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Mis à jour : il y a 1 heure 2 min

DÉCLARATION DU PNDS DU 22 MARS 2017

il y a 4 heures 22 min

Depuis quelques temps une frénésie s’est emparée d’une certaine classe politique, à laquelle se sont alliés une certaine presse et certains syndicalistes. En effet, les propos tenus sur les medias, les actes posés traduisent une volonté manifeste de porter atteinte à l’unité et la cohésion nationales, aux institutions républicaines ainsi qu’aux valeurs fondamentales sur lesquelles repose notre Etat.

Notre Parti, issu du mouvement démocratique et porteur de valeurs républicaines et d’unité nationale, conscient par ailleurs de la situation sécuritaire grave dans laquelle se trouve notre pays, ne peut rester muet dans un tel contexte.

C’est pour cela, qu’à l’issue d’une réunion extraordinaire, le Comité Exécutif National du PNDS-Tarayya, rend publique la déclaration qui suit :

Sur le plan sécuritaire

La situation sécuritaire est préoccupante dans notre sous-région. Si dans l’Est du pays l’amélioration est perceptible grâce à l’engagement de nos Forces de Défense et de Sécurité, la situation est particulièrement préoccupante dans l’Ouest du pays. Elle nécessite une mobilisation de toutes les énergies. C’est dans ce contexte que certains apprentis sorciers, inconscients des dangers qui guettent nos pays, pensent en faire une utilisation politicienne en posant des actes et en tenant des propos visant à saper le moral de nos troupes.

Sous d’autres cieux ils auraient eu le châtiment qu’ils méritent par l’application stricte de la loi, celle de la haute trahison et de l’atteinte à l’unité nationale.

Pour notre part, nous encourageons les FDS et leur demandons de continuer vaillamment leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de sécurisation de nos populations. Nous demandons au gouvernement de continuer à assurer aux FDS tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mission afin de maintenir l’intégrité de notre pays et assurer la sécurisation de nos populations.

Sur le plan politique

La dérive et la violence dans le langage, les insultes de bas niveau, les propos haineux mettant en cause l’unité nationale, les institutions républicaines et la démocratie sont devenus une pratique quotidienne de l’opposition.

Les mensonges, les uns plus gros que les autres, les insultes, les faux sont aujourd’hui les outils de propagande et de mobilisation de ses militants. Tous les moyens sont, leur semble-t-il bons, pour abattre le pouvoir, pour discréditer les institutions et pour porter un coup fatal à la démocratie, car manifestement pour eux la voie démocratique n’est plus une voie pour la conquête du pouvoir.

Une presse, spécialisée dans le faux, le mensonge et la propagation de fausses rumeurs a été créé à cette fin. Profitant des acquis du serment « de la table de montagne », que le Président Issoufou Mahamadou a signé dès son arrivée au pouvoir, cette presse utilise sans vergogne le fameux dicton selon lequel plus un mensonge est gros plus il laissera des traces. Ainsi en est-il de la fameuse affaire des 200 Milliards, que le bon sens ne peut comprendre ni accepter. Jusqu’à présent personne n’a pu dire à qui appartiendraient ces 200 Milliards. Au Niger ? Aux sociétés minières, productrices de l’Uranium ? A Sopamines, qui est revendeur de sa quotepart de l’uranium produit ? C’est pour mettre à nue ces gros mensonges que la commission d’enquête parlementaire a été mise sur pied.

Chaque jour que Dieu fait une soi-disant « nouvelle affaire » est mise sur la place publique, participant au grand complot de Lumana de remise en cause de l’ordre démocratique.

Non content d’injurier et de mentir, ce parti réduit à l’état de secte a dans sa dernière déclaration, franchi toutes les limites à travers des propos particulièrement séditieux.

Pour le PNDS-Tarayya, Trop c’est trop.

Cette menace permanente contre l’unité nationale, les institutions républicaines, la démocratie et ceci dans un contexte de menace sur l’intégrité nationale par des forces extérieures, ne peut laisser indifférent aucun patriote.

Aussi, le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme, PNDS Tarayya, met-il en garde ces ennemis de la Démocratie et ces traitres à la nation, qui parce qu’ils ne sont plus au pouvoir, pensent pousser le Niger dans l’abime, en croyant que le malheur du pays n’affecterait que ceux qui le dirigent.

Leur aveuglement les a conduits ces derniers temps à soutenir sans vergogne AFRICARD, cette société d’escrocs qui pense pouvoir se faire payer par notre pays des milliards sans qu’elle ait jamais accompli le moindre travail ni que quelque préjudice lui ait été porté par l’Etat. AFRICARD est devenu pour eux une véritable cause qui sert de carburant à leur moral gravement affecté par les déboires judiciaires de leur chef, dûs exclusivement à ses turpitudes.

Sur le plan Social

De concert avec l’agitation politico-médiatique, les tenants de la même ligne instrumentalisant quelques syndicats du secteur de l’éducation tentent grossièrement d’allumer le front social.

Cette tentative s’est appuyée sur les contractuels, dont certains avaient connu un retard dans le paiement de leurs pécules. Mais cette brèche fermée, ce sont les mesures d’assainissement de l’école nigérienne qui leur servent désormais d’alibi.

Le gouvernement nigérien a décidé de s’attaquer aux maux qui minent l’école nigérienne dont l’état est plus que déplorable. Après avoir construit un nombre important de classes pendant son premier mandat le Président Issoufou, s’attaque aujourd’hui au problème de la qualité de l’enseignement. Il est évident que si le niveau des enseignants n’est pas bon, rien ne peut être attendu concernant celui des élèves. Il s’avère que le niveau des enseignants est particulièrement bas parce que beaucoup d’entre eux n’ont pas les diplômes requis pour enseigner

Les apprentis sorciers refusent l’assainissement et mènent un combat d’arrière- garde pour qu’il n’y ait pas de contrôle sur les diplômes des enseignants et qu’aucun test ne puisse se faire.

Le PNDS-Tarayya encourage le gouvernement à mettre tout en œuvre pour bien identifier les lacunes qui entachent notre système éducatif afin de leur apporter les remèdes indispensables. Notre conviction est que l’avenir de notre pays comme celui de tous les autres pays dépend de la qualité de son système éducatif. Notre devoir est de réhabiliter, en urgence, notre école. C’est pourquoi nous encourageons le Gouvernement à conduire cette œuvre salutaire sans désemparer.

Le PNDS-Tarayya œuvrera sans relâche pour :

La sauvegarde de l’unité et de la cohésion nationale ;
La sauvegarde et la protection des institutions républicaines
La sauvegarde et la défense de la Démocratie dans notre pays.
La bonne gouvernance qui passe notamment par la lutte contre la corruption et l’assainissement de l’école.
Vive la République

Vive la Démocratie

Vive le PNDS-Tarayya

Fait à Niamey le 22 Mars 2017

 

À propos de l'Auteur Le Comité Exécutif National du PNDS-Tarayya

La section USN/France refuse la compromission, NON AU CONIF-GATE !

il y a 12 heures 42 min

Le comité exécutif de l’UESNF(section USN en France),unique organisation représentative des étudiants Nigériens de France est obligée de réagir face à la politisation du CONIF(conseil des Nigériens de France) qui se voulait une organisation « apolitique » dans les textes et pourtant ce n’est pas le cas !


Tenez-vous bien beaucoup de membres du comité directeur du CONIF sont des politiciens qui se cachent derrière cette organisation qui voulait à la base fédérer toutes les associations Nigériennes de France en jouant le rôle d’une société civile.

En effet, beaucoup des membres du Comité Directeur du CONIF sont des politiciens avérés du PNDS(Parti Nigérien pour la démocratie et le socialisme, parti au pouvoir) dont notamment le 1er vice-président Aboubakar K. LALO(à droite sur la photo) ayant organisé un meeting politique à Lyon le 06 novembre 2016 pour accueillir le président du comité exécutif dudit parti.

En tout état de cause, nous prenons nos responsabilités pour attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur les risques d’une division de la diaspora Nigérienne de France.

Nous avons sans cesse œuvré pour l’unité de la diaspora contrairement au CONIF qui, par inculture associative et syndicale après avoir travesti les textes de leur organisation a essayé dernièrement de vouloir jouer le rôle de l’union des scolaires Nigériens.

Ils ont échoué lamentablement après avoir été débouté par le comité directeur de l’USN et ensuite par l’ambassade du Niger en France qui les a rappelé qu’aucune autre structure en dehors de l’UESNF ne peut représenter les étudiants Nigériens de France !

Cette année 211 nouveaux étudiants Nigériens sont venus faire leurs études en France, l’UESNF en partenariat avec l’ANRF(association des Nigériens résidents en France) ont accueilli et hébergé 30 nouveaux étudiants avec une liste vérifiable auprès de l’ambassade du Niger en France et Campus France pendant que le CONIF prétend avoir accueilli 281 étudiants c’est-à-dire 133.17% des étudiants !

Nous avons pu satisfaire toutes les demandes d’aide pour héberger temporairement les camarades le temps qu’ils obtiennent leur logement pendant que certains camarades ont été abandonnés sans scrupule par le CONIF qui ne prenaient même pas la peine de décrocher aux appels téléphoniques de ces étudiant(e)s en détresse qu’ils ont promis d’héberger.

Nous pouvons citer le cas d’une camarade dont nous préférons garder l’anonymat qui a été abandonnée à l’aéroport de Lyon pendant que Adam Oumarou(président du CONIF habitant à Paris) et Boubé Yacouba Salifou (vice-président de l’expertise du CONIF habitant à Rennes) lui ont assuré de l’accueillir à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry ,les concernés ne daignaient même pas décrocher aux appels téléphoniques de cette dernière traumatisée par l’accueil qui lui a été réservé, heureusement qu’elle a pu contacter un camarade pour la tirer d’affaire, Campus France Niger est au courant de ce déboire du CONIF.

Nous alertons les étudiants à plus de vigilance sur les mensonges que le CONIF diffuse et de vérifier à l’avenir leurs informations !

L’UESNF attire l’attention de la communauté nationale et internationale sur le spectre de division de la diaspora Nigérienne de France qui plane et dont le CONIF reste et demeure le principal artisan !

Nous profitons de l’occasion pour condamner la politisation à outrance du CONIF qui ne peut plus jouer le rôle d’une société civile des Nigériens de France!

Enfin, l’UESNF condamne avec énergie le retard de paiement de nos allocations de bourse malgré le fait que l’ANAB nous a informé par correspondance que les arriérés de bourses auraient dû être payées le 17 mars !

L’USN Résiste !

La Section France de l’Union des Scolaires Nigériens refuse la compromission, non au CONIF-Gate !
Ampliations :

-Ambassade du Niger en France

-CD/USN

-CAB/ministère de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation

-CAB/PRN

À propos de l'Auteur YAYE HAROUNA Abdoul Latif Président de l’UESNF (union des étudiants et stagiaires Nigériens de France) Elu au conseil d’administration de l’université Claude Bernard Lyon 1

La Fondation Areva Mines Niger appuie le service de néphrologie/hémodialyse de l’Hôpital National de Lamordé de Niamey

il y a 13 heures 22 min

10 concentrateurs d’oxygène; 10 chaises roulantes ; 10 civières ; 5 tables d’examen ; 15 paravents ; 3 électrocardiographes ; 5 aspirateurs ; 10 tensiomètres ; 50 cartons de sets de soins; un carton de sédaspir, le tout d’une valeur de 22 000 000FCFA, tel est le geste concret de la Fondation Areva Mines Niger en faveur du service de néphrologie/hémodialyse de l’Hôpital National de Lamordé de Niamey.

Ce geste ô combien important envers ce service qui en a grandement besoin, témoigne du caractère philanthropique de la Fondation et il vise à permettre à ce service de renforcer le plateau technique du centre de dialyse et fournir des soins de meilleure qualité à un plus grand nombre de malades. C’est le directeur de cabinet du ministre de la Santé Publique, M. Ismaghil Anar, qui a présidé hier la cérémonie de réception en présence de la directrice de l’Etablissement AREVA Mine Niger, Mme Bibata Nignon.

En réceptionnant ce don, M. Ismaghil Anar s’est appesanti sur la mission de l’unité d’hémodialyse de l’Hôpital National de Lamordé spécialisée dans le domaine des maladies rénales.

Cette unité assure un traitement correct de l’insuffisance rénale chronique terminale ou de l’insuffisance rénale aiguë par la technique de l’hémodialyse et elle a permis à l’Etat de réduire le nombre d’évacuations sanitaires à l’extérieur qui sont coûteuses. Cette unité assure également le côté enseignement et la recherche en matière de néphrologie. Actuellement comme beaucoup d’autres unités spécialisées de nos formations sanitaires, cette unité connait une forte demande alors qu’elle ne dispose que de 26 générateurs de dialyse.

Ce dispositif ne permet de prendre en charge alors que 104 malades hémodialysés, pendant que la demande est trop forte.

Devant l’urgence de la prise en charge efficiente des malades, l’Hôpital National de Lamordé a soumis une requête à la Fondation Areva Mines Niger qui a répondu favorablement en donnant cet équipement. Areva Mines Niger marque ainsi, comme à l’accoutumée, sa solidarité à l’endroit des malades souffrant de pathologies rénales et surtout son engagement à contribuer à l’amélioration des conditions sanitaires des populations.

Pour la directrice de l’Etablissement AREVA Mines Niger, Mme Bibata Nignon, cette année, AREVA Mines Niger a voulu s’associer aux activités rentrant dans le cadre de la Journée Mondiale du Rein au Niger en marquant sa solidarité à l’endroit des malades souffrant de pathologies rénales.

L’engagement de sa Fondation va bien au-delà de l’activité industrielle. Elle a développé au fil des ans une politique visant à promouvoir l’accès aux secteurs sociaux de base notamment la santé au profit des populations, aussi bien dans les zones d’implantation de ses sites de production que dans le reste du pays.

La politique d’Areva sur le terrain social consiste à la construction de centres de santé, la formation des agents de santé, la fourniture régulière d’équipements médicaux et de produits pharmaceutiques, le développement de partenariats avec des organismes comme le CERMES, Mécénat Chirurgie Cardiaque et des ONG œuvrant dans le domaine de la chirurgie foraine , etc.

Notons que la cérémonie s’est déroulée en présence des cadres du ministère de la Santé Publique, ceux du groupe Areva Mines Niger et des responsables de l’hôpital national de Lamordé, qui ont assuré la directrice de la Fondation Areva Mines Niger, que ces matériels et produits, seront utilisés à bon escient.

À propos de l'Auteur Tamtam Info News

Lettre ouverte au Colonel-Major Djibrilla Hima Hamidou dit « Pelé »

il y a 13 heures 33 min

Mon Colonel-Major,

J’ai suivi, avec l’intérêt que vous pouvez deviner, à plusieurs reprises vos propos d’autoglorification sur des médias, vous présentant vous-même le plus souvent comme un sauveur du peuple lors du « coup d’Etat » d’avril 1999, et celui de février 2010. Pour avoir été qualifié de putschiste, vous aviez répondu pour vous  défendre: « …En 1996, j’ai obéi aux ordres. En 1999, je n’ai pas opéré. C’est une situation qui a été créée, nous avons géré.  Tous les Nigériens ont applaudi à chaque fois. Il faut savoir que chaque fois que le peuple a fait appel à nous, nous avons répondu à son appel…J’ai toujours agi dans l’intérêt du peuple…Si je suis putschiste, tous les Nigériens sont (des) putschistes ».

J’ai été surpris d’entendre un officier soumis au devoir de réserve que lui impose son statut de militaire en activité, s’autoglorifier du lâche assassinat du président Baré, le 09 avril 1999, en disant, « tous les nigériens ont applaudi », parlant de l’acte crapuleux, qu’il  appelle pompeusement coup d’Etat. En voulant faire croire à l’opinion nationale et internationale que les nigériens sans exception, vous avaient applaudi, vous sembliez avoir atteint le summum du cynisme.

« Le silence d’un peuple n’est qu’un effet de contrainte et non pas une adhésion volontaire à la servitude ; c’est, le plus souvent, le couvre-feu d’une révolte à venir. » Louis-Auguste Martin

J’ai tenté en vain de vous répondre dans le même média, mais j’ai eu comme étonnante réponse de la part d’un professionnel, « on n’a pas parlé de vous donc, vous ne pouvez pas répondre » comme si les morts n’ont plus droit à la défense de leur mémoire, conformément à la loi. Si je vous réponds aujourd’hui, c’est parce que cette affaire d’assassinat du président Baré a été jugée en 2015 et tranchée par un arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO du 23 octobre 2015, de même je ne suis plus depuis quelques temps, soumis au devoir de réserve comme vous.

De vos interventions, je passe sous silence les conditions de votre « élection » à la tête de la FENIFOOT que vous connaissez sans doute mieux que moi, pour ne retenir que vos propos sur l’assassinat du Président Baré. Le Sage Hampâté Ba enseigne qu’il y a trois vérités : il y a « Ma » vérité, il y’a « Ta » Vérité et il y’a « La » Vérité », et c’est pourquoi je profite de votre déclaration pour poser les questions ci-après sur votre rôle dans les évènements du 09 avril 1999 pour recueillir, je l’espère, votre vérité. Si vous prétendez ne pas avoir opéré dans l’assassinat du Président Baré, le 09 avril 1999 alors :

  • Pourquoi étiez-vous en permanence présent dans les locaux de la garde présidentielle dès les premières heures et les deux (2) jours qui ont suivi l’assassinat du Président Baré, pendant que certains officiers s’étaient rendus au village natal du président dans la matinée du 11 avril 1999 pour les obsèques du défunt ?
  • Pourquoi aviez-vous pris la responsabilité de lire la Proclamation du 11 avril 1999 du Conseil dit de Réconciliation Nationale (sic!) « …les FAN,…ont décidé de mettre un terme au vide constitutionnel occasionné par la disparition subite, le vendredi 9 avril dernier, du Président de la République..», que vous saviez mensongère ?
  • Pourquoi quelques heures à peine, après la « disparition subite du Président », vous aviez été aperçu, encadré d’automitrailleuses, en train de parader au volant du véhicule 4X4 de couleur blanche du disparu, véhicule qui sera d’ailleurs endommagé quelques temps après, suite à un accident survenu de nuit au rondpoint du palais des congrès causé par l’état du conducteur que la morale nous interdit de décrire ? Convenez-en avec nous, que cet acte inqualifiable, est loin de faire honneur à votre tenue militaire ?
  • Pourquoi déclarer péremptoirement, « le peuple avait fait appel à nous », alors que, de notoriété publique, vous et les autres putschistes retranchés dans le camp de la garde présidentielle, étiez désemparés et atterrés, face à la vague d’indignation du monde entier sitôt la mort du président connue, ce qui vous a conduit au mensonge éhonté consistant à travestir la vérité ? Au juste de quel peuple parlez-vous puisque, vous ne l’ignorez pas, « une partie du peuple, n’est pas le peuple, tout le peuple une partie du temps, n’est pas le peuple…… » ? Vous souvenez-vous que Feu, le président Omar Bongo Odimba, Doyen des Chefs d’Etat à l’époque, vous avait traités vous et vos complices de proscrits ? Si vous prétendez avoir agi pour le peuple, pourquoi en dépit de 148,1 milliards de FCFA de recettes fiscales engrangées et de dons reçus en 1999, votre Transition, avec IAM (l’Inventeur de l’« Accident Malheureux ») comme premier ministre de la sombre époque, n’avait pas daigné verser un seul Kopeck de salaire aux fonctionnaires du 09 avril 1999, jour de l’assassinat, à décembre 1999 fin de la sinistre Transition, soit 9 mois de calvaire ?
  • Pourquoi ne pas avoir apporté un démenti à votre déclaration sur la « disparition subite du président.. » le 9 avril 1999, lorsque, suite au tollé mondial soulevé par sa bourde, le premier Ministre I. A. Mayaki, celui lui qui a parlé de « la caravane…et du chien …,(sans  que l’on ne sache à ce jour qui est le chien et qui est la caravane), avait qualifié la mort du Président Baré d’« accident malheureux » dans sa cynique déclaration de l’après-midi du 9 avril 1999, et confessé dans l’hebdomadaire « Jeune Afrique » n° 2019 de septembre 1999, et plus tard dans un livre, que ladite déclaration « n’était qu’un mensonge destiné à calmer les ardeurs des partisans de Baré, afin d’éviter un bain de sang…C’était « l’accident malheureux » ou « la Sierra Leone » (en référence aux massacres de civils perpétrés dans ce pays suite à la guerre civile des années 90 ? Savez-vous que pour voir clair dans cette histoire de « caravane qui passe… », écrite après « l’accident malheureux » par de l’auteur de la très cynique formule, j’ai dû recourir à Wikipédia pour savoir que le mot « cynisme » provient du grec ancien kuôn, qui signifie « chien » ?

 

  • Si vous affirmez « ne pas avoir opéré en 1999 », pourquoi aviez-vous répondu sans hésiter, « Tous les putschs sont difficiles..» à une question posée par le journaliste Christophe  Boisbouvier de Radio France Internationale (RFI) le 23 février 2010, au lendemain du coup d’Etat, à savoir, « Mon colonel, c’est votre deuxième putsch. Quel a été le plus difficile ? Celui de 1999 ou celui-ci (de 2010) » ?
  • Pourquoi continuer à affirmer « je n’ai pas opéré en 1999 », alors que vous observez en même temps un  silence coupable face aux graves accusations portées contre vous par celui que les journalistes avaient surnommé « Le Boucher de Yélou », au détour d’une interview accordée à un hebdomadaire de la place au début de la transition en 1999, lorsqu’il vous traitait de lâches (vous-même et un autre officier barbu ce, suite à des propos que vous aviez tenus dans une interview avec un journal de la place : « je n’étais pas au courant des évènements, puisque j’étais au terrain de football de la Caserne Bagagi Iya avec …appelons le « le pharaon d’Egypte » pour faire simple et rester dans le registre ballon rond. » ?
  • Pourquoi n’avez-vous pas démenti cette version du scénario de l’assassinat donnée par les observateurs avisés de la scène politique nationale sur les plateaux de télévision, et par la famille Baré dans sa requête à la justice, qu’en réalité, le discours du « caravanier» sur les ondes tout comme votre déclaration du 11 avril 1999 relative à la « la disparition subite du président de la République », semblaient avoir été conçues pour être lues après l’exécution du scénario initial de l’assassinat consistant à abattre l’avion présidentiel d’une roquette au décollage à Niamey ou dès l’amorce de son atterrissage à la localité d’Inatès (près du Mali) où il devait se rendre ? En effet de votre position de porte-parole du CRN, vous ne pouviez ignorer que le Général Baré, au courant de la macabre entreprise dès la veille, et ne voulant souiller son âme du sang de ses « petits frères d’arme », avait demandé au Commandant Abdoulaye Mounkaila de l’accompagner à l’aéroport et de voyager en sa compagnie dans l’hélicoptère, instruction qu’un de vos complice n’a pas fait exécuter, ce qui vous a fait modifier les plans initiaux consistant à abattre l’avion.
  • Pourquoi le 24 janvier 2000, jour de la délibération et du vote de la loi relative à l’amnistie des auteurs, co-auteurs et complices des assassinats du 09 avril 1999, les Honorables députés avaient-ils été encerclés par des automitrailleuses dont vous aviez le commandement ?
  • Il serait apaisant pour les familles des victimes et les Nigériens de savoir si vous aviez été informé des deux dernières tentatives d’assassinat du président Baré consistant à abattre l’avion présidentiel « Monts Bagazane » à l’amorce de sa descente sur l’aéroport de Niamey :
    1. A son retour d’une visite officielle de Cuba en mars 1999, option abandonnée au dernier moment, du fait de la présence à bord du premier groupe de 30 médecins cubains embarqués in extrémis depuis La Havane?
    2. Ou alors à son retour de Pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam,  le vendredi 02 avril 1999, selon le même scénario, option également abandonnée in extremis du fait de la présence  de nombreux pèlerins à bord ?
  • Pouvez-vous rappeler à l’opinion nationale l’identité de ce leader de la « restauration de la démocratie (sic !) qui, pour encourager l’acte de « Restauration de la démocratie » (sic !) n’a rien trouvé de mieux que de faire porter dans votre camp retranché de la garde présidentielle, une caisse de champagne le lendemain de l’assassinat du Président Baré, pour fêter le succès de « l’opération Scier le Baobab » (A ouzou billahi minal chaytane Razim)?
  • Pour finir, par rapport à certains actes répréhensibles dont l’opinion avait régulièrement et injustement accusé « des proches de Baré » et qui avaient terni le régime, pouvez-vous révéler à l’opinion, qui était « ce proche de Baré » impliqué dans le récit de bagarres rangées avec des citoyens innocents dont celle de mars 1999, peu avant l’assassinat, pour, semblerait-t-il, « des raisons de cœur (…que la raison ignore») ?

Je m’en tiens à ce stade à ces interrogations puisque la sagesse acquise auprès du Grand Peuple de la Téranga, « recommande de ne pas dire tout ce que l’on sait ».

Tout en espérant que vous accepterez, au nom du devoir de vérité, d’éclairer la lanterne du peuple que vous prétendez avoir servi, sur votre rôle dans l’assassinat crapuleux du président Baré, je vous prie d’accepter mes vœux sincères de prompt rétablissement puisque vous affirmez être en convalescence.

À propos de l'Auteur Djibrilla Mainassara Baré Ancien Conseiller Spécial du Président Baré

A la Présidence de la République : Le Chef de l’Etat reçoit une délégation de parlementaires français

il y a 13 heures 47 min

Le Président de la République, Chef de l’Etat, S.E Issoufou Mahamadou, s’est entretenu, hier dans l’après-midi, avec une délégation de parlementaires français conduite par le président de ladite Institution S.E Claude Bartolone, en visite officielle de travail dans notre pays depuis le 20 mars 2017.

A l’issue de cette audience, le président du parlement français a déclaré avoir échangé avec le Chef de l’Etat sur les relations entre la France et le Niger, entre l’Europe et l’Afrique pour davantage renforcer le développement et assurer la sécurité des Nigériens, des Français, bref de l’Afrique et de l’Europe.  » Nous avons évoqué les missions communes parce qu’en dehors de toutes les politiques de coopération qui existent entre le Niger et la France, nous sommes aujourd’hui frères de sang.

Nous avons les soldats qui combattent dans les mêmes rangs au Mali en particulier pour assurer la sécurité ; lutter contre le terrorisme. Nous savons ce qu’à pu être le prix payé par le Niger et les larmes qui ont été versées à cause des terroristes. Nous avons aussi, au-delà de cette question de la sécurité, abordé un certain nombre de politiques qui nous amènent à travailler d’une manière commune avec mon collègue président de l’Assemblée Nationale du Niger.

Nous renforçons le lien qui existe entre nos deux Assemblées pour être au plus proche des citoyens, renforcer la démocratie et pour être des hommes et des femmes qui associent nos compatriotes au message que nous voulons leur porter, au développement que nous voulons leur proposer. C’est ainsi que nous avons échangé sur la question de l’agriculture ; les liens qui peuvent exister entre la France et le Niger pour permettre à ce grand pays de profiter de l’eau qui coule en abondance ici afin d’améliorer les récoltes et nourrir la population », a souligné Claude Bartolone.

La politique d’éducation, notamment en direction des filles, a été aussi évoquée au cours de l’entretien.  » Nous devons offrir aux filles comme aux garçons l’éducation. Ce sont des réussites éducatives qui ont existé dans d’autres pays. Je suisaudience persuadé que c’est quelque chose qui sera utile pour le Niger à la fois pour jouer le pari de l’intelligence ; le pari de l’éducation et à faire face à une des propositions du Président Issoufou Mahamadou pendant sa compagne électorale notamment en ce qui concerne la maitrise de la démographie.

Une nouvelle fois, nous avons pu constater qu’il existe une forte solidarité d’amitié entre la France et le Niger. Nous allons en tant que parlementaires tout faire pour continuer à développer ces politiques qui nous amènent à travailler ensemble afin que sur les nouvelles questions du monde nouveau dans lequel nous sommes entrés, que ce soit la transition énergétique, la lutte contre le terrorisme et le contrôle démographique, l’on réussisse à apporter des résultats pour que la croissance dans nos pays puisse tendre vers un mieux être des populations », a conclu le président de l’Assemblée Nationale française.

Cette audience s’est déroulée en présence du président de l’Assemblée Nationale S.E Ousseini Tinni.

À propos de l'Auteur Hassane Daouda(onep)

Dr. Aïssa HALIDOU: Le leadership africain actuel manque de visionnaires.

il y a 13 heures 54 min

Dr. Aïssa HALIDOU: Le leadership africain actuel manque de visionnaires.

Docteur Aïssa HALIDOU est Épidémiologue, Politologue, Socio-Économiste et Panafricaniste. Elle travaille dans la diplomatie à Berlin et est aussi enseignante à l’université à Hambourg.

1.    Bonjour Madame. Nous voudrions vous remercier d’avance du fait que vous nous accordiez un peu de votre précieux temps pour cet échange sur l’actualité politique africaine et aussi dans la diaspora.

Comment en êtes-vous arrivée à ce cursus impressionnant d’enseignante tout en travaillant dans la diplomatie? Et comment arrivez-vous à gérer tout cela tout en étant disponible pour l’engagement social dans la diaspora ?

Merci aussi à vous de m’avoir invitée.

Bon, mon cursus s’est constitué avec le temps. Vous savez, quand on vient ici en Europe, chacun cherche à prospérer selon les possibilités. Il y en a qui cherchent des opportunités en business, il y en a qui font des études ou formations et il y en a qui cherchent des petits jobs pour subvenir à leur besoin. Je fais partie du deuxième cas.

Donc, c’est ainsi qu’après avoir tenté certaines perspectives comme les langues et différents stages, notamment à la radio nord allemande (NDR) ou à l’école de police de Hambourg entre autre, j’ai fini par obtenir une bourse d’étude. C’est ainsi que j’ai quitté l’école de police pour commencer des études en santé publique, où j’ai fini avec une spécialité en épidémiologie. Après cela, j´ai voulu m’orienter en politique ou en économie et j’ai alors opté pour le Dr. rer. pol. qui est un doctorat multidisciplinaire et qui répond parfaitement à mes attentes.

Le fait que je me suis retrouvée plus tard dans la diplomatie, c’était plutôt un fait du hasard. Sinon auparavant, j’avais travaillé 4 ans dans le domaine de la recherche au centre hospitalier universitaire Eppendorf de Hambourg. L’enseignement à l’université s’est rajouté au fil du temps. J’exerce actuellement dans les deux domaines et je me plais bien dans les deux rôles. Certes, ce n´est pas facile comme vous le dîtes, surtout quand c’est dans deux villes différentes, mais quand même, c’est faisable et j’essaie de tenir le coup.

Quand à l’engagement social dans la diaspora, ça me fait énormément du plaisir et j’y consacre mon « Freizeit ». Mais en ces moments, par manque de temps, je me limite de plus en plus aux conférences et aux discussions. L’assistance sociale est devenue pratiquement impossible. Car avec un emploi du temps aussi surchargé, on ne peut pas avoir du temps pour accompagner un frère ou une soeur chez un avocat ou un médecin.

Dr. Aïssa Halidou lors d’une marche commémorant le partage colonial de l’Afrique à Berlin

On ne peut pas lutter contre le racisme ou contre la discrimination sans s’engager politiquement.

             2.    Vous êtes connue comme une panafricaniste particulièrement engagée dans la diaspora. Qu´est-ce qui a motivé cet engagement?

Au tout début c’était une simple envie d’échanger avec des africains victimes du racisme ou la discrimination pour pouvoir mieux se protéger ou mieux lutter contre le racisme dont nous sommes souvent victimes dans la vie courante ici. C’est ainsi qu’au début des années 2000, je suis tombée sur le groupe du nom de Black Nation dirigé par un frère Camerounais.

J’ai beaucoup appris avec ce groupe qui m’a tout de suite intégrée. Avec le temps, j’ai appris que la lutte contre le racisme passe par la restauration de la dignité du peuple africain et la libération totale de l’ Afrique. Ce qui suscita et motiva mon engagement. Il convient aussi de noter que les connaissances que j’ai acquises dans ce groupe ont été accentuées quand j’ai fait la connaissance dans ce même groupe d’un frère haïtien qui m’a beaucoup appris sur l’origine du racisme, la révolution haïtienne, l’importance de la Diaspora africaine pour le continent africain, tout en me faisant redécouvrir des figures comme Malcom X, Frantz Fanon et bien d’autres figures emblématiques de la lutte afro-américaine comme les Blacks Panthers, Nation of Islam, l’UNIA et autres.

En échange, je devais lui apprendre plus sur l’Afrique, puisqu’il n’avait jamais été en Afrique. Ce défi intellectuel de haut niveau auquel je ne m’attendais pas, était devenu une passion pour moi si bien que je m’étais engagée à chercher à apprendre sur des figures comme Nkrumah, Lumumba, Um Nyobé, Sankara… pour pouvoir être à la hauteur. J’étais et suis encore très fière des connaissances que j’ai acquises en cette période-là, plus que tout ce que j’ai appris durant toute ma vie.

C’est aussi là que j’ai pris conscience qu’être intellectuel n’est pas synonyme d’avoir des diplômes universitaires en sa possession. Bref, c’est dans ce groupe que j’ai appris qu’on ne peut pas lutter contre le racisme ou contre la discrimination sans s’engager politiquement.

3. À quelle organisation panafricaine appartenez-vous ? Et quels sont les thèmes que vous abordiez au cours de vos différentes conférences ou rencontres?

Comme je vous le disais, c’était avec le groupe Black Nation que j’ai eu à faire mes débuts dans le domaine politique panafricain. Puis après, j’ai adhéré à d’autres organisations comme l’AKPM- Arbeitskreis Panafrikanismus de Munich, par la suite on a créé Komboa-Panafrika etc… Nous avons aussi des partenaires dans d’autres pays avec lesquels on travaille de temps à autre.

Concernant les thèmes qu’on aborde dans nos conférences et discussions, ils sont très larges et variés. Tout ce qui concerne notre vie ici dans la diaspora tout comme en Afrique. Les thèmes sont souvent politiques et économiques. Parce qu’on ne peut pas dissocier ces deux domaines-là. Donc, on aborde les thèmes selon la nécessité, l’actualité et la disponibilité des différents membres, car il ne faut pas l’oublier: tout ce qu’on fait est du volontariat et derrière un groupe, chaque membre a sa vie estudiantine, professionnelle ou privée.

Dr. Aïssa Halidou avec l’Ambassadeur d’Ouganda lors du African Youth Education Award de 2016 à Hambourg

Un point non moins important, c’est aussi les thèmes concernant l’éducation de nos enfants ici, ce qu’on appelle l’ « empowerment » de nos jeunes. Car, il ne faut pas l’oublier ou le nier: nos enfants ici n’ont souvent pas les mêmes chances d’égalité que ceux des allemands. Donc, il faut former, bien encadrer et sensibiliser nos jeunes à avoir une certaine conscience psychologique forte et une certaine confiance en soi pour faire face à de telles situations quand elles se présenteront. Donc, on aborde aussi ces sujets en conférences ou séminaires.

Tout leader doit décider s´il veut rester dans le mainstream politique global occidental conservateur ou pas.

4. Vous êtes aussi très engagée dans les activités de la communauté ivoirienne, vous avez même eu à assister au procès du président Laurent Gbagbo à la Haye en Hollande. D’où vient cette empathie pour Laurent Gbagbo?

Personnellement, je n’apprécie pas ce système de cour pénale internationale et en tant qu’africaine je trouve regrettable que le président Gbagbo soit déporté à la Haye dans cette soi-disant « cour pénale internationale » et j’ai voulu suivre son histoire de plus près. A part cela, avec l’un de nos groupes, on a eu des travaux intenses avec certains proches de l’entourage du président Gbagbo notamment l’une de ses anciennes ministres, son avocat et autres. Donc, c’est tout à fait normal que j’assiste à son procès. Après tout, c’était un président africain.

Je trouve aussi que son sort est déplorable et que dans ces circonstances, il a plus besoin de soutien des africains ici que quiconque d’autre. Et puis, vous avez une fois vu un président d’un pays occidental à la Haye, malgré toutes les exactions qu’ils commettent à travers le monde? Ou vous pensez vraiment que Bush, Sarkozy ou Obama sont plus saints que Gbagbo?

Et puis même si on n’est pas fan de Gbagbo, il faut reconnaître qu’il n’a ni compte bancaire, ni maison ou appartement privé en Occident. Il l’a toujours dit haut et fort, qu’il ne fait même pas de vacances dans les hôtels européens. Pour moi, ce sont là des valeurs non négligeables pour la lutte panafricaine. Pour le reste, je pense que c’est au peuple ivoirien d’en juger. Sinon personnellement, la seule chose que je lui reproche c’est de s’être embobiné dans cette histoire d´ivoirité que j’ai jamais compris. Et ça, pour moi c’était une faute très grave. Néanmoins, j’aurais préféré qu’il soit jugé en Côte d’Ivoire ou quelque part en Afrique. N’a t-on pas coutume de dire en Afrique que le linge sale se lave en famille? Ça aurait pu être appliqué dans ce genre de circonstances. Vous voyez comment les africains s’éloignent de leurs valeurs culturelles au profit du mainstream occidental? Il faut que les africains prennent leurs responsabilités au niveau régional en Afrique, sans chercher un arbitre à l’extérieur pour régler les problèmes internes africains. On n’est plus au temps de la colonisation.

Souvent j’ai l’impression que les États africains ne pèsent pas le pour et le contre et ne font aucune étude approfondie d’expertise avant de signer des traités ou accords pour appartenir à ce genre d’institutions internationales. Les occidentaux en profitent pour les malmener à leur guise et tirer le maximum de profit de leur maladresse, tant politique qu’économique.

5. Le cas de Kadhafi en Libye, il ne manquait pas de vision nationaliste ou patriotique et pourtant il a échoué aussi. Comment expliquez vous cela?

C’est vrai que Kadhafi était nationaliste et qu’il ne lui manquait pas de vision patriotique. Mais lui aussi a commis des erreurs. Je m’explique: On vit dans un monde global de mainstream avec un système politique global occidental conservateur. Donc, il faut en tant que leader savoir d’abord dès le départ si on veut faire partir de ce système ou non.

Si on veut appartenir au système, on respecte les règles et on se soumet à ces règles. Si on décide de ne pas appartenir au système, il faudrait dans ce cas savoir aussi gérer ses relations internationales par conséquent; tout en tenant compte des analyses géopolitiques, géostratégiques. Cela induirait d´être aussi prêt à accepter les conséquences tant positives que négatives qui résulteraient de cette décision. Mais à un moment de l’histoire Kadhafi n’a pas respecté ces règles. Vous pensez que si Kadhafi était resté dans son enclave et s’était concentré sur son pays et son peuple, il allait lui arriver ce qui lui est arrivé là? Non! Voyez l’exemple de Fidel Castro au Cuba.

Mais Kadhafi a voulu jouer le double jeu: rester dans son système à lui, tout en voulant être « ami » avec les occidentaux, pensant qu’il était plus malin qu’eux. C’est ce qui lui a coûté la vie. On ne fait pas de demi-mesure dans ce genre de situations. Quand on est convaincu de ses idées, il faut aller jusqu’au bout et apprendre à convaincre son peuple si on est un bon leader, sinon c’est avec ses propres défaillances qu’on sera éliminé. Et c’est très facile dans un tel cas, car dans chaque régime il y a toujours des mécontents, et ces derniers sont facilement manipulables par l’ennemi extérieur. Et c’est ce qui est arrivé à Kadhafi et son régime.

6. Quelle leçon les africains peuvent-ils tirer de ce genre de cas?

J’espère que tout cela va servir de leçon pour les leaders progressistes. Bon, je ne parle pas de la leçon que l’occident a voulu donner à travers cela, mais plutôt une leçon progressiste: Il ne faut pas créer trop d’ennemis dans son propre peuple, c’est très important. Il faut essayer d’impliquer tout le peuple dans la gestion des affaires de l’état, même ceux qu´on croit être des cons, car s’ils se sentent utiles, ils ne deviendront pas mécontents, ce qui fera des ennemis en moins.

Surtout, il ne faut pas chercher à faire d’un État une dynastie. A un moment, il faut penser à une alternance. Kadhafi aurait pu préparer quelqu’un à sa succession, cependant pas forcement un membre de sa famille, mais il a voulu imposer son choix à son peuple.

Dr. Aïssa Halidou lors d’un congrès panafricain à Munich

Un autre point non moins important: Je crois que Kadhafi a fait aussi l’erreur de beaucoup compter sur les autres leaders africains, pensant que son histoire d’union africaine avait réussi, et qu’il pouvait en tirer profit à travers un soutien de ces leaders africains, car je suis sûr qu’il ne comptait pas sur les pays arabes. Or, les leaders africains, eux n’étaient pas encore à un tel état d’esprit et de niveau de solidarité.

                            Une nation souveraine ne se construit qu’avec le peuple et non pas par un soutien extérieur impérialiste.

7. Il y a t-il actuellement un chef d’État sur le continent africain qui peut être vu comme un exemple pour vous? Et qui est votre idole dans l’histoire panafricaine?

Dans l’actuel état des choses, et vus les critères un peu vastes du panafricanisme, c’est difficile de citer des noms. La majorité des leaders africains actuels sont encore sous le joug impérialiste. Ils sont plus préoccupés à avoir le pouvoir ou à vouloir le conserver à tout prix et vivent souvent dans la logique qu’ils ont tant besoin du soutien de leurs « maîtres colons » qu’ils font tout pour l’avoir, quitte à signer des accords insensés ou à vendre les richesses de leurs pays à vil prix. Et ça, c’est contraire au panafricanisme, car le panafricanisme est avant tout anti-impérialiste.

Dans la logique panafricaine, une nation souveraine ne se construit qu’avec le peuple et non pas par un soutien extérieur impérialiste. Donc, lorsque les bases sont faussées, les problèmes sont programmés des deux cotés: avec le peuple qui sera insatisfait et avec les « amis » en soutien qui réclameront la contrepartie de leur soutien. Mais s’il faut absolument citer des noms je citerais: Afwerki, Mugabé, Bouteflika et Kagamé. Même s’ils ne sont pas des modèles parfaits, je crois qu’eux au moins sont maîtres de leur politique interne et ils m’ont l’air plus nationalistes, patriotiques et anti-impérialistes.

Pour ce qui est de mon idole dans l’histoire du panafricanisme, c’est plus simple: c’est Sankara, bien que je reconnais qu’il s’est inspiré de Nkrummah et que Nkrummah était le plus grand intellectuel et un visionnaire panafricain hors pair. Mais, j’aime beaucoup ce courage que Sankara a eu de dénoncer les choses ou d’exprimer ce qu’il ressent. Nkrummah était plus stratège, mais un peu trop politicien à mon goût, alors que Sankara était plus pratique et un vrai révolutionnaire. C’était un bon orateur, qui avait aussi beaucoup de respect pour la femme. Je le trouve très impressionnant. S’il était encore en vie, Mariam aurait sûrement à faire à moi (rire).

8. Sans une monnaie commune et avec le Franc CFA, le panafricanisme que vous prônez a-t-il des chances de devenir une réalité dans un avenir raisonnable ?

 Le combat du panafricanisme est pour la restauration de la fierté africaine. Un changement est nécessaire en Afrique mais il ne sera pas possible si l’on reste dans le pessimisme. Pour pouvoir réaliser un rêve, il faut d’abord y croire, c’est très important. Et si c’est pas réalisable dans un avenir raisonnable comme vous le dites, peu importe le temps que cela prendra. L’essentiel c’est d’en être conscient et continuer à travailler pour atteindre l’objectif.

Dans l’esprit panafricain, il ne faut pas s’attendre chaque fois à profiter tout de suite des fruits d’une lutte ou d’une action. Il faut voir loin, c’est ça la vision panafricaine. Quand Nkrummah voulait faire construire le barrage d’Akonssombo, il s’était heurté à tout genre d’empêchements, mais comme il était convaincu que c’est un bienfait pour sa nation et pour la génération future, il s’est imposé. Voyez ce que représente le barrage d’Akossombo aujourd’hui pour le Ghana, c’est l’oeuvre de Nkrummah. Mais est-ce que c’est lui qui en profite aujourd’hui, vous conviendrez avec moi que non.

Au Niger, un tel projet était planifié depuis des décennies, mais ça traîne toujours, parce que les différents dirigeants nigériens ont un autre agenda qu’ils considèrent plus important que d’avoir ce genre de visions lointaines. Bref, je suis d’avis qu’un bon leader de lutte, au delà des visions, doit savoir patienter et savoir travailler pour laisser un héritage mémorable et profitable pour le peuple, même après des générations.

Le Franc CFA constitue une entrave pour le développement économique de l’Afrique.

9. Pourquoi ne pas commencer par renoncer au franc CFA?

La monnaie n’est pas l’unique point à revoir dans le combat panafricain et je pense que l’Afrique est sur le bon chemin. La jeunesse africaine prend de plus en plus conscience et commence à thématiser ces différents thèmes. Elle s’organise et dénonce les maux dont souffre le continent. C’est le plus important. Le reste viendra avec le temps. C’est un mécanisme qui suit son cours normal. Il ne faut pas se presser. Tôt ou tard, les leaders africains finiront par ouvrir les yeux et seront obligés de voir la réalité en face pour revenir à ce que veut le peuple ou le peuple se soulèvera contre eux. C’est comme ça qu’on s’est libéré de l’esclavage et de la colonisation, donc le néocolonialisme c’est juste une question de temps. Il n’y a pas un peuple qui a tant souffert comme le peuple africain, mais il n’y a pas un peuple aussi vaillant que le peuple africain. Donc, je suis confiante que les africains viendront à bout de l’impérialisme et du néocolonialisme.

Avant, aucun chef d’état africain ne pouvait parler de cette monnaie, le franc CFA. Mais cela est devenu un sujet d’actualité aujourd’hui. Récemment, même le président tchadien Idriss Déby a su le thématiser, ce qui n’était pas le cas dans les années antérieures. Cependant, pour un vrai changement radical, je crois plus en la jeunesse africaine plutôt qu´en les leaders. Et là je tiens à remercier tous les frères et soeurs, camarades de lutte pour le travail extraordinaire et les efforts remarquables qui sont déployés un peu partout pour la conscientisation de cette jeunesse, dans ce précis cas de la monnaie CFA, particulièrement le Prof. Agbohou. Il y a quelques années, c’est avec lui que j’ai compris l’enjeu, la problématique et l’entrave que constitue cette monnaie pour le développement économique de l’Afrique.

Mais comme je vous le disais tantôt, le franc CFA n’est pas le seul problème de l’Afrique, ainsi j’exhorte chacun de nous à continuer à apporter sa contribution dans son domaine d’expertise. Si on ne peut pas le faire dans les gouvernements de nos pays respectifs, il faut se former et échanger pour pouvoir renforcer nos connaissances et notre engagement.

10. Apparemment, en plus des fraudes électorales, il semble être devenu une mode de disqualifier les adversaires politiques par des inculpations. Avec le cas assez ridicule de Moïse Katumbi au Congo-Kinshasa et dernièrement, la singulière campagne en prison de Hama Hamadou au Niger. Comme vous êtes nigérienne pouvez vous nous donner un peu plus de précisions et votre avis sur ce cas précis du Niger?

Je suis certes nigérienne, mais je ne suis pas juriste. J’avais moi-même fait recours à des amis juristes pour mieux comprendre la situation. Car le cas de Hama Hamadou est devenu un sujet politico-juridique complexe et très délicat qui a divisé beaucoup de nigériens.

De ce que j’ai pu retenir de cette affaire de trafic de bébés, il y a eu une affaire de criminalité dans laquelle lui et sa femme sont impliqués et qu’en matière criminelle la poursuite pénale peut avoir lieu même s’il n´y a pas de plainte des victimes et ou de leurs proches. Mais dans un tel cas, c’est le procureur seul qui a le monopole d’une poursuite pénale, exception faite des petits délits comme insulte et autres, où il doit y avoir un plaignant avant qu’il aie une poursuite. Bon, maintenant dans ce cas de Hama Hamadou, je ne sais pas si la poursuite était une initiative du procureur de la République du Niger ou pas. Mais toujours est-il que dans les deux cas, je trouve que Hama Hamadou est sensé être mieux averti que quiconque que ses adversaires politiques ne vont pas lui faire cadeau d’une telle duperie. En matière de pouvoir, la concurrence est farouche. Je peux comprendre qu’il aime bien sa femme et a voulu lui faire plaisir, mais il n’aurait pas dû oublier qu’il est avant tout un homme politique. Personnellement, j’étais choquée de le savoir impliqué dans une telle affaire. Je le croyais plus rationnel que ça. C’est triste qu’il soit maintenant condamné à un an d’emprisonnement, mais c’est aussi le risque du «jeu de la politique». Mais je crois que l’affaire n’est pas encore terminée, ses avocats ont droit de faire recours et je crois qu’ils vont le faire. Suis tout autant curieuse que vous de savoir comment cette affaire va se terminer.

 11. Vous travaillez beaucoup avec différentes communautés africaines ici, mais on n´a aucun écho de vos activités avec la communauté nigérienne, qu´elle en est la raison?

Votre remarque n’est pas tout à fait vraie. Je crois que cela est dû au fait que la communauté nigérienne ici est un peu plus reservée. Néanmoins, on se retrouve entre nous et on organise des activités surtout sociales et culturelles ensemble, pas de politique panafricaine, là vous avez raison. La politique au sein de cette communauté se limite à la politique nigérienne. Cependant, quand j’étais Secrétaire Générale de l’Association des Nigériens en Allemagne (ANA), il y avait certains qui venaient à nos conférences. Il y en a même qui on eu à se déplacer de Hambourg à Munich pour assister au congrès panafricain. Mais je crois que c’était plus pour me soutenir que par conviction. Je pense, toutefois, que ça va bientôt changer, car même au Niger, l’esprit panafricain est entrain de gagner du terrain.

12. L´Europe pousse le Niger, situé sur le parcours des jeunes qui traversent la méditerranée, à la création de camps de rétention pour freiner ce flux migratoire. Est-ce la meilleure solution?

Dire que c´est l´Europe qui pousse le Niger dans cette histoire de construction de camp de rétention, je trouve que c´est victimiser et rendre l´État nigérien irresponsable. On ne peut pas continuer à blâmer l´Europe pour ce genre de choses. L´État nigérien a sa part de responsabilité dans cette histoire et il faut qu´on le reconnaisse. Reste à savoir ce qui le pousse à prendre une telle décision.

Mais ce qu’il faut savoir: les migrants n’ont aucun intérêt à se voir arrêter ou à camper à mi-chemin de leur parcours migratoire et quoi que l’État nigérien promette aux pays européens, la migration est un phénomène qu’on ne peut pas empêcher, car il est naturel et humain.

Depuis la nuit des temps, il y a toujours eu des mouvements des peuples à la recherche d’une vie meilleure. L’Afrique et l’Europe sont géographiquement deux continents très proches, mais économiquement très différents. L’écart est trop grand entre les conditions de vie africaine et européenne. Ce fossé de richesse absolue et de pauvreté extrême est pratiquement l’une des raisons principales qui pousse les africains à migrer vers l’Europe.

Pour y remédier, il faudrait songer à créer un certain équilibre. Ce qui revient à thématiser la misère et la pauvreté en Afrique, l’exploitation et la mauvaise gérance des économies et des richesses africaines, les crises politiques et les crises de guerres, sans oublier les effets néfastes du changement climatique. Sinon, tant qu’il y aura la pauvreté et le désespoir en Afrique, ce phénomène continuera. Les gens qui sont prêts à risquer leur vie dans le désert du sahara, dans les prisons libyennes ou dans la mer méditerranéenne, y sont poussés par le désespoir. Une victime de guerre, un persécuté politique, quelqu’un qui a vu son père ou sa mère mourir sous ses yeux parce qu’il n’a pas les moyens de payer les frais de médication, peut difficilement être dissuadé d´aller tenter sa chance ailleurs.

13. Comment trouvez-vous le stationnement des bases militaires occidentales au Niger?

J´en éprouve de la frustration. Imaginez-vous seulement une seule seconde le fait inverse: une base militaire nigérienne en France, en Allemagne ou aux USA, serait-elle tolérée par la population française, allemande ou américaine? Si ces pays-là veulent vraiment aider à sécuriser la vie des nigériens ou des africains comme ils le prétendent, ils n’ont pas besoin de stationner au Niger ou dans n’importe quel autre pays africain, mais il aurait été plus simple et plus honnête de le faire plutôt sous forme de formation ou d’aide logistique, matérielle ou même financière. Le Niger regorge assez de jeunes gens, qui s’ils sont bien formés sont capables de bien défendre la nation nigérienne.

Dr. Aïssa Halidou lors d’une conférence panafricaine à Munich en 2011

Je ne suis pas d’avis qu’un pays africain ait besoin de forces étrangères européennes ou américaines pour assurer sa sécurité. C’est une question de souveraineté. Les africains doivent apprendre à se débrouiller seuls au lieu de chaque fois tendre la main, voire même à bafouiller leur souveraineté ou dignité. Quand il y a eu la guerre en ex-Yougoslavie, est ce que les européens ont fait appel à une force africaine? Entre l’Afrique et l’Europe, lequel des deux regorge le plus de ressources humaines? Lequel des deux a plus de jeunes capables d´être incorporés dans l’armée?

 

La diaspora déplore le manque de structures d’accueil et d’ intégration en Afrique.

14. Ne pensez-vous pas que la diaspora devrait jouer un rôle plus actif pour renforcer la démocratie en Afrique et aider au développement?

Évidemment, ce serait la meilleure des choses, c’est aussi cela le combat panafricain. L’importance de la diaspora pour la prospérité et la restauration de la dignité du continent africain, donc des africains, a été le combat de toute la vie de Marcus Garvey. Il a prôné une collaboration de l’ensemble de la diaspora africaine (y compris nos frères et soeurs afro-américains et des îles caraïbes) pour que l’Afrique puisse bénéficier du transfert de compétences de ses filles et fils de cette diaspora et mieux prospérer dans un tel contexte de constellation.  William Dubois, par exemple, est mort au Ghana. Il n’était pas en tourisme là-bas, beaucoup ne le savent pas. Il a vécu ses dernières années au Ghana et était un très proche conseiller de Nkrummah.

Avec une telle conception, on serait loin de ces guerres tribales et ethnocentristes qui font tant de ravages sur le continent. Mais ce sont seulement les grands visionnaires qui le savent ou le conçoivent comme tel et le leadership africain actuel manque malheureusement de visionnaires. Il n’arrive même pas à faciliter le retour de la diaspora de notre génération. Il devait y avoir des structures d’accueil pour faciliter le retour et l’intégration de la diaspora. Je connais pas mal de jeunes qui ont étudié ici et ont voulu rentrer et cela n’a jamais marché car aucune structure n’existe pour faciliter le retour de ces citoyens. Ces derniers finissent par rester ici en Europe ou immigrent vers le Canada et souvent par perte de repères. Le retour devient encore plus difficile malgré la volonté.

Souvent ce sont seulement les « fils et filles à papa » qui y retournent. C’est dommage pour l’Afrique, car la diaspora peut apporter beaucoup de know-how au peuple africain. En exemple, rien qu’à Hambourg, je connais pas mal d’ingénieurs d’origine camerounaise qui travaillent chez Airbus et construisent des avions, quelle perte énorme pour l’Afrique au profit de l’Allemagne! Mais là, on ne peut pas blâmer l’Allemagne, car c’est pas sa faute si les pays africains ne font rien pour récupérer leur filles et fils. Imaginez-vous tous ces fils et filles en Afrique, le potentiel que ça aurait représenté pour le continent?

15. Ces dernières années, il y a eu une importante montée de l’extrémisme de droite un peu partout en Europe. Cela est-il dû aux vagues importantes de réfugiés arrivées ces dernières années en Europe?

La menace de l’extrême droite est certes d’actualité en ce moment avec toutes ces vagues de réfugiés qui viennent en Europe. Mais en réalité c’est aussi une conséquence de l’ingérence politique extérieure européenne et occidentale. Parce que si vous regardez bien de près, ces pays d’où ces réfugiés viennent, que ce soit pour des raisons économiques ou de guerre, il y a toujours eu une ingérence occidentale dans leurs pays d’origine. Les pays occidentaux ont toujours eu leurs mots à dire dans la déstabilisation de ces pays. J’appelle ca déstabilisation, parce qu’après chaque intervention militaire, c’est l’anarchie totale qui a été laissé en place et les populations souvent en proie à des exactions de tout genre ou à l’extrémisme religieux.

Si on prend le cas de la Libye, quand Kadhafi était encore en vie, bien qu’il était « dictateur », vous avez vu des libyens venir demander l’asile ou se réfugier ici? Non! Il existait un système étatique et même social comme ici en Europe en Libye. Mais aujourd’hui, les libyens quittent leur pays pour aller se chercher ailleurs, y compris les autres immigrés des pays au sud du sahara qui étaient là-bas. La majorité de tous ces gens venus de Lampédusa vivaient paisiblement en Libye mais ils se sont retrouvés ici et beaucoup d’autres sont morts en méditerranée. Ce qui ont survécu, beaucoup d’entre eux sont encore traumatisés et dans des situations irrégulières avec un avenir incertain ici. J’en connais pleins à Hambourg et à Berlin, sûrement que vous en connaissez aussi à Cologne.

On veut combattre l’extrême droite en Europe, mais les gens ne se posent pas souvent la question sur les causes ou les sources de cet extrémisme. Il faut que cela soit analysé clairement, sinon cela se répétera comme on le voit aujourd’hui encore avec le cas de la Syrie. Au lieu de se plaindre de l’arrivée des réfugiés, il aurait était plus efficace de s’opposer aux interventions militaires et trouver d’autres solutions alternatives et la majorité de ces réfugiés seraient restés chez eux. Il faut qu’on fasse un bilan rétrospectif de ces interventions, se demander: qu’est ce que sont devenus l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, après les interventions militaires? Et aujourd’hui la Syrie? Sinon, demain ce sera quelque part d’autre.

En tout cas, je suis d’avis que s’il y a dictature ou oppression, c’est aux populations concernées de se soulever contre leur oppresseur ou dictateur. Même si ça ne va pas bien, c’est mieux que le chaos et l’anarchie avec toutes ces pertes en vies humaines, ces mouvements migratoires et cette misère.

16. Avec cette année électorale en Europe, les élections en France et en Hollande vous n´avez pas la crainte que l´élection d´un candidat de droite ne puisse avoir une incidence sur la diaspora africaine?

La crainte est toujours là mais je me dis que nous sommes déjà dans un cadre où on sait à quoi s’attendre. Il faut être sur nos gardes et voir comment s’organiser pour lutter contre.

Si les populations occidentales décident de changer de régimes et veulent se donner un régime d’extrême droite, nous n’y pouvons rien. Nous ne sommes que des minorités. C’est à elles de décider qui elles veulent comme dirigeants. Nous ne pouvons apporter que notre contribution pour diminuer le plus possible les effets néfastes de leurs décisions. Nous devons chercher ce qu’on peut faire pour ne pas que cela ait des incidences à notre encontre.

La preuve, comme récemment aux USA, beaucoup ne s’attendaient pas au triomphe de Trump. Mais il est élu et on n´y peut rien changer. Mais ce qui est sûr, je ne peux pas m’imaginer Frauke Petry comme chancelière en Allemagne. On est très loin de ça. L’Allemagne est un pays qui a beaucoup souffert de l’extrémisme nazi, et je crois que les allemands ont bien appris leur leçon qu’ils ne peuvent plus donner de chance à aucune autre forme d’extrémisme que ce soit. Le danger que l’extrême droite prenne le pouvoir était beaucoup plus attendu en Autriche, mais elle a échoué. On attend de voir ce qu´il en sera en France  avec Marine Le Pen. En Hollande, Geert Wilders vient d´échouer. Dans les autres pays c’est pas aussi relevant que ça, mais néanmoins il faut rester vigilant.

17. Il est constamment reproché aux Présidents africains de vouloir faire plusieurs mandats successifs. Alors qu’on constate cette année qu’en Allemagne la chancelière Angela Merkel brigue un quatrième mandat. Quelle analyse en faîtes-vous?

Personnellement, je n’ai rien contre le fait que la chancelière Merkel brigue un quatrième mandat, bien que j’aime pas trop son parti, je la trouve très compétente pour l’Allemagne. Mais si on veut prendre l’exemple sur l’Allemagne en comparaison avec les pays africains dans un tel cas, il faut remarquer que la constitution allemande n’interdit pas à la chancelière de briguer un quatrième mandat. Contrairement à la constitution de beaucoup de pays africains, particulièrement ceux des anciennes colonies françaises, qui sont les bons élèves de la France et qui ont tout copié de la constitution française sans penser aux réalités africaines.

Aucun chef d’état en occident ne peut remédier aux maux de l’Afrique.

18. À propos de la France, il y aura bientôt les élections. Quel candidat pensez-vous pourrait aider l’Afrique à sortir de la Françafrique. Qui souhaiteriez-vous qu’il soit élu.

Que ce soit en France ou ailleurs en occident, je pense qu’il n’y a aucun chef d’état en occident qu’on pourrait en tant qu’africain et panafricain dire qu’il peut remédier aux maux de l’Afrique. Il serait naïf d´y penser. C’est une erreur fatale de le croire. Cela doit être clair dans la tête des africains et leurs leaders politiques. Donc tous ceux qui vont venir, je pense qu’il faut seulement faire avec. C’est surtout le retour de Sarkosy que je ne voulais pas, mais il n’a même pas pu résister aux primaires.

Pour la diaspora africaine en France et selon le brainstorming actuel des candidats, je tendrais probablement vers Macron, non pas que j’ai espoir qu’il va changer quelque chose, mais je pense qu’il est un peu porteur d’espoir pour la jeunesse française et politiquement je le trouve un peu plus intéressant que les autres. Il m’a l’air de quelqu’un qui sait ce qu’il veut.

19. L’un des candidats favoris aux élections présidentielles en France, François Fillon est accusé de détournements de fonds. Quelle analyse vous en faîtes, quand on sait que les dirigeants africains sont souvent considérés comme les plus corrompus par les presses occidentales?

Dr. Aïssa Halidou avec l’ancien Président brésilien Lula Da Silva à Berlin

Je trouve cela très regrettable que les français tolèrent la candidature de Fillon, qui n’est d’ailleurs pas le seul dans ce genre d’affaires sales de corruption et de népotisme et qu’on sait que la France est l’un des pays qui aime bien jouer à l’apôtre moral pour d’autres pays, alors que les brésiliens ont fait partir Rousseff, malgré tout ce que le Parti du Travail a fait pour le peuple brésilien à travers Lula.

 

 

Vous me rappelez justement une des interviews de Louis Farrakhan avec un journaliste américain qui faisait remarquer que le Nigeria est le pays le plus corrompu au monde et Farrakhan lui a démontré qu’il n’y a pas un pays plus corrompu que les USA. Je ne veux pas rentrer dans les détails, mais quand vous analysez bien certains faits, comme quand on mène des guerres pour des intérêts économiques nationaux ou quand on achète des matières premières à vil prix, vous allez remarquer que la corruption est tellement institutionnalisée dans certains pays occidentaux qu’elle ne se fait plus visible, tellement elle est normale. Néanmoins, je trouve qu’elle doit être condamnée partout, surtout si les biens de l’État sont en jeu.

20.  Quel est votre dernier mot envers les africains en général et la diaspora africaine ici en Europe ?

Il faut continuer à avoir espoir qu’il y aura un lendemain meilleur pour l’Afrique et les africains, y compris la diaspora. L’espoir est source d’énergie, l’énergie est le moteur qui conduit vers l’objectif et chacun de nous doit apporter sa contribution, de quelque nature que ce soit.

À propos de l'Auteur Apollinaire SÉRY (ivoirois.com)

«La France sait que le Niger fait face à de lourdes menaces, concrètes et meurtrières, sur sa frontière libyenne, sur sa frontière malienne… Nous vaincrons ensemble, car nous désirons, d’un même cœur, les mêmes joies pour nos enfants, une société…

il y a 14 heures 34 min

« Monsieur le Président de l’Assemblée nationale du Niger, Honorable Tinni Ousseini,
Mesdames et Messieurs les députés,
Honorables collègues,
Je vous remercie de m’accueillir parmi vous, dans cet hémicycle. Je mesure l’honneur qui m’est fait de m’exprimer dans le temple de la démocratie nigérienne. J’ai en face de moi les visages amis de la représentation nationale d’un pays cher aux cœurs de mes compatriotes. J’ai en face de moi la nation, le peuple d’un pays avec qui nous partageons tant d’espoirs, tant de projets, tant d’enthousiasme.

Mes collègues députés partagent avec moi la solennité de ce moment rare. Sandrine Mazetier, Vice-Présidente de l’Assemblée nationale et députée de Paris, François Loncle, député de l’Eure, Bernard Lesterlin, député de l’Allier, m’accompagnent pour porter au peuple nigérien ce message de fraternité.

Cette visite n’est pas une simple visite de courtoisie. Elle s’inscrit dans le droit fîl d’une amitié profonde, ancienne et dense, celle qui lie, depuis l’indépendance, la France et le Niger, le Coq et le Soleil, l’Europe et l’Afrique. Les rencontres bilatérales entre nos deux pays sont trop nombreuses pour que je les évoque ici. Je veux cependant saluer tout particulièrement Brigi Rafini, votre Premier ministre, qui nous a honorés de sa visite en France il y a quelques semaines à peine et que j’ai eu l’honneur de recevoir à l’hôtel de Lasay. Je rends un hommage également à votre Président de la République, M. Issoufou, que nous accueillîmes à l’Assemblée nationale en juin dernier, et qui rencontre notre Président de la République François Hollande à la fin du mois. J’ai eu également l’occasion de m’entretenir avec votre prédécesseur cher Tinni Ousseini, en janvier 2015, en marge de la réunion du Bureau de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Ces rencontres fréquentes, et au plus haut niveau, sont le signe à la fois de l’amitié qui nous unit, et de la coopération que nous menons, de l’action commune que nous construisons ensemble. Mais notre rencontre d’aujourd’hui est particulière. Je mesure l’honneur que vous me faites en m’invitant à m’adresser à travers vous, chers collègues, à l’ensemble du peuple nigérien. Les Parlements sont l’expression de la souveraineté populaire, le lieu où vit la démocratie, entre ces murs de l’Assemblée nationale surmontés, chez vous, du magnifique soleil de l’indépendance.

Nous savons, en Afrique comme en Europe, que la souveraineté du peuple ne tombe pas du ciel. Elle est le fruit d’un combat, une victoire acquise de haute lutte, quelquefois par les révolutions, d’autre fois par l’évolution consciente de l’Histoire, en tout cas par la lutte contre toutes les dominations. Nous savons que ce combat-là n’est jamais terminé, qu’il se prolonge chaque jour, et que la vigilance est de mise pour ne jamais retomber dans les ténèbres de l’oppression.

Dans nos mandats parlementaires, nous incarnons, nous faisons vivre cet idéal, tous les jours. Car sans la pluralité des opinions et la confrontation des idées politiques, la démocratie n’existe pas.

Je vous parle un 21 mars, le jour du printemps, et je mesure, à la vision d’une nation assemblée, que de nombreux printemps des peuples ont été nécessaires pour qu’ici, aujourd’hui, nous puissions débattre, parler et agir pour nos peuples, les seuls souverains.

Le rôle du Président d’une Assemblée nationale est sur ce point fondamental, et je veux saluer le travail et l’engagement de l’Honorable Tinni Ousseini, que vous avez choisi en mai 2016 pour être le premier d’entre vous.
Cher Tinni Ousseini, je connais comme vous l’émotion qui accompagne une telle élection, le sentiment de responsabilité, la gravité de ce mandat. Nous mesurons chaque jour l’ampleur de la tâche et en même temps, l’infinie beauté de ce mandat au service de nos institutions et surtout de nos peuples respectifs. Nos deux assemblées se connaissent bien. Rémi Schenberg, directeur général des services législatifs, qui m’accompagne aujourd’hui, peut en témoigner. Les activités de coopération sont entre nous soutenues.

Plusieurs missions sont organisées entre nos fonctionnaires sur le travail en commission, la rédaction des comptes rendus, la déontologie, la gestion de l’informatique, les formations en légistique, et en ce moment sur l’analyse des documents budgétaires ou la programmation pluriannuelle des finances publiques. Vos fonctionnaires sont régulièrement les bienvenus au sein du cycle international d’administration publique que l’Assemblée nationale organise avec le Sénat et l’Ecole nationale d’administration. Nous marchons main dans la main vers un pouvoir parlementaire toujours plus puissant et solide, toujours plus digne de l’exigence de nos mandants.

Dans notre monde, dans les temps que nous vivons, agir au service des peuples ne peut se faire que par la coopération accrue. La France et le Niger sont depuis toujours des partenaires privilégiés. Le 7 février dernier, dans le cadre de la visite officielle de Brigi Rafini en France, nos Premiers ministres respectifs ont officialisé le prolongement de cette coopération pour nous emmener vers l’avenir. Je me réjouis de la signature du cadre de coopération 2017-2021, qui symbolise l’engagement déterminé de nos deux pays pour un partenariat inscrit dans la durée.

Ce programme s’articule, pour être le plus efficace possible, avec la programmation conjointe de la Commission européenne et des Etats membres de l’Union européenne. Nous pourrons ainsi agir ensemble sur quatre priorités de notre action publique, pour l’avenir du Niger : la maîtrise de la croissance démographique, la gestion des flux migratoires, la promotion de l’égalité hommes/femmes et la lutte contre le changement climatique.

Je l’ai dit, cette volonté commune est plus qu’un symbole : c’est une nécessité. Car nous entrons, nous sommes déjà entrés, dans un nouveau monde. Les enjeux cruciaux qui se posent à nous et dans lesquels s’écrira l’avenir des peuples nous confèrent un triple devoir.

Devoir de lucidité d’abord, pour ne pas se tromper de combat, et ne pas se laisser enfermer par les idées et les solutions d’hier au moment où il s’agit d’écrire l’avenir. Notre monde est un nouveau monde. Les défis y pullulent, du changement climatique à la révolution numérique, du défi démocratique au choc démographique.

Devoir démocratique ensuite, pour ne jamais revenir en arrière sur les acquis que nous avons obtenus. Il nous faut mesurer, à chaque instant, ce que cela signifie.

Le peuple nigérien a fait preuve d’un héroïsme indubitable pour conquérir sa liberté, pour demander toujours, avec opiniâtreté, avec passion, avec ténacité, plus de démocratie, plus de liberté, plus d’égalité.

Fraternité, travail, progrès, comme le dit votre belle devise. L’élan de l’indépendance était celui d’un peuple qui se voulait libre, qui voulait fonder une nation fière, une nation de frères, par-delà les différences ethniques et religieuses, une nation de travailleurs qui savent que rien ne s’acquiert sans prix, une nation de progrès, pour construire un avenir meilleur. Devoir, enfin, de coopération, de solidarité et d’entraide. Car les défis du nouveau monde nous concernent tous, et qu’aucun de nous ne peut espérer les relever seuls.

L’exemple le plus frappant est à l’évidence celui de la transition écologique que nous devons enclencher, et que nous devons réussir. Face au changement climatique, et à l’heure où les climato-sceptiques reviennent dans le monde à la tête des plus grandes démocraties, nous n’avons pas le choix : il faut s’unir. C’est possible, car nous l’avons fait !

En 2015, l’Accord de Paris a pour la première fois exprimé la volonté universelle de reprendre la main sur notre avenir, à travers l’adoption d’objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Quel exemple devant la postérité de la force de la volonté humaine !

L’élan de l’accord de Paris s’est prolongé lors de la COP 22, à Marrakech, où l’implication des pays africains, dont le Niger, a marqué une nouvelle étape cruciale dans ce chemin qui doit nous conduire vers un monde meilleur. Autour d’une question centrale, celle de la gestion de l’eau, il y a eu des avancées fortes, l’expression d’une vraie volonté politique. Le gouvernement du Niger en a d’ailleurs fait l’une de ses priorités, en s’engageant à réaliser 1,7 milliards d’investissements dans le secteur de l’approvisionnement en eau et de l’accès à l’assainissement des populations. Dans le cadre de notre coopération bilatérale, ce sujet crucial de la gestion de l’eau, qui est la ressource incontournable de l’avenir, et d’ailleurs de tous les temps, est aussi très présent.

Je visiterai chez vous deux usines de production d’eau potable qui approvisionnent la capitale, les usines de Goudel et de Yantala, qui sont le fruit d’un partenariat réussi entre la Société d’exploitation des eaux du Niger, filiale du groupe français Veolia, et la Société de patrimoine des eaux du Niger, société d’Etat.

Oui, sans la coopération, rien n’est possible. Et depuis maintenant près de soixante ans, la France et le Niger œuvrent de concert pour bâtir l’avenir et préparer le monde que nous laisserons à nos enfants. Nous le faisons dans le cadre de la Francophonie, dont le premier président du Niger, Hamani Diori, était, avec Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba et Norodom Sihanouk, l’un des pères fondateurs. Nous nous recueillerons dans un instant dans l’hémicycle où ce rêve s’est réalisé, mettre ensemble les peuples du monde partageant cette langue sublime, artiste et politique que nos écoliers apprennent dans les poésies et les romans d’Afrique. L’Afrique qui, décidément sait mettre les poètes à la tribune, puisque Boubou Hama, le grand poète nigérien, fut président de votre Assemblée si longtemps, de 1958 à 1974.

Boubou Hama, qui sut récolter toute sa vie les contes oraux des bords du fleuve Niger, cette littérature incomparable. Boubou Hama, justement, écrivait justement: «Aujourd’hui demeure en demain ». Nous essayons de préparer demain à travers la coopération diplomatique, culturelle, l’aide au développement, et la coopération décentralisée, qui compte aujourd’hui une trentaine de partenariats à travers l’ensemble du territoire nigérien. Nous le faisons enfin, depuis 2013, dans le cadre de la coopération de sécurité et de défense, face aux menaces qui pèsent sur la région saharo-sahélienne.

Le Niger et la France sont depuis toujours deux nations partenaires. Ce sont aussi deux peuples unis par des liens humains multiples. Depuis 2013, nous sommes également frères d’armes, au Mali et dans toute la bande sahélo-saharienne, contre le terrorisme sous toutes ses formes. J’étais ce matin avec le détachement de l’armée de l’air française déployé ici même, à Niamey, dans le cadre de l’opération « Barkhane ».

Lutter contre le terrorisme, en particulier contre Boko Haram, c’est protéger ensemble l’Afrique, le Niger, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad, toute la région saharo-sahélienne dans laquelle vivent plus de 70 millions de personnes. C’est aussi protéger la France et l’Europe toute entière, menacées elles aussi par l’hydre du terrorisme. Nous en gardons le souvenir meurtri. Nous sommes dans le même camp, le camp de celles et ceux qui veulent vivre, aimer et sourire. La France sait que le Niger paye un lourd tribut au terrorisme, des morts par centaines, des centaines de milliers de réfugiés dans la région de Diffa. La France sait que le Niger fait face à de lourdes menaces, concrètes et meurtrières, sur sa frontière libyenne, sur sa frontière malienne… Nous vaincrons ensemble, car nous désirons, d’un même cœur, les mêmes joies pour nos enfants, une société libre, humaine et solidaire.

Quelle que soit la direction dans laquelle on regarde, il semblerait que les défis du nouveau monde se cristallisent sur votre continent. Aujourd’hui plus que jamais, sans l’Afrique, rien n’est possible. Je vais vous dire ma conviction : l’avenir est en Afrique. Le choc démographique qui arrive parle de lui-même : d’ici 2100, la population africaine globale aura certainement quadruplé. Le Niger, avec un taux de croissance démographique de 4% en moyenne, est emblématique de cette évolution. Cette croissance est une chance, d’abord par les opportunités économiques qu’elle ouvre. Avec 5 % de croissance estimée en 2016 et plus encore en 2017, le Niger apparaît comme une terre d’avenir. A condition toutefois d’accompagner intelligemment cette croissance.

L’accompagner vers quoi ? C’est là que votre rôle est crucial, Mesdames et Messieurs les députés, c’est là que chacun d’entre nous, dans nos mandats, nous pouvons influer sur l’avenir. Ce qui doit toujours nous guider, ce sont les principes fondamentaux de nos pays, qui expriment les aspirations profondes des peuples. Je reprends votre belle devise, fraternité, travail, progrès : voilà vers quoi tend la société nigérienne.

Un avenir plus fraternel, c’est d’abord un avenir dans le droit, pour assurer la reconnaissance de chacun. Cette égalité est inscrite dans votre loi fondamentale, notamment à travers la reconnaissance de toutes les langues nationales. Cette égalité concerne tous les citoyens, indépendamment de toute considération de sexe, d’origine sociale, raciale, ethnique ou religieuse.

C’est pourquoi la France s’était réjouie de la priorité donnée à l’éducation des filles que le président Issoufou avait inscrite dans son programme, en février 2016. Je veux redire ici à quel point ce sujet est crucial, d’autant plus lorsqu’on regarde l’évolution démographique du Niger. L’éducation des filles est la condition d’une société nigérienne épanouie demain. Nous espérons donc que la promesse présidentielle pourra être mise en œuvre sans tarder.

C’est pour cela aussi qu’il faut lutter contre les inégalités, toutes les inégalités, en assurant la répartition des richesses selon le principe de justice sociale.

Le travail, deuxième point de votre devise, est inscrit au cœur de l’identité nigérienne. Tout au Niger montre la force d’ouvrage du peuple nigérien. Votre magnifique emblème national porte d’ailleurs, à côté des épées touaregs et de la lance qui représentent l’héroïsme au combat, les épis de mil de l’agriculture et la tête de zébu de l’élevage. Et les Nigériens ont appris dans l’histoire, comme les Français et comme tous les peuples, que les travailleurs conquièrent l’avenir de leur pays, qu’il faut les protéger, les stimuler, leur donner confiance et ne jamais les abandonner. Le progrès enfin, par tous, pour tous, et toujours au service de la justice sociale. C’est l’élan qui porte la civilisation vers l’avenir. Il n’a de sens qu’à condition d’exister concrètement, dans la vie de chacune et de chacun de nos concitoyens. Le progrès social n’existe que par la redistribution, la mise en commun, sans oublier personne, sans laisser personne sur le bord de la route.

Chers amis, chers collègues,
II y a chez vous, je crois, un proverbe qui dit que « la gourde qui est pleine ne fait pas de bruit ». Il me semble que le Niger peut s’apparenter à cette gourde, pleine de ressources, de richesses, de potentialités à exploiter, pleine de la vitalité de son peuple, des mille voix du Niger.

Que la discrétion nigérienne sur la scène internationale n’abuse donc personne. L’avenir avance et il sera africain, il sera nigérien. Il sera celui de ces 20 millions de Nigériens qui travaillent, qui cultivent, qui récoltent, qui élèvent, qui produisent, qui extraient les ressources du sol, qui commercent et qui créent de la richesse. Vous trouverez toujours la France et l’Europe à vos côtés.

Il sera celui de ces paysages splendides, ceux du Ténéré, le désert des déserts, du fleuve Niger, le fleuve des fleuves. Il sera celui de ce parc magnifique, le parc national du W du Niger, situé entre les méandres du fleuve Niger, doté d’une richesse biologique incroyable et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Il sera celui d’un pays, le Niger, qui, à l’image de l’Arbre du Ténéré dont la silhouette de métal demeure désormais, pour l’éternité, fièrement dressée en plein cœur du désert, trouve la sève de la vie jusque dans les environnements les plus stériles. Un pays dont les conditions parfois difficiles n’épuisent jamais la vitalité, un pays qui vaincra toujours par sa vigueur, par sa force d’âme, par son désir de se dépasser et de construire une vie meilleure.
Boubou Hama, le poète président, l’a si bien chanté : « Mes enfants » écrivait-il, « continuez de chercher le secret de l’homme ; continuez l’Afrique. Des fleurs oubliées du passé, faisons le parterre sublime de l’avenir d’un monde nouveau, tel est le but final de la raison initiatique ».

La France sera aux côtés du Niger dans chaque étape de ce chemin qui nous emmène vers le nouveau monde. A l’heure où certains veulent bâtir des murs, nous savons, nous, quel espace merveilleux de partage et d’échange représentent ces mers qui nous séparent, mais aussi qui nous relient. Enfant de Méditerranée, je me souviens de cette traversée, un jour de 1960, qui m’emmenait d’Afrique en Europe, de Tunisie en France. Je sais la force des histoires qui cheminent à travers les continents, à travers les cultures, à travers les mondes.

Je vois déjà se dessiner les routes de l’avenir, les chemins mystérieux, en forme de voies ferrées, de lignes aériennes, de câbles téléphoniques ou de réseaux invisibles, en forme d’interdépendances et de connections, de créativité artistique, économique et politique qui seront ceux de nos enfants. Les routes nouvelles s’inventent au gré des aventures des hommes.

Les défis du nouveau monde sont immenses. Mais notre détermination, notre envie, notre amitié ne le sont pas moins. Notre imagination est prête à relever ce défi formidable, celui d’une génération, le défi du nouveau monde. Notre désir de partage, de solidarité, est prêt à créer l’union, l’entraide, la coopération, partout où c’est possible. Notre volonté de choisir notre avenir, de construire nous-mêmes ce nouveau monde, au lieu de le subir, vaincra toutes les réticences frileuses qui s’y opposent ici et là. Nous le savons, en France comme au Niger : rien ne résiste à l’élan du progrès. C’est ainsi qu’ensemble, je le souhaite, nous avancerons, et nous ferons avancer le monde vers un avenir radieux, à l’image de ce soleil éclatant qui orne votre drapeau, le soleil de la liberté, le soleil du progrès, le soleil de l’espoir.

Je vous remercie. ».

À propos de l'Auteur Source: ONEP