propulser davantage la locomotive de la Renaissance du Niger vers la gare de l’émergence.

 Mahamadou Adamou (mahamadou.yaks@yahoo.fr)

Discours de Monsieur Diori Hamani après la proclamation officielle de la République " Monsieur le gouverneur, mes chers collègues,

il y a 23 heures 8 min

La République du Niger est née sous le signe de l'union de ses habitants. Elle a choisi librement la Communauté Franco-Africaine. Ce choix repose essentiellement sur la confiance que nous avons dans le devenir de l'homme et sur notre foi inébranlable en la France et en son Chef prestigieux, le Général De Gaulle. 

L'étendue immense de notre Territoire indique ses diversités régionales, ses différences ethniques, l'effort immense à faire pour rapprocher et fondre dans le même creuset national nos populations différentes.
Dans ce travail ardu, il nous faudra du tact et surtout de la patience pour nous aider les uns et les autres dans  le labeur difficile qui doit préparer le bonheur de notre peuple. Dans ces conditions, les circonstances de l'histoire nous conduisent à la construction d'une Nation, à celle d'une communauté africaine dont la sève nourricière ne sera succulente que de la force de notre union. Dans un monde que dévore la vitesse, dans notre monde d'interpénétration de races, de peuples, de nations, l'isolement étouffe les petits Etats. Le chemin de la Communauté conduit plus à la libération de l'Homme que celui de l'indépendance dans la misère qui sent tout son nationalisme étroit et sa méfiance de l'Homme en général. Le Niger veut transcender toutes ces questions mesquines pour voir en face la réalité autour de laquelle il faut construire.
Dans notre pays, vivant côte à côte, Blancs et Noirs, le bon sens ne doit-il pas nous dire qu'il faut taire nos querelles politiques, nos divergences, pour ne nous atteler qu'au même effort qui doit donner le bien-être à nos femmes, à nos enfants, à tous ceux qui habitent ce pays. Le problème est donc très simple. Nous devrons agir sur le pays et ses hommes pour augmenter les ressources utiles qui développement notre commerce, qui contribuent à l'émancipation de nos populations, qui conduisent à l'indépendance économique de notre Etat dans la Communauté. Le travail est déjà immense pour ceux qui veulent faire quelque chose.
Vive le Niger !
Vive la Communauté Franco-Africaine
ONEP

 

 

Fête du 18 Décembre : De la colonie à la République : un long cheminement

il y a 23 heures 11 min

 

Il y a dans la vie dans des nations des moments qui marquent de manière indélébile le cours de l’histoire. Pour un territoire, le passage de statut de Colonie puis de Territoire à celui de République est sans nul doute un événement majeur gravé dans le marbre.

 


En accédant au statut de République, le Niger franchit une étape décisive de son évolution qui le conduira l’année d’après à l’indépendance nationale et à la souveraineté internationale. Mais que d’eau a coulé sous le pont !
Le Niger est passé, en 62 ans de colonisation (1897-1958), de Territoire militaire à Territoire civil, par un décret du 4 décembre 1920; et par un décret du 13 octobre 1922, le Territoire du Niger est transformé, à compter du 1er juillet 1922, en une Colonie qui prend le nom de colonie du Niger.
Une colonie est un territoire qui se trouve sous la domination d’un autre pays (appelé la métropole) et qui en dépend totalement aux niveaux politique, économique et culturel. La colonie, dans les faits, ne dispose d’aucune liberté car ne se gouvernant pas elle-même. Mais la colonie n’est pas le contraire de la république qui est tout simplement, et de manière schématiqu, un régime politique dans lequel tous les citoyens sont soumis à la même loi, sans distinction, et où les fonctions de chef d’Etat ne sont pas héréditaires, mais procèdent de l’élection. Nous sommes encore loin de l’indépendance où le pays concerné accède pleinement à la souveraineté internationale, et dispose de lui-même. Mais en attendant, il faut mettre les moteurs en marche.
Et l’évolution s’imprime, et elle va se préciser progressivement au cours des 3 prochaines décennies.
Ainsi, après la période des missions d’exploration et d’occupation, l’ère coloniale a couvert pendant 60 ans ‘’la benjamine des territoires de l’AOF’’ de son lourd manteau. Mais, comme souvent, l’histoire s’accélère à la faveur des douloureux événements des nations. Et ici, c’est à la suite des deux guerres mondiales que pointera le déclic de l’émancipation politique des peuples et territoires encore sous domination française. A l’occasion de ces tragiques événements, la France ne devrait son salut, dans une certaine mesure, et une mesure grande, qu’aux troupes coloniales. C’est ainsi qu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, on va assister à une certaine accélération de l’histoire. Les faits et les événements vont s’enchaîner, à un rythme soutenu.
Dès le 12 mai 1946 donc, le Niger enregistre la naissance de son premier parti politique, le Parti Progressiste Nigérien (PPN), avec comme président du Comité central, M. Issoufou Seydou Djermakoye, qui aura pendant une décennie ‘’le rare privilège de rassembler en son sein toutes les forces intellectuelles du territoire’’, comme l’écrivait Adamou Mayaki dans son livre ‘’Les Partis politiques nigériens de 1946 à 1958–Documents et témoignages’’ (INN, Niamey 1991, page 21).
 D’autres formations politiques vont voir le jour par la suite, avec la volonté partagée d’œuvrer à l’émancipation des populations. C’est ainsi qu’on assistera à la création de l’UNIS, de l’UPN, de l’UDN, du BNA, du FDN…, chacun, sur un registre différent, luttant pour l’autonomie du pays.
 Successivement, vont voir le jour:
- l'Union Indépendante des Nigériens et Sympathisants (U.N.I.S.) présidée par Baba Haïdara, créée le 31 mai 1948 ;
- l’Union Progressiste Nigérienne (U.P.N) de M. Condat Georges Mahamane, le 15 mars 1953;
- La reconstitution de l’UNIS le 12 janvier 1954 autour de M. Boubacar Bolho (secrétaire général) ;
-l’Union Démocratique Nigérienne (U.D.N.) de M. Djibo Bakary, le 16 avril 1954 ;
- le Bloc Nigérien d’Action (BNA) créé par M. Issoufou Saidou Djermakoye le 24 février 1956 ;
- la création, le 19 novembre 1956, du Sawaba* (liberté en haoussa) suite à la fusion de l’U.D.N. et du B.N.A., avec M. Issoufou Seydou Djermakoye comme président et M. Djibo Bakary comme secrétaire général. Le Sawaba deviendra la section nigérienne du Mouvement Socialiste Africain (M.S.A.) créé à Conakry en janvier 1957.
- les Forces Démocratiques Nigériennes (F.D.N.) qui remplacent depuis le 6 mars 1957 l’UNIS et dirigées par M. Zodi Ikhia ;
- Enfin, la création le 6 octobre 1958 de l'Union Franco Nigérienne (U.F.N.), regroupant principalement les anciens membres du Sawaba qui ont voté ‘’OUI’’ au référendum du 28 septembre, sous la présidence de M. Issoufou Seydou Djermakoye…
Tous ces partis politiques, à des degrés divers, ont activement participé, et de manière démocratique, à la lutte de libération nationale.
Au Niger, la partie n’a pas été facile. Entre le NON et le OUI, la bataille a été rude. Et l’administration coloniale a dû déployer les grands moyens et sortir l’artillerie lourde pour imposer le OUI. J.R. de Benoist note à ce propos que ‘’l’autorité coloniale mobilisa tous les moyens pour faire obstacle à la campagne menée par Djibo Bakary en faveur du ‘’NON’’. Et Georges Chaffard, dans ‘’Les Carnets secrets de la colonisation’’ écrira : ‘’Du côté de l’administration française, on a déployé le grand jeu. Les caisses de billets CFA ont été prestement déclouées. L’armée mise à contribution’’.    
 La victoire du OUI défendu par le PPN RDA et ses alliés est acquise à 78,43 %. Le taux d'abstention a été de 62,59 %. Sur 1.320.174 inscrits, 493.953 électeurs ont voté. Les suffrages exprimés valables sont de 474.778. On a enregistré 372.383 ‘’OUI’’ contre 102.395 ‘’NON’’.
Ce ‘’OUI imposé’’ va aggraver la crise politique opposant ‘’le pays légal au pays réel’’. La légalité, c’est la majorité parlementaire (41 conseillers territoriaux contre 19) qui est aux commandes de l’Etat avec M. Djibo Bakary comme vice- président du Conseil de gouvernement; et la réalité, c’est le nouveau suffrage des urnes qui fait de l’UCFA (Union pour la Communauté Franco-Africaine) le vainqueur du scrutin.
 Mis sous pression et dépouillé de tout pouvoir par l’administration coloniale, l’équipe gouvernementale de Djibo Bakary perd la partie et se voit obligée de démissionner dès le 19 octobre 1958. Il reste l’Assemblée territoriale. Là encore, la crise s’y est installée, et profondément. Des démissions voulues ou imposées vont tomber en cascade…
Lorsque, le 9 novembre 1958, adviendra la 31ème démission de conseiller, rien à faire. Il faut constater le fait accompli, c’est-à-dire la dissolution de fait du parlement (le 18 novembre) et la convocation de nouvelles élections législatives pour le 14 décembre 1958.
Le PPN-RDA qui se présentait sous le signe UCFA (Union de la Communauté Franco Africaine) contre le PRA-Sawaba triomphe partout, sauf à Zinder et à Tessaoua, où des ‘’irrégularités flagrantes’’, selon les autorités coloniales, ont fait annuler en contentieux les opérations.
Les cinq députés PRA-Sawaba de Tessaoua seront invalidés le 30 avril 1959 et remplacés par les candidats UCFA.
A Zinder, des élections partielles seront organisées le 27 juin 1959.
La nouvelle Assemblée sera installée le 17 décembre 1958. 52 des 60 membres élus sont présents à la séance inaugurale présidée par le doyen d’âge Idrissa Sorkha.
M. Boubou Hama, candidat présenté par le groupe UCFA est élu Président de l’Assemblée territoriale par 46 voix sur les 46 suffrages exprimés.
Et dès le 18 décembre, l'Assemblée Constituante, qui vient de remplacer l'Assemblée Territoriale (Délibération n° 49 58, Cf. Arrêté n° 58 654 du 22 décembre 1958), proclame la République du Niger, Etat-membre de la Communauté (Délibération n° 48 58 du 18 décembre 1958).
Le même jour, l’Assemblée procède à l’élection de la liste de 12 membres présentée par le groupe parlementaire UCFA (regroupant les partis politiques PPN-RDA, UFN, FDN et la Chefferie traditionnelle, défenseurs du ‘’OUI’’ au référendum du 28 septembre 1958) pour constituer le Conseil de gouvernement. La liste (unique) présentée obtient 48 voix sur 48.
M. Hamani Diori, secrétaire général du P.P.N. R.D.A., est élu par la nouvelle Assemblée président du Conseil de gouvernement.
Le premier rôle appartient alors à Hamani Diori qui devient Président du Conseil et dissout le Sawaba (octobre 1959). Djibo Bakari part en exil. L'indépendance est acquise le 30 août 1960, une Constitution de type présidentiel est adoptée. Hamani Diori, élu en novembre suivant Président de la République, va régner sans partage sur le pays pendant 14 années. Un attentat manqué contre le Président en 1965 vaudra au Sawaba, devenu clandestin, de perdre les soutiens dont il bénéficiait de la part des pays africains progressistes. Cet événement est le seul à perturber une vie politique particulièrement atone, avec des élections sans surprise (1965 et 1970) qui confirment à 99,9 % le Président et le PPN dans leurs rôles respectifs.
Des repères importants à retenir
De 1946 à 1957 : c'était le Conseil Général qui créa par décret n° 46-2375 du 25 octobre 1946 qui était l'Assemblée Représentative. Ce conseil est composé de trente (30) membres dont 10 conseillers généraux et 20 conseillers locaux. Le premier président du Conseil Général était Djermakoye Moumouni Aouta, du 13 janvier 1945 au 17 mars 1948.
Avec la loi n° 52-130 du 06 février 1952, le Conseil Général devint Assemblée Territoriale dont le président était Monsieur Fernand Balay de mars 1948 à novembre 1953. Cette fois-ci, l'Assemblée Territoriale voit le nombre de conseillers passer de 30 à 50 dont 15 conseillers généraux et 35 conseillers locaux.
Après Monsieur Balay, vint Monsieur Malick N'Diaye comme Président du Territoire du Niger du 04 décembre1953 au 12 novembre 1954. La loi cadre de 1956 mit fin aux doubles collèges.
Une Assemblée était élue au suffrage universel avec une chambre unique. Monsieur Condat Georges fut le président de cette Assemblée d'avril 1957 au 14 novembre1958.
De 1958 à 1960 : Suite au référendum de 1958, des élections furent organisées le 14 septembre 1958. L'Assemblée Constituante remplaça l'Assemblée Territoriale par la délibération n° 49-58 du 18 décembre 1958 et le premier gouvernement du Niger vit sa formation. Cette Assemblée Constituante est composée de 60 membres appelés députés. Son président était Monsieur Boubou Hama, du 18 décembre 1958 en février 1959.
Le 25 février 1959, la première constitution du Niger était adoptée par l'Assemblée Constituante. Cette constitution sera promulguée le 12 mars 1959, et l'Assemblée constituante devint Assemblée législative. C'est alors un régime parlementaire qui fut instauré.
De 1960 à 1974 : l'Assemblée législative sera elle-même remplacée par l'Assemblée Nationale instituée par la loi n°60-43 du 29 juillet 1960. Son président était toujours Boubou Hama. Le 03 août 1960, le Niger devint indépendant. Les membres de l'Assemblée Nationale passèrent de 60 à 50 députés, soit une diminution de dix (10) députés en 1965 (2ème législature). La 3ème  législature (1970 à 1975) de la 1ère  République n'arriva pas à terme, puisque l'Assemblée Nationale était dissoute par la prise du pouvoir par les Forces Armées Nigériennes le 15 avril 1974.
Les bases de la construction nationale
Une génération de pionniers avait pris courageusement la relève de l’administration coloniale, avec pour défi la construction de la nation nigérienne. C’est des hommes et des femmes engagés et patriotes, intègres et disponibles, qui vont, sur la base de presque rien, assurer l’édification du pays. Partis de rien et avec pour seul bagage la foi au destin de leur peuple, ces hommes de conviction et d’engagement avaient posé les bases de la construction du Niger.
 ‘’Isolé au milieu des terres, perdu à l'extrémité de l'A.O.F. et éloigné de Dakar, le Niger est une colonie oubliée, sous-administrée et sous-équipée, elle ne bénéficie d'aucun progrès, d'aucun développement économique…" ainsi parlaient, dans leur livre ‘’Les 50 Afriques’’ (Editons du Seuil), Hervé Bourges et Claude Wauthier. C’est ‘’un territoire sans avenir’’ où, pendant longtemps, ne servaient que les Corses et les Bretons, les ‘’têtes brûlées’’ de la métropole et quelques fonctionnaires ‘’indisciplinés’’ des autres territoires de l’AOF envoyés ici pour punition, selon un administrateur colonial.
On comprend alors les raisons du retard que le pays a connu, notamment en matière de formation des ressources humaines. Le colon s’est limité au strict minimum, de quoi assurer le fonctionnement du système. Et encore! En matière d’infrastructures socio-économiques, le bilan est tragiquement nul. 15 km de route bitumée en 65 ans de présence coloniale dans un pays qui a donné de son sang pour que triomphe la cause de la métropole sur différents théâtres de guerre). Les autres secteurs d’activités ne connaissent pas un sort meilleur. On va de mal en pis.
Budget
Le budget de 1959 est arrêté par Ordonnance n° 59-078 du 25 mai 1959 à 6 milliards de francs CFA, en recettes et en dépenses.
Recettes
- Ressources propres du Niger : 3 milliards 486 millions
- Subventions déjà connues : 307 millions (ex-groupe 1er trimestre et Métropole) ;
- Subvention d’équilibre escomptée : 1 milliard 749 millions (Métropole, Fonds de solidarité) ;
- Emprunt : 100 millions
 Total :     5 milliards 842 millions ;

Dépenses
- Dépenses de fonctionnement :
4 milliards 765 millions ;
- Dépenses d’investissement :   
877 millions
Total : 5 milliards 842 millions ;
Dans ces chiffres, les reports de 1958 des budgets du Groupe et Territorial sont exclus. Si on les ajoute, on arrive au chiffre de 6 milliards (reports: 358 millions).
Il s’en faut donc de 1.279 millions pour que le Niger, sur ses ressources propres, subvienne à ses seules dépenses de fonctionnement (4.765 – 3.486).
‘’En 1958, les ressources propres du Niger avaient été de 2.490 millions, et les dépenses de fonctionnement de 3.492 millions, soit une différence de 1 milliard.

Dépôts bancaires
Au 30 septembre 1958, les dépôts bancaires sont de 542.500.000 FCFA et  s’établissent comme suit au Niger :
-Comptables publics :41.400.000
- Caisse centrale : 83.000.000
- Coopératives SMPR :  22.100.000
- Offices, Sociétés d’Etat et d’économie mixte : 70.200.000
- Personnes morales à activités non commerciales :  10.300.000
- Sociétés commerciales : 95.300.000
- Particuliers : 220.900.000
Total : 542.500.000
 Enseignement
En 1958 au Niger, seulement 4 enfants sur 100 en âge d’aller à l’école fréquentent les écoles primaires.  La Côte d’Ivoire est déjà à 9 % !)
L’effectif scolaire du premier degré était le suivant:
- Enseignement public 9.424 garçons; 3.480 filles soit 12.904 élèves ;
- Enseignement privé : 227 garçons ; 328 filles, soit 555 élèves (tous de la mission chrétienne et de la mission catholique).
Résultats scolaires en 1957: 214 entrées en 6ème (443 candidats présentés), 218 certificats d’études primaires).

L’enseignement secondaire
En 1958, l’enseignement secondaire du Niger est encore embryonnaire. Le pays ne possède qu’un seul collège classique et moderne, à Niamey, pour la formation des élèves; deux cours normaux pour la formation des maîtres (Zinder pour les filles et Tahoua pour les garçons), et un seul centre d’apprentissage (Maradi), pour la formation d’ouvriers qualifiés.
Effectif : 546 élèves en 1958, soit 483 garçons et 63 filles (11,5 % de filles) ;

L’enseignement public
On comptait, en 1958, un effectif de personnel de 395 personnes, parmi lesquelles 279 instituteurs dont 78 titulaires du CAP ou d’un diplôme équivalent, 89 moniteurs de l’enseignement primaire, 10 chargés et adjoints de l’enseignement, de 3 professeurs techniques adjoints et chefs d’ateliers de centre d’apprentissage.

 Enseignement supérieur
En 1958, il n’y a pas au Niger d’établissement d’enseignement supérieur. Des bourses permettent aux étudiants de poursuivre leurs études hors du pays.
En 1958, 22 étudiants étaient inscrits à l’Université de Dakar et 33, dont 6 boursiers, en France.
Santé
Les formations sanitaires fixes comportent un hôpital de 216 lits à Niamey, une infirmerie-hôpital, 21 centres médicaux, 58 dispensaires et 3 formations privées.
L’effectif total du corps est de 289 infirmiers. On peut ajouter 29 élèves en formation.

Justice
En 1958, l’organisation judicaire (AOF) en vigueur fait dépendre le service judiciaire nigérien de la Cour d’Appel de Cotonou.
Une seule juridiction pénale, applicable à toute personne résidant au Niger, comprend un Tribunal de première instance à Niamey qui comprend une section à Agadèz et une autre à Birni N’Konni ; un autre tribunal de première instance à Zinder avec des sections à Maradi, à Mainé Soroa et à N’Guigmi.

Radiodiffusion
Une seule station de radiodiffusion, Radio Niger, émettait officiellement sur le territoire depuis le 18 octobre 1958. L’antenne était tenue deux (2) heures par jour, de 20 heures à 22 heures, sauf le dimanche de 10 heures à 22 heures, soit un volume de production de 26 heures, réparti en 3 langues (français 90 % ; haoussa 5 % et zarma 5 %).
En fait, après les installations techniques, les essais ont commencé le 6 octobre 1958.
La première musique jouée à l’antenne est une composition de la cantatrice Zabia Titi de Garoua (Cameroun).

Transport
En 1958, le parc automobile du Niger se chiffre à 3.834 véhicules, dont 2.525 camions et camionnettes, et 218 motos. La plupart de ces engins de transport appartenaient à des fonctionnaires européens ou africains.
La Compagnie Transsaharienne est la seule entreprise de transport qui desserve des lignes à des horaires fixes. Elle a la concession des services publics de transport pour les passagers, les marchandises et les messageries. Son parc est de 7 autocars.
Routes
En 1958, une seule route est bitumée et cela sur  15 km: il s’agit de la route nationale menant de  l'aéroport de Niamey au village de Goudel, une voie large de 6 m.
Le pays dispose de 2.858 km de routes fédérales, 646 km de routes d’intérêt général et local, soit 3.504 km de routes praticables.

Poste et Téléphone
Au 1er avril 1958, le Niger compte 35 bureaux de poste (Sénégal: 121), soit un bureau pour 67.000 habitants.
A la même date, on dénombre 736 postes téléphoniques d’abonnés, dont 422 postes principaux et 364 secondaires.

Population
En 1958, la population du Niger a été estimée à 2.414.500 habitants, dont 2.411.000 Africains et 2.700 non Africains.
La population est rurale à près de 95 %. La population urbaine est concentrée surtout dans les agglomérations de 10 à 20.000 habitants, et de 3.000 à 5.000.
En 1958, seulement 4 villes du Niger ont plus de 10.000 habitants:
- Niamey : 18.798
- Zinder : 13.304
- Tahoua : 12.359
- Maradi : 10.122

Politique
Les premières femmes titulaires d’un mandat politique au Niger ont été élues en 1956.
En effet, à l’occasion des élections municipales du 18 novembre 1956 de Niamey et de Zinder, parmi les 27 conseillers municipaux élus de chaque liste, il y a une femme.
A Niamey, c’est Mme Noma Safiétou, né en 1934 à Niamey, enseignante à l’Ecole Filles de Niamey, qui est élue sur la liste du Parti Progressiste Nigérien (PPN).
A Zinder, la première conseillère municipale est Mlle Haoua Boukari, née en 1926 à N’Guigmi, infirmière de santé à Zinder. Elle est du parti politique BNA (Bloc Nigérien d’Action).
A titre de comparaison, quelques données récentes pour mesurer le chemin parcouru en 55 ans de vie de République (source INS, le Niger en chiffres)
Budget:1868 milliards de FCFA en recettes et dépenses ;
Population : A la date du 17 décembre 2012, la population du Niger est de 17 129 076 habitants, dont 8 461 444 hommes (49,4%) et 8 667 632 femmes (50,6%)
Agents de l’Etat en 2011 : 40857;
Demandeurs d’emplois enregistrés à l’ANPE en 2011:  6957 ;
Routes : En 2011, il y a 19268 km de routes dont 4053 bitumées, 7021 non revêtues (en terre) et 8194 en pistes sommaires ;
Infrastructures de santé publique : En 2011 il y a 3 hôpitaux nationaux; 7 hôpitaux régionaux ;  32  hôpitaux de district ; 3 maternités de référence ; 617 CSI/1 ;  232 CSI/2 ;   2478 Case de santé.  
Personnel de santé en 2011 : Médecins : 705 ; Pharmaciens: 31 ; Ingénieurs de santé: 8 en 2009 ; Infirmiers diplômés d’Etat: 3829; Sages femmes : 927 ; Chirurgiens dentistes: 43
Parc auto (voitures particulières) en 2011 : 119.332.
Aboubakari Kio Koudizé

 

Albadé Abouba : Pas à pas sur les chantiers de programme Dosso Sogha

il y a 23 heures 20 min

Pour réussir le pari d’une bonne mise en œuvre de l’ambitieux programme dénommé Dosso Sogha qu’il a lui-même initié en vue d’insuffler une touche de modernité porteuse d’une dynamique de développement à la ville de Dosso, le Président de la République, SE. Issoufou Mahamadou, a d’abord misé sur le bon choix de l’homme qui aura pour charge de  conduire et de superviser les travaux : M. Albadé Abouba, ministre d’Etat à la Présidence de la République. Investi de cette confiance, l’intéressé s’est mis au travail en s’y engageant corps et âme, sans trêve.


Depuis la mise en place, le 03 février 2014, du Comité interministériel chargé de l’organisation des festivités du 18 Décembre à Dosso, le ministre d’Etat         Albadé Abouba, président dudit Comité, s’est engagé dans une course contre la montre.  Présidant les réunions du comité par-ci, multipliant les va-et-vient entre Niamey et Dosso pour d’innombrables visites de supervision des chantiers de construction des infrastructures par-là, l’homme a évolué au rythme d’une véritable veillée d’armes durant tout le processus ayant conduit, aujourd’hui, à cette métamorphose de la Cité des Zarmakoye.
Toujours à pied d’œuvre, il a su garder, tout au long du processus, un œil attentionné sur l’évolution des différents chantiers. Animé par le seul souci de façonner les infrastructures et les ouvrages, tel que l’a voulu le Chef de l’Etat, il a tout piloté avec tact et précision. Maniant la carotte et le bâton, il a su donner les nécessaires coups de pousse pour amener les maîtres d’œuvre des différents chantiers à être au rendez-vous de la date butoir du 18 décembre 2014, avec des infrastructures et autres bâtiments et ouvrages achevés. Sans compter les retouches qu’il a eu à apporter, le temps d’une visite, sur la configuration de tel bâtiment ou  de tel autre. Au finish, le résultat est là, éclatant à  souhait!
Avec un brin d’humilité, l’intéressé préfère laisser aux autres le soin d’apprécier le résultat de tant d’efforts. C’est ainsi qu’au terme d’une visite des différents chantiers qu’il a effectuée le 03 décembre 2014, le ministre d’Etat Albadé Abouba s’exprimait en ces mots : ‘’On va donc laisser la latitude à ceux qui nous ont mandatés de venir le faire’’, a-t-il dit.
Pour mieux apprécier le résultat de ce travail titanesque,  il s’avère nécessaire de faire un tour au ‘’Village du 18 décembre’’ avec ses 100 villas;  à la Maison des Jeunes et de la Culture; à l’arène; au stade; à la case de passage présidentielle; à la résidence du gouverneur de la région;  à la station régionale ORTN; et sur les voies bitumées qui desservent les différents quartiers de la ville.

Assane Soumana

Interview du Gouverneur de la Région de Dosso : ‘’Tout Dossolais doit être fier d’accueillir cet évènement qui fait de notre région le point de mire de l’actualité’’, déclare Monsieur Abdoulaye Issa

il y a 23 heures 23 min

 

Monsieur le gouverneur, Dosso s’apprête à accueillir les festivités entrant dans le cadre de la Fête Nationale du 18 Décembre. A l’approche de ce grand évènement d’envergure nationale, quels sont les sentiments qui vous animent ?

 


La fête du 18 Décembre est effectivement célébrée cette année à Dosso. Les autorités de la 7ème République offrent  ainsi aux Nigériens une occasion de consolider l’unité nationale et de raffermir les liens entre les filles et les fils de ce Pays. Tout Dossolais doit être fier d’accueillir cet évènement qui fait de Dosso le point de mire de l’actualité nationale. C’est dire que c’est un sentiment de fierté et de joie qui m’anime à l’idée que la région de Dosso va abriter cette fête du 18 Décembre.
 
Quelles significations profondes revêt, selon vous, la fête tournante du 18 Décembre, et quelle est aussi son importance pour la région?
Cette fête permet aux jeunes générations de se rappeler de leurs pères et grands-pères qui se sont vaillamment battus pour que le Niger puisse devenir une République. Concernant l’importance de cette fête tournante du 18 Décembre pour la région, je dirai qu’elle a permis à notre capitale régionale de bénéficier  d’importants investissements qui ont totalement transformé, voire métamorphosé la ville. Ce qui consacre le développement économique de la Région de Dosso.

Peut-on avoir, Monsieur le gouverneur, une idée du travail qui a été abattu ici, pour accueillir l’évènement et le rendre inoubliable ?
Pour marquer à jamais cette fête à Dosso, faites un tour dans la Ville. Cette dernière a été  transformée sur tous les plans. Pour se rendre compte du travail accompli, il faut d’abord avoir une idée du budget jamais égalé qui a été consenti par  le
Président de la République, Chef de l’Etat,  SEM. Elh. Issoufou Mahamadou. Cet important investissement a permis de faire, en un temps record, différentes réalisations, notamment au niveau des infrastructures. C’est ainsi qu’au plan culturel, nous avons la rénovation de la Maison de la Culture et de la mare de Sofa Kollé. Au plan Sportif, il y a l’aménagement du Stade, de l’Arène, de l’Hippodrome, du terrain rouge, etc. Dans le domaine sanitaire, on note la réhabilitation de l’hôpital et des formations sanitaires de la Commune Urbaine de Dosso.

Au plan  administratif et social, ces investissements se sont traduits par la  réhabilitation du gouvernorat, de la case de passage présidentielle, de la résidence du gouverneur, des salles de réunions. A cela s’ajoutent la construction de l’Hôtel de ville, de la Cité du 18 Décembre 2014 et de la tribune officielle. Au niveau des Forces de Défense et de Sécurité, il y a eu la construction des camps de la Garde Nationale, des Sapeurs Pompier, des bureaux de la Direction Régionale de la Police Nationale Police (DRPN), le renforcement de ceux de la Gendarmerie et du 72ème Bataillon Inter-Armes (BIA).

De même, Dosso a bénéficié d’importantes infrastructures de voiries telles que le bitumage des routes, l’éclairage public et les caniveaux. S’ajoute également la réhabilitation de plusieurs bâtiments administratifs et des Infrastructures scolaires pour servir de lieux d’hébergement aux festivaliers.

En définitive, Monsieur le gouverneur, qu’attendez-vous des festivaliers qui ont déjà commencé à affluer vers Dosso ?
Nous souhaitons que tous nos invités se sentent d’abord chez eux, qu’ils partagent les valeurs  nigériennes d’hospitalité avec nous, et que prévale seulement l’esprit de fair-play dans les différentes compétitions.

Avant même l’issue de ce grand évènement, Monsieur le gouverneur, si on vous demandait d’adresser des remerciements, à qui les feriez-vous ?
Vous savez, la première personne à remercier, toute démagogie écartée, c’est Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat, qui avait promis et réalisé ce qu’aucun homme politique n’a réalisé à Dosso. C’est pour cet engagement tenu, que nous, populations de la Région de Dosso,  sommes redevables à ce grand homme d’Etat.

Monsieur le gouverneur, en termes de spécificités de développement, quels sont les atouts dont dispose la Région de Dosso ?
Les atouts du développement de la Région de Dosso peuvent succinctement se résumer à une forte population qui implique des bras valides qui ne demandent qu’à travailler; des terres irrigables de l’ordre de 100.000 ha sur les Dallols Maouri, Bosso et Fogha; une pluviométrie relativement bonne sur la zone sud; une zone Nord très propice à l’élevage; une multitude de mares; un fleuve sur sa partie sud, propice également à l’irrigation, à la pêche, etc.; une multitude de mares. A tous ces atouts, s’ajoutent aujourd’hui le chemin de fer et le port sec.

Dans le cadre du Programme de Renaissance du Niger initié par le Président de la République, quelles sont les différentes réalisations dont a bénéficié la région ?
Sans être exhaustif, je citerai le port sec de Dosso, le chemin de fer, les investissements réalisés dans le cadre de Dosso Sogha, des classes et des CSI construits, le Lycée Technologique de Dosso, la pose de la 1ère pierre du Centre d’Enseignement Technique de Dosso bientôt, et l’Université de Dosso, etc.

Monsieur le gouverneur, peut-on avoir une idée des résultats de la campagne agro-pastorale 2014 au niveau de la région, et des mesures pour y faire face dans les zones déficitaires?
L’année 2014 a été satisfaisante au plan agricole et pastoral sur toute l’étendue de  notre région. Je dirai même exceptionnelle dans certains cas. Cependant, il y a toujours des villages déficitaires du fait des inondations, et d’une faible pluviométrie parfois.

Comme à l’accoutumée, dans ces zones, nous allons développer des activités génératrices de revenus (A.G.R), et procéder à la vente à prix modérés et/ou gratuite, afin de permettre à ces populations de  traverser la période de soudure dans la dignité.

Sur le plan sécuritaire, quelles sont les dispositions prises au  niveau de la région pour assurer la sécurité des populations et de leurs biens ?
Au niveau de la région, la sécurité est assurée par un réseau de patrouilles départementales et frontalières au niveau de chaque département; un renforcement de ces patrouilles par des Unités de Niamey; une mise en place d’un dispositif opérationnel de concertation entre les Forces de Défense et de Sécurité (Poste de Commandement Mixte) ; un dispositif sécuritaire exceptionnel pour couvrir la période des festivités.

En termes de perspectives de développement, comment entrevoyez-vous, Monsieur le gouverneur, le Dosso de demain ?
Dosso est une région d’avenir. Je vous avais déjà décrit les potentialités, notamment agricoles. C’est là notre point fort. Avec l’Initiative 3N, nous allons développer tout ce potentiel. Il est aussi prévu la construction d’usines de transformation de la canne à sucre, de décorticage de coton, et de production de bouteilles de gaz, etc. Avec le port sec et le chemin de fer, les marchandises seront rapprochées du client, et le coût de transport réduit. La région de Dosso sera très bientôt  une région phare en termes de développement économique et social, un carrefour d’échanges commerciaux et industriels.

 Issaka Saïdou et  Mahamane Amadou

 

M. Hima Mounkaïla, président du conseil régional de Dosso : ‘’La finalisation du plan de développement régional constitue la grande préoccupation du Conseil régional’’

il y a 23 heures 25 min

M. le président présentez-nous le conseil régional de Dosso
Le Niger a fait de la décentralisation son instrument privilégié de responsabilisation des populations à la gestion de leurs propres affaires. Le processus de décentralisation a connu, à partir de 2011, une nouvelle étape de son développement avec la régionalisation.


La région, collectivité territoriale, a fait donc son apparition pour la première fois dans le paysage institutionnel nigérien.
Le Conseil Régional de Dosso a été installé le 27 juin 2011 et comprend 41 membres élus dont six (6) femmes, vingt-deux (22) membres de droit  dont quatorze (14) députés nationaux et huit (8) chefs traditionnels de la région. Il est chargé d’administrer, par ses délibérations, les affaires de la région.
La principale mission assignée au Conseil Régional est de promouvoir le développement économique, social, éducatif, sanitaire, scientifique, culturel et sportif sur le territoire de la région.
Il a son propre siège grâce à la Coopération Luxembourgeoise que nous remercions au passage. Les bureaux sont équipés par l’Etat.

Quelles sont les grandes actions menées par le Conseil régional ?
Depuis son  installation, le Conseil Régional de Dosso mène ses activités qui cadrent avec le  Programme de Renaissance du Niger et le Plan de Développement Economique et Social  qui est l’outil national d’opérationnalisation de ce programme. C’est ainsi que plusieurs actions ont été menées et d’autres sont en cours d’exécution, et ceci  dans les divers domaines socio-économiques.
Ainsi, pour le secteur du développement agricole et de la sécurité alimentaire, dans le cadre du Programme d’Appui Régional au Développement Agricole Durable de Dosso (PADAD) financé sur ressources des Gouvernements du Grand-Duché de Luxembourg et de la République du Niger , il est  mis en place  un Fonds d’Appui Régional (FAR) de 2 753 714 702 dont la maitrise d’ouvrage est assurée par le Conseil Régional.
Le Conseil Régional a aussi approuvé les résultats  du premier Appel à Proposition du Programme d’Appui au Développement du Secteur Rural  (PADSR pour un coût estimé à 445 261 129 francs CFA.
Dans le domaine de l’éducation, pour améliorer l’accès et la qualité de l’offre en alphabétisation et l’éducation non formelle, le Conseil Régional a initié et créé, le 15 juillet 2013 lors de sa session extraordinaire, un Fonds doté de la personnalité morale, de l’autonomie financière et administrative dénommé le Fonds Régional pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle (FRAENF). Il a un caractère social, est à but non lucratif et a pour objectif général de contribuer à la réduction de la pauvreté par l’éradication de l’analphabétisme.
Concernant la Santé, nous avons un comité régional de santé  présidé par le Conseil Régional de Dosso. Les réunions du Comité régional se tiennent chaque semestre. L’objectif général assigné à ces réunions est d’adopter les résultats de l’évaluation technique des plans d’actions annuels et la programmation de l’année suivante des activités des districts sanitaires, du Centre Hospitalier Régional et de la Direction Régionale de la Santé Publique.
Parmi nos réalisations, nous avons aussi l’élaboration du Schéma d’Aménagement Foncier (SAF) dont l’objet est de réorganiser l’espace rural au Niger, en précisant les espaces affectés aux différentes activités rurales, ainsi que les droits qui s’y exercent. Vous savez, la région de Dosso joue un rôle pionnier  dans la conduite du processus d’élaboration du SAF. Elle est fortement soutenue par plusieurs PTF qui interviennent dans la Région. Il s’agit du Programme d’Appui au Secteur de l’Elevage (PASEL) ; du Programme d’Appui au Développement de l’Agriculture Durable (PADAD /NIG018) ; du  Programme d’Appui à l’Aménagement Pastoral et à la Sécurisation des Systèmes Pastoraux (PAAPSSP) ; du Programme d’Appui à la Mise place des Entités Décentralisés (PAMED2) ; et du  Programme d’Action Communautaire (PAC3). Ce processus regroupe également, autour du Conseil Régional, tous les acteurs de la région que sont les services techniques déconcentrés, les organisations de la société civile, la Chambre Régionale de l’Agriculture (CRA).
Il y a en outre, le processus d’élaboration du Plan de Développement Régional. En effet, c’est à travers la planification et la mise en œuvre des actions de développement que le Conseil Régional répond aux aspirations des populations qui l’ont porté à la gestion des affaires de la Région. C’est l’engagement du Conseil Régional de  promouvoir le développement et l’amélioration des conditions et du cadre de vie des communautés, en articulation cohérente avec le PDES et les autres stratégies sectorielles nationales.
La deuxième phase de ce processus a été bouclée par la restitution et la validation du bilan diagnostic régional du lundi 03 au mardi 04 octobre 2014.

Quelles sont, monsieur le président du Conseil régional, les difficultés  que rencontre votre institution depuis sa mise en place ?
Depuis son installation, le Conseil régional rencontre effectivement d’énormes difficultés dues à l’insuffisance des ressources financières et humaines; à l’absence d’un canevas de schéma directeur de développement régional ou de plan de développement régional; à la non effectivité des transferts concomitants de compétences et de ressources; la non-opérationnalisation de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Territoriales, etc.
C’est dans cette situation que les conseils régionaux, tant bien que mal, essaient de prendre en charge la question du développement de leurs entités à travers un certain nombre d’initiatives.

Parlez-nous des perspectives
L’une des  grandes préoccupations du Conseil  Régional est la finalisation, au cours de cette année,  de son Plan de Développement Régional (PDR). Une fois le PDR élaboré, les actions planifiées dans tous les secteurs de développement seront mises en œuvre, suivies et évaluées convenablement.
Toutefois, cette année, le Conseil régional a planifié plusieurs actions pour être exécutées dans le secteur éducatif. Une enveloppe de 66 millions 711 mille 866 francs CFA y sera injectée dans la construction des classes en matériaux définitifs et réparation des tables bancs.

M. le président, comment appréciez-vous les investissements réalisés dans le cadre de Dosso Sogha?
Dans le cadre de Dosso SOGHA, la réalisation  des infrastructures comme les travaux de bitumage, construction et la réhabilitation les différents sites devant abriter les différentes manifestations sportives et culturelles, toutes ces réalisations offrent des opportunités à notre communauté, et particulièrement à la jeunesse dont les  aspirations touchent tous les domaines de développement socio-économique et culturel: santé, éducation, culture, emploi et insertion professionnelle, sports et loisirs etc.
Mahamane Amadou /ONEP Dosso

 

 

Chefferie de dosso : Quelques aspects de l’organigramme du pouvoir politique

il y a 23 heures 26 min

Les historiens   ont mis largement l’accent sur les structures et l’organisation politique des royaumes  Zoulou et Songhay qu’ils ont, peut-on dire, oublié celles  des autres contrées d’Afrique en général et  de Dosso en particulier. 

Or d’après les archives  et monographies laissées par les colons,  notamment les capitaines Milot et Mahaut vers 1910, écrits appuyés par plusieurs autres,  la chefferie de Dosso est l’une des plus structurées. Le temps  n’a pas  réussi à effacer certains aspects de son système. Les colons eux-mêmes en  étaient médusés au point où les deux parties sympathisèrent. Ce qui peut  être considéré à l’époque comme une collaboration et que leurs cousins Sonray  traduisent par l’expression :‘’Dosso boray da Annassaray mana moorou tcharé goumo’’, qui veut littéralement dire ‘’Les gens de Dosso et les Blancs ne sont pas très différents les uns des autres’’ ou ‘’les Dossolais et les colons sont des proches’’.  Une polémique  qui oppose très souvent les historiens aux écrits recueillis  auprès de  tradition orale.
Ce qu’il y a d’attirant  dans la chefferie de Dosso au temps précolonial,  c’est sa force et surtout sa rotation.   Le pouvoir en effet est partagé  entre les descendants des fondateurs répartis en quatre lignages: Sirimbey (dont fait partie Aouta), Oudounkoukou, Kwaratégui et Mangye kwara (dont fait partie Attikou). Au décès du Zarmakoye, les      lignages se réunissaient et choisissaient le lignage qui désignera en son sein le futur Zarmakoye. Celui-ci pouvait demeurer en dehors de Dosso, tout en appartenant à un lignage de Dosso. Ainsi, Gounabi, demeurant à Kayan, avait été Zarmakoye en 1830, Bakar de Tidirka lui avait succédé sous la domination peulhe de 1831 à 1856 ; Abdou de Mokko avait régné après 1865. Tous les trois appartenaient au lignage Mangye Kwara. La procédure de désignation était relativement démocratique, les chefs de famille du lignage se réunissaient et, après un palabre, choisissaient le plus apte à résoudre les problèmes du moment.
D’après certaines sources, à l’arrivée des Français, le vieil Attikou règnait depuis 1897, et Aouta ne réclama pas la chefferie ;  il dit seulement au vieux chef de ‘’rester tranquille’’ et il affirme qu’il s’occupera de tout avec les Blancs. Mais à la mort d’Attikou,  en 1902, Aouta est désigné par les autorités coloniales, les autres lignages protestèrent mollement et Aouta fut investi, selon les traditions, par le Sandi, le chef de la terre, qui le ceint d’un turban de cinq brasses en disant ‘’Tu es Zarmakoye’’.
Comme il fallait s’y attendre, un changement décisif allait être opéré. C’est l’autorité coloniale qui choisit le Zarmakoye, quelles que soient les traditions antérieures. L’histoire  n’explique pas clairement pourquoi cet état de fait.  Par exemple,  note- t-on, à la mort d’Aouta en 1913, son frère aîné Moussa lui succède, malgré la réunion des autres lignages et la désignation, selon la coutume, d’un autre Zarmakoye. Après le décès  de Moussa en 1924, son fils Seydou lui succède, puis en 1938, Moumouni, fils d’Aouta ; en 1953, Hamani fils de Seydou, puis Abdou, autre fils d’Aouta, jusque 1998, enfin Issoufou fils de Seydou, ancien haut fonctionnaire des Nations unies. La chefferie cesse de tourner entre les lignages, elle est détenue  par une partie du lignage
Sirimbey, les descendants d’Aouta et de Moussa. La fin de la période coloniale ne changea rien et l’on ne revint pas aux traditions précoloniales.
Le pouvoir partagé
 Le chef précolonial de Dosso n’était pas un monarque absolu. Il n’avait pas un pouvoir absolu et ne pouvait se permettre de commettre des exactions, car sa descendance le paierait en étant exclue du pouvoir. Il était entouré d’une cour et d’un conseil (fada à Dosso), dont il devait prendre et suivre l’avis.
 Le conseil était composé du Sandi, chef de la terre et conciliateur ; du Yérima, le successeur désigné ; du Marafa, sorte de suppléant du Zarmakoye ; des chefs de guerre appelés Wonkoy, Mayaki et Zaroumey ;  et d’autres dignitaires chargés d’organiser la vie de la cour (Maifada), ou la journée du Zarmakoye (Waziri) ; de gérer les finances (Azia) ;  d’organiser le travail des captifs (Galadima). Toutes ces fonctions étaient réparties entre les différents lignages de Dosso et ces dignitaires, sauf le Sandi, pouvaient accéder à la chefferie.
Avec l’arrivée des Français, le pouvoir du  Zarmakoye se durcit. Celui-ci en effet  n’avait plus besoin de ses conseils et doit l’obéissance au commandant français. Les autres lignages ont  été écartés tout en conservant les titres de Wonkoy et Mayaki, etc. Par contre, Aouta fait naître pour le lignage Sirimbey, des fonctions importantes : le Mizindadi devient le responsable des finances du Zarmakoye, et le Marafa, le bras droit, sorte de ‘’premier ministre’’ du Zarmakoye. Deux neveux de Aouta, Seydou et Maïkidi, occupent successivement les fonctions de Marafa.
 Omar Ali

 

 

Art et Culture dans le département de Gaya : Ousmane Bourey dit Alpha Blondy, la nouvelle star de la ‘’Toumba’’

il y a 23 heures 27 min

Les activités récréatives et culturelles sont le fort des communautés sédentaires. Dans le département de Gaya, jeunes-filles et garçons ne jurent que par la ‘’toumba’’ pour les chaudes soirées au village ou dans les Maisons de la Culture. Pratiquement,  toutes les zones du département ont leur propre groupe musical de ‘’toumba’’.


La ‘’toumba’’, c’est l’instrument local de percussion par excellence. Le plus souvent, il est fabriqué localement à partir d’une caisse métallique recouverte de peau. Pour assurer une bonne orchestration, deux caisses des ‘’toumba’’ sont montées en tandem sur une plate-forme. Plus la caisse est évasée plus l’instrument donne des sons dans les notes plus graves que celles des tambours ou les tam-tams traditionnels. En instrument principal ou d’accompagnement, la ‘’toumba’’ donne un rythme puissant, dense,  percutant et irrésistible pour les jeunes du Dendi. La proximité avec le Bénin y est certainement pour quelque chose dans l’adoption de la ‘’toumba’’ comme instrument musical dans le Dendi. En effet, la ‘’toumba’’ tout comme le ‘’konkomba’’ sont des instruments utilisés massivement dans les sociétés Fan, Ashanti et Yoruba. A Gaya, ce sont les gens de Tanda qui ont donné à l’instrument et à cette danse toute sa noblesse en mettant sur pied, dans les années 80, un orchestre qui a eu un succès fou au point de déménager carrément dans la ville de Gaya. Après un moment d’éclipse, le groupe musical Toumba de Tanda connait une renaissance depuis sa prise en mains par le nouveau parolier et chef du groupe Ousmane Bourey dit Alpha Blondi.
Ce quadragénaire, natif de Tanda, à 20 km de Gaya, est une vedette que les organisateurs de spectacles et de cérémonies s’arrachent dans la ville de Gaya et ses environs. Il est souvent invité pour se produire à Dosso ou Niamey la capitale. Quand le groupe n’a pas d’engagement ailleurs, il se produit régulièrement dans le quartier animé de Koiratégui dans la ville de Gaya. Alpha blondi est devenu le surnom et le nom de scène de Ousmane Bourey, non pas en référence à la star du reggae ivoirien, mais par simple quiproquo. Avant de commencer sa carrière musicale, Ousmane Bourey avait quitté jeune son village pour continuer des études coraniques à Kaduna, au Nigeria. Revenu au village, l’imam du village, qui a constaté son excellent niveau en études coraniques, a tapoté la tête de Ousmane Bourey pour faire ce commentaire en langue Zarma : ‘’Ni ya alfa bollondi koy no’’,   c'est-à-dire ‘’toi, tu es un marabout qui a de la cervelle’’. Une fois devenu musicien, ses fans ont transformé ce surnom en ‘’Alpha Blondi’’.  
Quand Alpha Blondi est sur la ‘’toumbatt, le spectacle se joue à guichets fermés. Même de loin ses fans veulent l’entendre entonner ses chansons à succès comme ‘’Marfa’’, ‘’Mounassari’’ ou ‘’Yan kwaya’’. Parolier et compositeur, Alpha Blondi, loin d’imiter ou ‘’voler’’ les chansons des autres, s’emploie toujours à faire ses propres créations. Son titre ‘’Marfa’’ par exemple est le produit de sa propre recherche dans les faits et mythes de la société Dendi. Il s’agit de l’histoire d’un énorme boa qui a vécu dans les crevasses des collines de la zone de Tanda. Le boa sortait régulièrement pour s’attaquer aux gros animaux domestiques et chaque fois qu’il sévissait, la colère des villageois et l’hostilité à son égard grandissaient. Excédés, les villageois montèrent une expédition avec toutes sortes d’armes et gourdins pour en finir avec le monstre. Mais une fois devant le trou du boa, on ne trouva aucun téméraire pour y pénétrer et le faire sortir. On en était là quand un vieil homme arriva devant la foule et s’informa de ce rassemblement guerrier. Quand on lui expliqua le but, le sage homme dit que c’est là une entreprise vouée à l’échec, mais que lui a la solution. Il prit un caillou sur lequel il  récita des versets sains et le jeta dans le trou. Sitôt fait, un grondement suivi de vibrations se fit entendre et l’immense serpent abandonna sa tanière sous les yeux ébahis et apeurés des guerriers. Le vieux sage expliqua à la foule que tant que le caillou s’y trouvera le boa ne peut pas rentrer dans sa tanière. Le monstre s’en alla ailleurs et le village et la campagne environnante recouvrirent leur quiétude. Dans ses autres chansons comme ‘’Yan kwaya’’, il appelle la jeunesse à abandonner ou à ne jamais s’adonner à la tentation de la drogue qui n’est qu’un facteur de destruction d’une société. Il a encouragé également le civisme à travers sa chanson ‘’les Communes’’, expliquant aux populations que sans l’engagement et la détermination de ses habitants, une commune ne peut pas être efficace. Bref, avec peu de moyens et un talent artistique certain, Ousmane Bourey dit Alpha Blondi est en train de reprendre, avec un style à lui, le flambeau de ses prédécesseurs à la tête du groupe Toumba de Tanda. Car avant lui, feu Saley Tanda avait admirablement tenu le groupe en ‘’faisant feu’’ avec sa chanson ‘’Ma Irkoy nwarray société ma siyé da banda’’,  autremenent dit, ‘’Prions Dieu pour que notre société ne recule pas’’. Puis Zakari, lui aussi de Tanda, lui a succédé à la tête du groupe avec la chanson phare ‘’Irkoy ma boryandi Niger laboga’’ autrement ‘’Que  Dieu bénisse le Niger’’.
 Mahaman Bako, envoyé spécial

Canton de Tibiri : Une histoire à l’étude

il y a 23 heures 28 min

C’est ce 18 décembre 2014 que devrait être présentée, aux autorités rassemblées à Dosso, une histoire exhaustive du canton de Tibiri.
De fait, on connaît déjà les grandes lignes de l’histoire de Tibiri. Tibiri a été fondé par Samna Karhé. Né en 1817, Samna est un descendant des familles   régnantes de Lougou et  Bagagi qui, elles-mêmes, seraient originaires de Daoura.


Samna est donc un ‘’Goubé’’ qui régna à Tibiri de 1849 à 1872. Marafa Kiassa, l’actuel chef, est le onzième de la lignée des Karhé. Il est sur le trône   depuis 1980.
Marafa Kiassa a d’abord fait ses preuves… au Viêt-Nam. Oui, à la guerre d’Indochine ! Enrôlé dans les troupes coloniales françaises combattant les hommes du célèbre Hô Chi Minh, Marafa Kiassa se  distingua sur le champ de bataille. En effet, il dirigea un peloton chargé de ramener vers l’arrière des éléments français encerclés dans un réduit. Cet exploit valut à Marafa Kiassa d’être décoré de la Croix de Guerre le 3 novembre 1954. Protection de Dogoua ou pas, le fait est là!   
Et ce n’est manifestement pas le seul. Marafa Kiassa a par la suite été décoré par deux fois dans son propre pays, le Niger. Une première fois en 1966 et une seconde fois en 1974.
Tibiri ne pouvait donc rêver d’un meilleur chef que celui-là qui est prêt à donner sa vie pour sauver son pays.
C’est peut-être pourquoi des chercheurs en Histoire du Niger et du Nigeria se penchent «scientifiquement» sur le passé de Tibiri. ‘’Nous ne voulons pas vous donner de plus amples détails sur notre histoire parce que les deux versions, orales et écrites, doivent concorder’’, affirme le ‘’Mayaki’’ de Tibiri.
Sani Soulé Manzo,Envoyé spécial

Toungouma : Pierre sacrée de jugement et de divination

il y a 23 heures 29 min

Dans une société, il faut qu’il y’ait toujours une convention sociale pour que la quiétude sociale règne. C’est le cas de Toungouma dans l’Aréwa. Cette pierre, célèbre dans tout le Niger et au-delà, est souvent appelée pierre de justice et on la consulte régulièrement. Cependant, l'appeler pierre de divination serait peut-être plus juste à l'heure actuelle.


Toungouma, pierre sacrée, est utilisée par le peuple Azna, du culte du Bori, pour les jugements ou pour prédire le futur. Cette pierre se trouve dans la brousse de Korgonno à Lougou, village natal de la Sarraounia Mangou, à trois ou quatre kilomètres de Lougou, sur le plateau situé à l'Est. Le site est inscrit depuis 2006 sur la liste indicative de l'UNESCO. Elle est encore utilisée par l'actuelle Sarraounia. Le culte de Toungouma dépend d’elle. Toungouma tranche des jugements, désigne celui qui a volé et dévoile les choses cachées grâce à son pouvoir. Le pouvoir magique lui vient de ce que tout le monde y croit.
Selon Bori Zamo, de l’association Tarbiya Tatali de Dogondoutchi, un des 4 personnages qui ont écrit le livre ‘’Lougou et Saraounia’’, on ne considère pas Toungouma comme une pierre mais comme un génie et elle appartient à Sarraounia. Cette pierre est amenée par Sarraounia de Daoura avec son cortège. ‘’Toungouma fait partie des quatre pierres rencontrées par Sarraounia sur sa route, qui étaient toutes des toungouma. ‘’Il y a plusieurs explications à l’origine de la toungouma. Mais, on dit que chacune a pris la direction d'un point cardinal. Toungouma est associée au baobab, car elle a été trouvée sous un baobab, et déposée sous un autre. Cet arbre est une demeure de génies et un signe de fécondité, par la multitude de ses fruits, dans toute l'Afrique de l'Ouest’’, a-t-il expliqué.
M. Bori Zamo précise qu’en quittant Daoura sur son chemin, le cortège a trouvé quatre pierres sous un baobab. Les membres du cortège entendirent une des pierres parler en disant ceci en Haoussa : ‘’Hé vous là-bas, où partez-vous’’ ? Ils répondirent, «nous voilà», on s’en va par là. La pierre leur aurait dit : «prenez-moi. Là-bas, vous verrez un grand baobab. Quand vous arrivez auprès de ce baobab, vous me déposez, ne vous arrêtez pas, vous allez trouver une terre où vous installer». Depuis Daoura, ils ont pris la pierre Toungouma. Ils l’ont portée sur la tête jusqu’à un grand baobab. Ils l’ont déposée. La pierre leur dit: ‘’si quelque chose vous pose problème, vous revenez, je vous guiderai’’. Ils ont posé leurs bagages à Kufan Lugu (ancien site de Lougou) près d’une mare permanente. Ils ont commencé à faire des sacrifices avec des petits calaos, des ciliko et des poules sauvages. C’était le Magagi, le frère de Saraounia, qui égorgeait et faisait les sacrifices sur une pierre. C’est pourquoi, il est le responsable de la Toungouma.   
Pour M. Bori Zamo, un jugement mal fait peut l’amener à aller prendre cette pierre. Rien ne l’empêche de la prendre pour se venger.  Il insiste que la Toungouma n’a jamais fait l’objet de curiosité d’aucune étude scientifique. ‘’Personne n’est venue demander à la Sarraounia de connaitre son origine, sa famille parce que les gens respectent la culture des uns et des autres. C’est pourquoi, jusque-là, les gens n’ont pas encore trouvé la curiosité de l’étudier.
Cette pierre inerte à laquelle on donne vie par des pratiques traditionnelles aurait édicté que ses consultations se déroulent le mercredi et le dimanche. Ces mêmes jours sont également les seuls jours où on peut faire des sacrifices à Lougou. Maïtoungouma officiant chargé de la cérémonie, seul, verse trois fois de l'eau sur Toungouma, en récitant des paroles rituelles.
Selon toujours M. Bori Zamo, l’officiant de la pierre, la flatte en disant, en langue Houssa : "Toungouma, pierre du Daura, du Katsina et du Bornou, on vient en riant, on repart le cœur serré parce que le coupable sera découvert’’. L'officiant pose la gourde à côté de la pierre. Il ouvre le filet auprès de la pierre, puis la soulève trois fois avant de la poser, encore trois fois dans le filet puis de la laisser. Viennent les deux porteurs, appelés les chevaux de la pierre. Les porteurs sont des garçons de Lougou, des diya maza (enfants males), descendants du village du côté des hommes. Le porteur de devant est de la lignée de Gijé, l’aîné, et celui de derrière de la lignée de Gojé, le cadet.
Comme l'officiant, les porteurs s’habillent en blanc, ils enlèvent leurs chaussures. La pierre est mise dans le filet, attachée à un bâton. Les porteurs soulèvent le tout. Ils équilibrent minutieusement la pierre, qui est toujours prise dans le même sens, face vers l'est.
Il y a eu plusieurs sortes de consultations avec Toungouma. Elle est ouverte à toutes les questions.  Chacun peut parler comme il l'entend.
Seini Seydou Zakaria, envoyé spécial

Portrait de l’artiste Daoudou Douroumbou dit ‘’Maïgourmi’’ : Un chasseur-artiste plein de talents et bien inspiré

il y a 23 heures 30 min

Assis sur une natte sous un grand arbre, l’air fatigué, Daoudou Douroumbou avait à ses côtés un sac contenant des produits traditionnels. Ce chasseur de 81 ans est né dans le village de Fadama, dans l’actuel département de Tibiri.

Il était vêtu  ce jour-là d’une tenue traditionnelle et coiffé d’un bonnet, le tout bicolore, noir et blanc. Le bonnet a été fabriqué de ses propres mains, décoré de cauris et de poils blancs tirés de la queue d’une génisse.
Daoudou, alias ‘’Maïgourmi ‘’ou  ‘’Maïdawa’’est fier de raconter ses belles histoires du  bon vieux temps. Malgré san âge avencé, il  maîtrise son instrument de musique et garde toujours ses outils de travail dans sa chambre personnelle. Ce fils d’un chasseur traditionnel a toujours son mousquet, ou toumbakou en langue nationale. ‘’Avant, quand j’étais encore chasseur, la chasse se pratiquait après la saison des pluies. J’étais aussi un grand cultivateur, très connu dans la contrée’’, se remémore-t-il.
Notre chasseur est un artiste créateur très engagé dans la vulgarisation des acquis de la tradition de son terroir. C’est lui qui a eu l’idée de la mise en scène du célèbre ballet ‘’Maïdawa’’. C’était en 1980, lors du festival national de la jeunesse, que cette œuvre a remporté le premier prix national en catégorie ballet.  Dans ce ballet, Daoudou était le joueur de ‘’Gourmi’’ ou guitare traditionnelle. En effet, selon lui, dans le temps, les chasseurs de son village ne pouvaient pas participer à la grande chasse sans la présence des joueurs de ‘’Gourmi’’. Quand ces derniers jouent devant un chasseur et font ses éloges, le chasseur se met parfois en transe.
‘’Généralement, nous appelons ces artistes des meneurs. Quand ils sont présents lors d’une grande chasse, aucun chasseur n’ose reculer en face d’un danger. Le chasseur préfère mourir que de fuir. Si tu t’enfuis devant le danger, même après ta mort, les gens vont se moquer de ta descendance en leur disant que leur grand-père était un lâche qui fuyait devant les félins’’, explique Maïdawa.
Marié et père de 4 enfants dont 2 filles et 2 garçons,  avec plusieurs petits fils, l’acteur principal du ballet Maïdawa vit aujourd’hui dans la misère totale. Il se rappelle avoir visité plusieurs pays, notamment les Etats Unis, le Canada, la France, la Belgique et aussi des pays africains pour présenter ce ballet. Mais dit il, ‘’je n’ai rien gagné que ces voyages. Aujourd’hui on a oublié mon existence.  Je n’ai gardé pour moi que mon gourmi, mon toumbakou et le piège’’, regrette-t-il.
 ‘’On venait me prendre de Fadama jusqu’à la Tapoa pour capturer gratuitement des fauves vivants pour notre Musée National. Je l’ai fait pour mon pays et les autorités doivent penser à me récompenser, même par un témoignage de satisfaction de travail fait pour le pays’’, poursuit, le vieux Daoudou qui rend un hommage aux anciens membres de sa troupe, aujourd’hui décédés.
Aujourd’hui, ce que regrette ce  chasseur et artiste, c’est de ne pas avoir dans sa descendance un héritier qui puisse lui emboiter le pas.
L’histoire de la traque organisée par les chasseurs d’un village contre un lion furieux à travers la mise en scène d’un ballet par la région de Dosso en 1980 à Niamey
Quand ce vieillard raconte l’histoire et l’idée de la scène qu’il a créée avec 36 artistes doués, dotés  de bonne volonté et encadrés par Adamou Salma, on comprend aisément  que c’est un bon metteur en scène. Selon lui, l’histoire est originale. En effet, c’était une période où le chef de village interdisait la chasse. Il se trouvait qu’un lion furieux semait la terreur dans le village, tuait les vaches, les petits ruminants et même des personnes. Ce lion semait la terreur au sein des populations. Alors le chef du village fit appel aux grands chasseurs de la contrée, qui ont dit qu’ils ne peuvent pas aller à la chasse sans l’autorisation de ‘’Maïdawa’’, chef des chasseurs et détenteur du pouvoir mystique de la chasse. Le chef dépêcha des émissaires chez ‘’Maïdawa’’ pour le solliciter à venir secourir les nomades et sédentaires du village et alentours.  ‘’Maïdawa ‘’ refusa de répondre à l’appel du chef, parce qu’il n’était pas content de l’arrêt brusque de la chasse.  Il a dit aux émissaires d’aller dire au chef que depuis sa décision d’interdiction de la chasse, il avait abandonné sa pratique. La mère de ‘’Maïdawa’’, qui a entendu les échanges,  supplia son fils d’aller tuer le lion afin de soulager les villageois.
C’est ainsi que ‘’Maïdawa’’ ordonna aux chasseurs d’aller tuer le lion tout en les rassurant que rien ne leur arrivera. Ils ont dit d’organiser une cérémonie pour la préparation du poison dont les flèches seront enduites. Et cette préparation nécessite une cérémonie qui demande la présence des joueurs de ‘’gourmi’’ ou guitare traditionnelle.
‘’Dans le ballet, je fais partie des joueurs de gourmi. Le chasseur était un autre. Quand nous sommes arrivés chez ‘’Maïdawa’’, nous sommes entrés chez lui en faisant ses éloges. Nous lui avions posé la question de savoir ce qu’il attend pour aller tuer ce lion furieux ? Ou bien, il a abandonné la chasse? C’est ainsi que son fils sortait avec un cri pour dire à son père que s’il ne part pas tuer le lion,  de lui ordonner d’aller le faire à sa place.
En ce moment,  nous avons changé de rythme de la musique en jouant ceci : ‘’Allah dey Allah dey mouka soro. Mai roko chi bay rassa wa’’,   autrement, ‘’Nous ne craignons rien que Dieu ! C’est lui que nous implorons, celui qui l’implore ne peut pas perdre’’
Après les chasseurs sont allés en brousse pour tuer le lion. Une fois dans la brousse, le lion se trouvait dans un buisson. Il a rugi et nous avons encore changé de rythme en chantant ‘’ana gonga da gonga ga mahalba ga zaki. Zaki ya yi  goumza mahalba su chéka’’ : ‘’le lion a rugi et les chasseurs s’en fuient. C’est ainsi que les joueurs disent au chef des chasseurs de leur montrer la vaillance qu’il a hérité de ses parents, quant à leur tour, ils leur montrent la puissance du « Gourmi ».
Ceci explique que la réussite d’une grande chasse dans ce village nécessite une longue préparation et la collaboration de toutes les forces vives qui composent la communauté. Après avoir tué le lion, c’était la fête au village. Les chasseurs ont démontré leur talent en apportant à la cour du chef toute sorte d’animaux sauvages qu’on trouve dans la contrée. Enfin, ‘’Maïdawa‘’ et ses chasseurs ont été félicités et récompensés par le chef du village.
 Seini Seydou Zakaria, envoyé spécial

L’industrie de l’arachide :Une activité qui profite aux femmes de Dosso

il y a 23 heures 36 min

Fabriqué à base d’arachide, le ‘’tigadagué’’ ou pâte d’arachide constitue de plus en plus une source de revenus pour beaucoup de Dossolaises. Dosso est une référence au Niger en matière de production de ce précieux produit qui sert dans l’alimentation. Il est donc important de connaitre comment on fabrique ce produit, la valeur de la production et ce que gagne ces vaillantes femmes dans ce travail.


La production du  ‘’tigadagué’’ relève d’un parcours de combattant, car avant d’obtenir cette pâte présente dans les sauces, les femmes font subir à l’arachide   tout un long processus laborieux. La première étape dans cette chaine de production est le décorticage, une étape qui utilise aussi beaucoup d’énergie.
En faisant un tour au niveau des endroits où se fait le décorticage, on trouve des femmes âgées et aussi des jeunes filles qui  travaillent sans relâche, exposées à la poussière, qui peut engendrer parfois des rhumes.
Mme Haoua Bizo dite Ladi, la quarantaine, exerçant ce métier depuis 2 ans,  indique qu’elle et ses consœurs ont conscience du danger que représente toute cette poussière pour leur santé, mais, dit-elle, ‘’Dieu merci, on s’en sort pas mal, et c’est grâce à ce travail que nous arrivons à subvenir à nos besoins quotidiens, notamment  la nourriture, l’habillement, l’achat de produits d’entretien comme le savon et la pommade ; c’est aussi grâce aux revenus que nous en tirons que nous arrivons à donner nos participations à l’occasion des différents évènements qui se passent dans notre communauté, notamment les mariages et les baptêmes. Certes c’est un travail dur, mais nous n’avons que cela sous la main’’ ajoute-t-elle.
En effet, dans le lot de ces décortiqueuses d’arachide, on en trouve qui  exercent ce métier  depuis  plus de  5 ans. Aujourd’hui, leur souhait c’est de trouver un autre métier moins fatigant.
Le sac d’arachide est décortiqué à  500 FCFA, et une seule femme peut en travailler 6 à 7 sacs dans la journée, selon les disponibilités.
Après le décorticage, l’arachide est amenée au moulin pour être broyée et réduite en pâte.  Certaines femmes procèdent directement à la vente du produit ainsi obtenue, conditionné dans des boîtes vendues à 1000 francs l’unité.
D’autres par contre, procèdent à l’extraction de l’huile et du tourteau ‘’koulikouli’’. C’est une étape qui demande beaucoup plus d’énergie.  L‘arachide moulue est mise dans des gros mortiers, et les femmes, avec des pilons très lourds, procèdent au malaxage pour arriver au produit fini. De chaque sac d’arachide, elles peuvent extraire 7 à  10 litres d’huile. ‘’Si l’arachide est de bonne qualité et qu’elle est bien travaillée, on peut en tirer plus’’, indique Maria, une jeune femme de 30 ans qui excelle dans ce domaine. Elle ajoute que les ouvrières  sont payées à 2. 500 par sac.
Concernant les coûts, Maria nous informe que le sac d’arachide, de l’achat à l’extraction de l’huile, leur revient à environ entre 6. 750 à 7. 000, voire 8 000 FCFA.  L’huile est vendue à 1. 500 FCFA le litre, le ‘’Tigadagué’’ est vendu à 1000 FCFA la boite de mayonnaise ou la grosse boite de tomate. Ainsi, par sac, ces femmes peuvent gagner des bénéfices allant de 10.000 à 15. 000 FCFA.
La fabrication du tigadagué et l’extraction de l’huile sont une véritable industrie qui peut faire profiter l’économie locale, pour peu qu’on pense à la modernisation de cette activité. Les dossolaises opérant dans ce secteur se frottent les mains, car chacune trouve son compte. Beaucoup d’entre elles   disent qu’elles sont  satisfaites de leur travail parce que c’est grâce à ça qu’elles arrivent à subvenir à leurs besoins.
Ali Maman (stagiaire)

Lettre ouverte au président de la République Monsieur le Président : Le 1er janvier 2016 - qui serve vos intérêts politiques personnels mais qui se révèle techniquement irréalisable...

18/12/2014

La semaine dernière, le peu de précisions que j’ai donné à propos de l’identité des deux militants du Moden Fa Lumana Africa que vous avez personnellement reçus et démarchés, a fait beaucoup jaser, semble- t-il, à Niamey. 

Aussi, vous comprendrez sans doute que je décline les identités de ces deux compatriotes qui ont donné la preuve qu’il reste encore, malgré tout, beaucoup de Nigériens dignes de confiance et porteurs d’espoir. Demain, n’en déplaise à ceux qui le pensent, n’est pas totalement corrompu et il restera toujours des Nigériens éduqués dans la droiture et le respect de la légalité pour assurer à leurs compatriotes une vie décente, dans la paix et l’espoir de lendemains meilleurs. Pour tourner cette page sur les deux personnalités politiques du Moden Fa Lumana Africa que vous avez essayé d’entraîner dans votre sébile, je dois préciser qu’il s’agit, d’une part, de Abdourahamane Seydou, président de la coordination départementale de Konni, ancien colonel de l’armée nigérienne que votre gouvernement a accusé d’atteinte à la sûreté de l’État et incarcéré durant plus de trois mois au camp pénal de Tillabéry ; d’autre part, de Zada Ibrahim, président de la coordination départementale de Gaya. Voilà qui mettra fin à toutes spéculations, parfois malheureuses et même malveillantes, sur cette affaire. Je ne vois, donc, pas d’intérêt à rapporter jusqu’aux détails du modus operandi par lequel ils ont été amenés jusqu’à vous. C’est digne de reportage mais je m’en tiens là pour le moment.
Monsieur le Président, ces précisions faites, je voudrais vous dire toute mon affliction et mon désespoir pour le Niger de voir votre magistère continuer ce massacre de l’économie nationale, avec des choix dénués de toute pertinence. En attendant d’aborder la toute dernière information que mes longues oreilles ont captée, je dois vous rapporter que contrairement à ce qui est supposé, la convention minière avec Areva n’a jamais été signée. Comportant plusieurs cahiers spécifiques en rapport avec les grandes lignes de l’Accord stratégique, cette convention devait traduire concrètement les engagements que vous avez pris avec la firme française, notamment en ce qui concerne la neutralisation de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) curieusement consentie à Areva en échange d’engagements déjà obtenus par vos prédécesseurs. J’ai personnellement fait le pari que vous allez finir votre mandat et partir sans jamais signer cette convention minière qui mettra à nu le manque de franchise avec lequel ce dossier a été conduit. Les Nigériens ont été floués et je m’étonne encore que les organisations qui se battent pour l’honneur et les intérêts du Niger, le ROTAB en particulier, continuent à penser que la convention a été signée mais que le gouvernement et Areva la tiennent cachée. Sur quoi se fondent-elles pour le croire ? Si elle n’est pas rendue publique, c’est parce que, tout simplement, elle n’existe pas. De là, j’en viens à la toute dernière information que j’ai eue à propos d’un des aspects de cette convention que vous avez soigneusement sélectionné pour garnir votre bilan dans la perspective de 2016. Cet aspect, c’est le siège d’Areva. Initialement prévu pour être construit par la firme française et concédé à l’État du Niger qui en prend possession pour le greffer à son parc immobilier avec en sus un loyer que payera Areva, l’immeuble devant abriter ledit siège va être finalement construit par le gouvernement nigérien. C’est du moins votre volonté. Vous avez demandé avec insistance que ce siège soit construit et livré dans un délai - le 1er janvier 2016 - qui serve vos intérêts politiques personnels mais qui se révèle techniquement irréalisable. Outre les études pédologiques (études du sol) incontournables qui prendront leur temps, il y a la conception architecturale, avec tout ce que cela représente en termes de normes internationalement admises ainsi que toute la procédure liée à la publication de l’appel d’offres, au dépouillement et à la mise en œuvre du chantier sous la surveillance d’un bureau d’études agréé et compétent qui ne ferait pas les choses selon la formule « A djara ». Bien sûr que cela paraît compliqué dans un pays où, même pour réaliser le chemin de fer, on n’a pas encore cru bon d’engager les services d’un bureau d’études censé contrôler ce que le groupe Bolloré est en train de faire. C’est surtout compliqué dans un pays où le président de la République se soucie d’abord, en priorité de son bien propre, et détermine l’agenda présidentiel, non pas en fonction de ce qu’il faut faire pour le bien-être des Nigériens, mais de calculs électoraux qui choquent. Areva ayant refusé de s’engager à tenir ce pari, elle a dû néanmoins se plier à votre volonté en versant à l’État la totalité du budget nécessaire à la construction de ce siège, votre gouvernement s’étant engagé à le faire
à charge et à décharge. Car, il y a des risques, au regard de la façon dont les projets sont conduits depuis que vous êtes au pouvoir, que la construction du siège d’Areva soit plombée par les affaires, à l’image du sort qui a frappé le barrage de Kandadji ou encore la route Bella-Gaya. Don Allah dan Annabi, laissez à Areva le soin de conduire ce projet. Ce n’est pas si difficile que ça d’autant que l’immeuble qui sera construit sera immédiatement reversé dans le patrimoine immobilier de l’État et qu’en tout état de cause, la firme française ayant clairement notifié sa décision de ne pas y loger si la construction ne répondait pas aux normes internationales admises. Monsieur le Président, J’évoquais tantôt le barrage de Kandadji et voudrais en dire un mot. Je sais tout le tapage médiatique qui est fait, notamment dans la région de Tillabéry en vue d’abuser nos compatriotes sur la réalité de ce projet qui est loin, très loin, d’avoir été réalisé. Je vous informe que j’ai appris, de sources techniques dignes de foi, que l’appel d’offres ne sera lancé qu’en 2015 et que la sélection du bureau d’études n’interviendra qu’en 2016. En définitive, il faut attendre 2019-2020 pour voir ce vieux rêve réalisé. Ce qui ne vous trouvera sans doute pas à la tête de l’État. Au passage, je dois préciser que les bailleurs de fonds – chat échaudé craint l’eau froide, dit-on – ont décidé de superviser eux-mêmes tout le processus qui est placé désormais sous leur responsabilité directe. L’expérience que votre gouvernement nous a fait vivre avec des décaissements fantaisistes qui ne s’expliquent que par la primauté des affaires sur l’intérêt national, est à la base de cette décision salutaire.
Je voudrais terminer cette missive en vous disant combien votre majorité parlementaire a fait du tort au Niger en portant à la tête de l’Assemblée nationale, en violation flagrante de la Constitution, un homme qui serait incapable de diriger une préfecture. Sachez que chacun de nous payera cash sa part de facture qui sera inévitablement salée. Pour le moment, l’heure est probablement au champagne. Mais, je puis vous réitérer ma conviction profonde : vous ne gagnerez pas la partie. Dans une lettre précédente, je vous ai expliqué pourquoi et ne reviendrai là-dessus que pour constater, un jour, la justesse de mes analyses et de mes prévisions.
Que Dieu bénisse le Niger
Mallami Boucar

18 décembre 2014
Publié le 17 décembre 2014
Source :  Le Monde d'Aujourd'hui

Message à la Nation de SEM. Mahamadou Issoufou, Président de la République, Chef de l’Etat, à l’occasion du 56ème anniversaire de la République

18/12/2014


NIGERIENS, NIGERIENNES,

MES CHERS CONCITOYENS,
Je suis heureux, en cette veille du 56ème anniversaire de la République, de dire qu’il sera, désormais, ajouté dans les statistiques économiques du Niger, aux côtés notamment  des infrastructures routières et énergétiques, une ligne relative au réseau ferroviaire. Notre pays est, on s’en souvient, le seul de notre sous-région à n’en avoir pas hérité au moment de son indépendance.

 

 Un des facteurs de la première révolution industrielle, celle des  machines textiles, de la sidérurgie au coke et de la machine à vapeur, le chemin de fer, développé en Europe entre 1830-1840, permet à lui seul de mesurer l’ampleur de notre retard par rapport aux sociétés développées : presque deux siècles. Je me suis engagé à combler ce retard et je me réjouis de ce que, en  dépit des difficultés rencontrées, l’engagement de notre partenaire stratégique en vue de la réalisation de la boucle ferroviaire, j’ai nommé l’entreprise Bolloré, ne faiblit pas. Je le félicite et l’encourage. Certes, j’avais souhaité que la ligne ferroviaire Niamey-Dosso soit inaugurée le 18 Décembre mais,  après avoir attendu l’arrivée du train pendant 80 ans, nous pouvons avoir la patience de l’attendre encore quelques mois de plus.

Oui, le train nous donne la mesure du retard enregistré dans nos efforts de développement mais,  malheureusement, ce  retard  n’est rien à côté de celui que nous enregistrons dans d’autres secteurs. Il  est encore plus prononcési on tient compte des progrès réalisés par l’humanité suite à la deuxième révolution industrielle, celle du pétrole et de l’électricité, puis suite à la troisième révolution industrielle en cours, celle des nouvelles technologies de l’information, notamment internet.

En effet, des drones et des satellites tournent au-dessus de nos têtes pendant que nos paysans travaillent péniblement la terre à la houe et à la hilaire. L’homme a fait ses premiers pas sur la lune depuis une cinquantaine d’années, alors qu’aujourd’hui encore certains de nos concitoyens n’ont pas accès à l’alimentation, à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins de santé. Des sondes, porteuses d’un message symbolique de l’humanité, lancées depuis une quarantaine d’années, sont aujourd’hui au-delà du système solaire, dans l’espace interstellaire,alors que le taux d’alphabétisation dans notre pays est à peine de 30%.

 Mes chers Concitoyens,
Le 31 Décembre et le 07 Avril prochains, à l’occasion respectivement des vœux du nouvel an et du quatrième anniversaire de mon accession à la magistrature suprême, je ferai respectivement, plaise à Dieu, le bilan chiffré de l’année 2014 et celui de quatre années de mise en œuvre du Programme de Renaissance. A ces occasions je reviendrai, dans les détails, sur les grandes priorités du Programme de Renaissance, c'est-à-dire sur  les questions institutionnelles et sécuritaires, sur les infrastructures, sur l’initiative 3N, sur les secteurs de l’éducation, de la culture, de la santé, de l’eau, de l’assainissement et de l’emploi.De ces bilans, je peux d’ores et déjà l’affirmer, il apparaîtra qu’il y a un secteur où les efforts du Gouvernement doivent se concentrer davantage si nous voulons avancer plus rapidement sur la voie du progrès et réduire  le fossé abyssal qui nous sépare des pays développés : le secteur culturel. En effet, les différentes révolutions industrielles, que le monde a connues jusqu’ici, sont nées d’évolutions culturelles et institutionnelles qui les ont portées. Le comportement des hommes et leurs valeurs culturelles ont été le moteur de ces révolutions. Or, si sur le plan institutionnel des progrès notables ont été enregistrés avec la vitalité démocratique que connaît notre pays, sur le plan culturel, par contre, celui-ci s’enfonce dans une situation d’arriération prononcée comme l’illustrent le recul de l’éthique du travail notamment dans la fonction publique, le développement d’une mentalité d’assisté, notre rapport avec le temps, notre comportement par rapport aux biens publics, aux questions démographiques et à l’école particulièrement  s’agissant de la scolarisation des filles. Pour surmonter ces obstacles il faut, sans tarder,  créer les conditions d’une profonde rupture et d’une renaissance culturelles qui passent par une révision de certaines de nos valeurs sociales.

Mes chers Concitoyens,
La mentalité  dominante dans notre pays est celle d’une société d’autoconsommation, d’une société de subsistance. Cette mentalité ne correspond pas au stade de développement auquel nous souhaitons hisser notre pays, celui d’une économie marchande en voie de développement, celui d’un pays à revenus intermédiaires, voire d’une économie émergente.

Cela se voit dans notre rapport à l’assistanat et à la solidarité, qu’ils soient le fait de la cellule familiale ou de l’Etat. Ainsi, alors que dans les économies développées l’assistanat, notamment la charité, est vécu comme une humiliation par le bénéficiaire, dans notre société il est considéré comme un dû. Ainsi en est-il de la solidarité : preuve du visage humain hérité des sociétés traditionnelles, elle devient un frein au progrès si elle est perçue comme une rente viagère qui dispense de vivre à la sueur de son front.

{xtypo_quoe}«Il faut, sans tarder, créer les conditions d’une profonde rupture et d’une renaissance culturelles qui passent par une révision de certaines de nos valeurs sociales»{/xtypo_quoe}

 Cela se voit, également, dans notre rapport au travail.  C’est bien connu, dans les sociétés développées, le travail est perçu comme une des conditions de la liberté. Il yest  perçu, non seulement comme un droit, mais surtout comme un devoir, comme une voie de salut.Dans ces sociétés, c’est par le travail que l’homme s’accomplit, s’anoblit, assure sa dignité et devient responsable. C’est pourquoi quand on a la chance d’y avoir un emploi on fait tout pour mériter de le conserver et quand on n’en  a pas on fait tout pour en trouver. Par contre, dans notre société on constate un comportement inverse :complaisance  dans l’oisiveté d’un côté, absentéisme, manque de conscience professionnelle de l’autre. Ainsi beaucoup de nos compatriotes sans emploi ne se considèrent pas comme des chômeurs et vivent comme si leur situation est normale car la notion de chômage n’existe pas dans les sociétés de subsistance.

 Il revient au Gouvernement de poursuivre et de renforcer les actions déjà engagées afin de créer les conditions d’une rupture totale d’avec les comportements propres aux sociétés d’autoconsommation. Le Gouvernement  doit amener nos compatriotes à tourner le dos à l’assistanat, à la charité et au parasitisme. Il doit créer les conditions d’une rupture d’avec la mentalité d’assisté sous toutes ses formes.  Il doit continuer à  insuffler à nos compatriotes une volonté de combattre l’oisiveté.Il doit leur insuffler l’amour du travail, du travail bien fait. C’est par le travail que les sociétés occidentales se sont développées, ce n’est que par le travail que notre pays atteindra les objectifs du programme de renaissance. D’ailleurs, n’est- ce pas au travail que nous invite notre prophète (paix et salut sur lui), quand, après avoir questionné quelqu’un qui lui demandait de l’argent en aumône, il lui ordonna  de vendre la couverture et le récipient à boire qu’il possède, de nourrir sa famille avec une partie du produit de la vente et d’acheter une hache avec la partie restante pour couper et vendre du bois afin de disposer d’un revenu régulier tout en insistant sur le fait que «cela est beaucoup mieux que la mendicité qui va être une marque sur ton visage le jour de la résurrection » ? « Chaque fois qu’un serviteur ouvre une porte de mendicité, Dieu lui ouvre une porte de pauvreté », « parmi les péchés, il en est  qui ne peuvent être expiés que par le travail », « la main haute est mieux que la main basse ; la main haute est celle qui donne, la main basse est celle qui reçoit », disait le prophète qui a toujours conseillé aux hommes capables de travailler, de ne pas mendier, afin de préserver leur honneur et leur dignité. Le travail, c’est la rédemption.Le devoir de travailler  vient juste après celui de la prière car il est dit dans le coran : « lorsque la prière est achevée, dispersez-vous sur terre, recherchez la grâce d’Allah …. » c'est-à-dire recherchez les moyens de subvenir à vos besoins.C’est l’esprit de l’initiative 3N qui cherche à substituer l’aide à la production à l’aide humanitaire d’urgence. C’est le sens du combat du Gouvernement pour accroître la productivité du travail dans l’administration. Le travail, ne l’oublions jamais, est un acte d’adoration et de combat dans la voie de Dieu. Puisons donc dans nos valeurs  islamiques les ressources morales de notre développement comme d’autres l’ont fait, pour citer un exemple, à partir du protestantisme. Il est interdit de rester  oisif  et de se contenter de dire « mon Dieu donne-moi ». Le ciel ne nous viendra en aide que dans la mesure où nous nous aidons nous-mêmes.Le prophète David n’était-il pas forgeron, le prophète Noé menuisier et le prophète Zacharie charpentier ? Ils ne se sont pas contentés de prier et de dire « dieu donne-moi ». Ils ont à la fois prié et travaillé.  C’est dire que nous avons le devoir d’utiliser la raison et l’action pour réaliser nos objectifs de développement. La mystique du travail, tel doit être notre credo. C’est, dit-on, par le travail de ses mains et de son cerveau que l’homme accomplit son destin. C’est par le travail que l’homme se réalise.
 
Mes chers Concitoyens,
Dans mon discours d’investiture, prononcé le 07 Avril 2011, je disais, en parlant de l’aide que j’attends de vous : « le changement de comportement est la principale aide que j’attends de tous : changement de comportement dans la gestion du temps qui est la ressource la plus gaspillée dans notre pays, changement de comportement par rapport au travail, changement de comportement dans le rapport avec les biens publics, etc…Nous devons lutter contre les forces de l’habitude et faire l’effort de nous changer nous-mêmes…..Dieu a dit : « je ne change pas un peuple tant qu’il ne se change pas lui-même ». Nous devons donc changer nos comportements si nous voulons changer nos conditions de vie. ». Je viens de dire que nous n’avons pas  suffisamment progressé dans notre comportement par rapport au travail. Qu’en est-il par rapport au temps et par rapport aux biens publics ? Je disais, dans mon discours d’investiture,que le temps est la ressource que nous gaspillons le plus. « Ayant toujours du mal à entrer dans une culture de production, l’Afrique n’attache aucune valeur au temps. Des comportements irrationnels, laxistes….sont justifiés par une référence à ce qu’il est convenu d’appeler l’heure africaine. ». Cette citation exprime avec d’autres mots ce que j’ai voulu dire. Le Programme de Renaissance comporte des objectifs clairs pour le développement économique et social de notre pays. Or, le temps du développement n’est ni celui de la nonchalance, ni celui de l’immobilisme, ni celui de l’insouciance. Le temps du développement c’est celui de la ponctualité au travail, c’est celui de l’utilisation optimale du temps, c’est celui de zéro instance. Nous sommes loin encore de cette conception du temps. Dans les Ministères les dossiers s’entassent parce que traités avec lenteur et insouciance. Les taux de consommation de crédit sont faibles alors qu’il nous faut davantage d’écoles, de points d’eau, de centres de santé, de routes, de logements sociaux, d’électricité et de produits agro-pastoraux. Notre classement s’est dégradé dans le domaine du climat des affaires parce que nous n’avons pas fait certaines réformes à temps. Nous devons donc changer notre rapport au temps. Il nous faudra engager ici encore une rude  bataille culturelle qui, je le sais, sera de longue haleine. Je sais que le Gouvernement s’attèle à remettre les agents de l’Etat au travail.  Je sais qu’il s’est fixé pour objectif de mettre fin à l’absentéisme. Je sais qu’il s’est fixé pour objectif la ponctualité et au moins huit (08) heures de temps de travail effectif par jour, mais les résultats sont encore faibles. Il doit donc faire davantage pour augmenter la productivité au sein des administrations, pour accélérer notamment la consommation des crédits et le climat des affaires. Le Gouvernement doit, de manière générale concevoir un programme de sensibilisation et d’éducation de masse pour inculquer aux citoyens l’utilisation optimale du temps,  pour leur inculquer une culture de développement, une culture de production et donc de progrès.

 Mes chers Concitoyens,
Notre rapport  au travail et notre rapport au temps ne sont pas les seuls sujets de préoccupation dans notre quête de progrès économique et social. Les  comportements par rapport aux biens publics, aux  questions de transition démographique et à l’école constituent d’autres contraintes. Depuis bientôt quatre (4) ans, le Gouvernement s’efforce  d’améliorer  la gouvernance politique et économique du pays. En particulier, grâce aux actions de la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA), notre pays est passé entre 2011 et 2014, du 134ème au 103ème rang dans le classement mondial de l’indice de perception de la corruption publié chaque année par l’ONG Transparency. Nous pouvons donc nous féliciter des  progrès relatifs réalisés mais nous ne devons pas nous en contenter. En effet, nous n’avons toujours pas atteint nos objectifs de rétablissement total du monopole fiscal de l’Etat et d’une efficacité optimale de la dépense publique. Le Gouvernement doit redoubler d’effort et ici encore l’obstacle majeur c’est la force de l’habitude, c’est le rapport aux biens publics. Le Gouvernement doit s’attaquer à la conception que notre société a des biens publics, conception selon laquelle ces biens, appartenant à tout le monde, n’appartiennent  à personne. La même conception considère qu’il faut se servir au lieu de servir. De cette conception, il découle de graves conséquences : absence du respect des biens publics se traduisant par l’absence de leur entretien, détournement des biens publics, notamment des deniers publics, creusement des inégalités et accroissement de la pauvreté. Le Gouvernement doit donc poursuivre le combat contre la fraude et la corruption dans l’administration fiscale et dans l’attribution des marchés publics. « Que celui d’entre vous qui voit le mal le change de ses mains. S’il ne le peut pas, qu’il le fasse par sa langue et si cela lui est impossible qu’il le fasse dans son cœur, ce qui est le minimum que lui impose la foi », dit le hadith. C’est dire que, au-delà du Gouvernement, c’est la société toute entière qui doit se mobiliser pour faire face au fléau de la corruption. Avec l’installation de la ligne verte, le Gouvernement offre à chaque citoyen la possibilité de participer à ce combat salutaire pour notre développement économique et social.

 Mes chers Concitoyens,
La question de la transition démographique fait partie des défis majeurs auxquels est confrontée notre société. J’ai eu, à maintes occasions, à intervenir sur ce sujet brûlant. Face à cette question, on retrouve le même obstacle, celui de la rigidité de nos mentalités, celui de l’ignorance des préceptes religieux. « Vous êtes tous des bergers et tout berger est responsable de son troupeau. ». « Il suffit à l’homme comme péché d’abandonner ceux dont il a la charge. ». C’est en ayant à l’esprit ces hadiths que j’avais déclaré devant les cadres de commandement, à Maradi, en Avril dernier, que nous avons le devoir de procréer avec responsabilité, c'est-à-dire le devoir de faire des enfants que nous pouvons nourrir, éduquer et soigner. Notre pays  a le taux de fécondé le plus élevé au monde. Plus grave, une enquête récente révèle que le nombre  d’enfants désirés, aussi bien par les femmes que par les hommes, est supérieur au taux de fécondité. Ne nous voilons pas la face, nous devons créer, comme c’est le cas dans  beaucoup de pays  musulmans, notamment arabes, les conditions de la transition démographique. Notre pays doit chercher à bénéficier du dividende démographique qui est l’union de la transition démographique et du développement durable. Je félicite le Gouvernement, les leaders traditionnels et religieux ainsi que les partenaires au développement pour les efforts consentis dans ce domaine. Je les encourage à poursuivre le combat. En particulier, je les encourage à continuer la sensibilisation contre les mariages précoces et pour le maintien de nos enfants à l’école, notamment les jeunes filles, au moins jusqu’à l’âge de 16 ans conformément aux promesses du Programme de Renaissance.

 Mes Chers Concitoyens,
Le Gouvernement, depuis quatre ans, a obtenu beaucoup de succès dans la mise en œuvre du Programme de Renaissance. J’en ferai, comme je l’ai déjà dit, le bilan détaillé à d’autres occasions. Ces succès doivent être amplifiés. Pour y arriver il nous faudra une superstructure culturelle rénovée, un socle culturel assaini, capable de porter nos ambitions. Une rupture mentale s’impose. Je voudrais que le signal de cette rupture parte de la cité des Djermakoye, de Dosso qui accueille cette année la fête tournante de la République, Dosso qui a bénéficié d’investissements importants dans le cadre du programme Dosso Sogha. Ce signal de rupture que j’attends de Dosso, c’est l’entretien et la protection des infrastructures coûteuses réalisées, par le Gouvernement, au bénéfice de sa population. La prochaine fête de la République, je le confirme, se déroulera, plaise à Dieu, à Maradi. Le Gouvernement prendra toutes les dispositions pour que le programme Maradi Koliya démarre sans tarder. Joyeuse fête de la République à toutes et à  tous.
JE VOUS REMERCIE!

18 décembre 2014
Source : http://www.Presidence.Ne