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Mis à jour : il y a 17 min 4 sec

IBRAHIM YACOUBA, le cube Maggi de la politique nigérienne

il y a 17 heures 18 min

 

Depuis un certain temps circule sur les réseaux sociaux, un article  sous-titré « hommage au Mandela de Doutchi ». L’auteur dans cet article militant compare le personnage à la fois à Mandela et à Martin L. King Jr. Avant d’analyser froidement ce bestseller du nouveau Shatan Niger,  Président de la sous-section MPN à Washington DC/MD /VA, rappelons tant soit peu les temps forts de Nelson Mandela, le héros africain, qui,  toute sa vie, a lutté pour la grandeur et l’honneur de l’Afrique du Sud et plus généralement du prestige et de la dignité de notre Continent..

Humilié, battu, embastillé pendant plus de 26 ans, Mandela est resté fidèle à sa posture du grand  combattant de la liberté. Elu 1er Président noir de l’histoire de l’Afrique, il s’est éclipsé après son 1er mandat une fois que les jalons de la démocratie furent solidement installés dans son pays.

Quant à Martin Luther King (MLK), le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix en 1964, fut l’apôtre de la non-violence et de l’émancipation des Noirs américains. Mort assassiné en avril 1968 dans le Tennessee, MLK était en effet un vrai militant non-violent pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, en même qu’il œuvrait pour la paix et luttait contre la pauvreté. Son charisme lui a permis d’organiser et de diriger des actions telles que le boycott des bus de Montgomery pour défendre le droit de vote, la déségrégation et l’emploi des minorités ethniques.

Son célèbre discours du 28 août 1963: ‘I have a dream’ devant le Lincoln Memorial  à Washington durant la marche pour l’emploi et la liberté n’avait pas laissé indifférent le grand Président John F. Kennedy qui l’a soutenu dans sa lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis. L’essentiel des droits que MLK a défendus seront promus par le « Civil Rights Act » et le « Voting Rights Act » sous la présidence de Lyndon B. Johnson.

Pour ces exploits et tous les services rendus à la communauté américaine et, au-delà, à la communauté internationale, Martin Luther King s’est vu décerné, à titre posthume, des distinctions telles que : la médaille présidentielle de la Liberté par Jimmy Carter en 1977, le prix des droits de l’homme des Nations unies en 1978, la médaille d’or du Congrès en 2004 ; A ce jour encore MLK est considéré comme l’un des plus grands orateurs américains.  Enfin depuis 1986, le Martin Luther King Day est consacré jour férié aux États-Unis.

Alors qu’a fait Ibrahim Yacouba puisque c’est de lui qu’il s’agit pour mériter un tel honneur et une telle dignité?

Pour l’auteur de l’article, Ibrahim Yacouba est » un tribun hors pair, charismatique et imbu de patriotisme et de l’amour pour son pays ; cet homme de poing a la volonté, l’énergie et l’ambition farouche de redresser le pays. Mieux, il incarne une nouvelle génération de politiciens globetrotteurs qui connaissent comment diriger et délivrer pour le peuple rien que le peuple dans un monde qui change très rapidement et où chacun se serre les coudes. Un monde qui crie ‘Gare aux derniers’ !!!.

Les yacoubistes veulent élaborer une autre recette digne de ce siècle pour que le Niger ne soit plus classé dernier du peloton mondial. Les yacoubistes militants de gloire dont l’hymne national ‘la nigérienne’ sert d’acte de foi : ils veulent enfin voir le Niger véritablement debout. « Debout-Niger-Debout ! » chantent-ils car les partisans d’Ibrahim Yacoubou veulent en finir avec un système politique nigérien ringard caractérisé par des corrompus qui s’accrochent et qui nourrissent leurs ambitions personnelles sur le dos du peuple ».

Voilà les faits majeurs de Ibrahim Yacouba,  selon son Balla Fasseké, qui ajoute que « la preuve lorsqu’en faisant ses premiers pas politiques dans le parti présidentiel c’est à dire au sein du système, vite, vite il a été viré du PNDS par les cénacles car sa vision et sa popularité gênaient des hommes de ce parti ».

Laissons les caciques du PNDS répondre à cet affront.

« Depuis sa création en 1990, notre parti n’a jamais été confronté à une telle épreuve, jamais sa direction n’a vu son autorité défiée à ce point, jamais nos règles n’ont été bafouées de cette façon et jamais, un camarade, n’a eu si peu d’égards pour les impératifs d’unité et de discipline, dont seule l’observance stricte nous a permis de tenir face aux nombreuses vicissitudes par lesquelles nous sommes passés. » Le CEN du PNDS reproche entre autres au sieur Yacouba sa boulimie et sa propension à s’accaparer des instances du parti pour assouvir ses ambitions personnelles.

« Depuis qu’il s’est piqué l’idée de faire la politique dans notre parti, tout en restant paradoxalement dans le cadre des douanes, M. Ibrahim Yacouba n’a eu en vue que sa promotion personnelle. Ses nombreux moyens financiers, pour le moins étonnant quand on sait qu’il s’agit d’un agent de la fonction publique, qu’il investit soi-disant dans le parti, il ne les investit que pour assurer son prestige personnel et conforter son image, telle qu’il la cultive d’un homme riche, le seul capable, distribuant de façon cupidement intéressée, motos, mosquées, ambulances et autres boubous ».

Le Comité Exécutif National ajoute que « dans sa déclaration du 23 août 2015, Ibrahim Yacouba a exprimé tout son mépris pour Foumakoye Gado et les camarades dirigeants les structures de Doutchi, les traitant d’impopulaires et d’incapables, oubliant que quand lui faisait, grâce à la Douane, cet argent dont il se prévaut aujourd’hui et sur lequel il compte tant, eux étaient au parti dans le dénuement total faisant passer nos suffrages de 9000 voix en 1993 à 71.000 voix en 2011. Contrairement aux idées qu’il développe, en atterrissant par effraction dans les structures de notre parti à Doutchi, après ses déboires à Maradi à l’issue d’une précédente tentative similaire, il n’a pas découvert un désert mais un parti en pleine expansion… »

Toujours dans son réquisitoire, le Comité Exécutif National du PNDS indique que « ce qu’il a depuis lors entrepris, ce n’est pas de renforcer le parti mais de mobiliser certains de nos propres camarades parallèlement à nos structures et en utilisant ces camarades dans son projet fractionniste dont l’objectif ultime est de faire main basse sur nos structures à travers une véritable OPA, basée sur l’usage de l’argent et l’instrumentalisation d’arguments indécents totalement méconnus dans notre parti.

Dans son obsession morbide d’assurer son autopromotion, M. Ibrahim Yacouba a poussé le ridicule au point de promouvoir le port d’un bonnet particulier utilisé par ses partisans comme un véritable signe de ralliement, symbole d’une dissidence rampante. C’est apparemment sa conviction du caractère messianique de son entreprise qui explique son arrogance et la facilité avec laquelle il use des méthodes de rébellion les plus surprenantes, comme cela a été le cas le 23 août 2015. Mais, Ibrahim Yacouba veut jouer les messies, il s’est trompé de cadre en pensant pouvoir le faire au PNDS ».

Le Shatan Niger cite également le passage de son héros dans l’administration des douanes où « il servit à Niamey tout comme à l’intérieur du pays avec brio et compétence. IB, l’altermondialiste confirmé et syndicaliste hors pair ». « Au Niger il était à l’avant-garde du mouvement syndical et de la société civile. Diplomate Habile et Visionnaire En confiant à IB notre Diplomatie, le président Mahamadou Issoufou (dont nous critiquons souvent sur cette plateforme) a marqué un point. Pour une fois, le président du Niger a bien vu. Il a enfin fait le bon choix, un jugement dont les retombées seront bénéfiques pour le pays.

En effet le champion du patriotisme nigérien M Ibrahim Yacoubou est un homme qui écoute et un homme de négociations par excellence (son passage à la tête du SNAD : le Syndicat National des Agents de Douanes en ait pour quelque chose). Où peut-on mieux écouter et négocier si ce n’est aux Affaires Etrangères et à la Diplomatie ? Sur ce point-là le président et son premier ministre ont bien fait en y plaçant l’homme qu’il fallait à la place qu’il fallait. En effet écarté du PNDS par des ambitieux cénacles de ce parti, IB refusa de signer ‘sa mort politique’ et pourquoi le ferait-il d’ailleurs? lui qui connait mieux que ses détracteurs d’hier au PNDS les affres de l’injustice sociale ?

Les qualités de ce ‘jeune loup’ dans la politique sont immenses : il est du genre à être efficace partout. Il est la clé passe partout qui peut servir partout et à tous les temps. Ainsi donc au ministère des Affaires Etrangères, le camarde IB a la lourde mission de faire rayonner l’image du Niger. Du reste, nous sommes fiers du président de notre mouvement. Le slogan le « Niger Autrement » est toujours en vogue ! Kai 2021 c’est Gobé !!! ».

Emboîtant le pas à shatan Yacouba le dogon loma de la diplomatie nigérienne l’ombre de l’ombre le spécialiste des renseignements, l’actuel locataire de la voix du Niger à l’ONU ne tarit pas d’éloges sur son patron.

« Le nouveau visage de la diplomatie nigérienne, disait-il sur sa page FACEBOOK !

Je suis impressionné par sa grande connaissance des dossiers et des questions internationales.

L’étoffe des grands hommes.

Fier de servir sous ses ordres. »

Cet appel de pieds ne surprend personne car notre representant a survécu à tous les régimes depuis koutché.    C’est dire que Maggi poulet et Maggi cube sont les mêmes racines de la même équation.

 

Ça, c’est la vision du militant, l’appel de pieds du griot. Déjà on se rappelle de la conclusion de la déclaration du CEN tarayya consacrant l’exclusion d’Ibrahim Yacouba.

Pour le PNDS en effet, « le plus choquant et le moins acceptable, c’est de voir le Directeur de Cabinet adjoint du Président de la République, défier les autorités publiques en maintenant une manifestation interdite avec tous les risques de troubles que cela comporte. Nous comprenons d’autant moins son comportement, que nous avons fait de lui ministre d’abord et Directeur de cabinet adjoint du Président de la République ensuite alors qu’il était acteur de la société civile, qu’il ne réclamait pas de notre part et que nous ne nous attendions même pas à ce qu’il le fasse un jour. »

Ibrahim Yacouba est un homme trop pressé et trop ambitieux. C’est un spécialiste d’intrigues. Son passage à la tête du syndicat des douanes atteste de sa capacité de nuisance. En effet, après avoir défait Ibro Ayouba, il le pourchassa jusqu’à son exclusion de la douane. Il se servi ensuite de la lutte altermondialiste pour tisser des réseaux à lui. Il intégra le monde des sports, d’abord le basket ball où il devient président de la fédération et le football en créant un club à Maradi qui le propulsa à la vice-présidence de la Fenifoot, non pas pour promouvoir le sport mais pour sa visibilité personnelle.

A la faveur du coup d’état du général Salou, il intégra le CCN où il devient le Rapporteur général, poste qui lui a permis d’entrer dans les bonnes grâces des putschistes et de se retrouver « proposer » par le général ministre dans le nouveau gouvernement de Issoufou Mahamadou. A la tête du Ministère des transports, il initia la plus grande opération de démolition des maisons privées jamais organisée au Niger. Cette destruction des maisons acquises difficilement plusieurs décennies durant, jeta dans  la rue de nombreuses familles (femmes, enfants et vieillards) désemparées sans aucune ressource. Un Mandela ou un Martin Luther King n’aurait jamais posé un tel acte inhumain.

Récompensé par le poste de Directeur de cabinet adjoint du Président de la République, il mettra toute son énergie à la création des réseaux parallèles à la Présidence.  Il fut l’un des artisans de cette politique de diviser pour mieux régner. Il subventionna au passage plusieurs journaux (la presse Soraz), les responsables des médias audiovisuels avaient également leur entrés à la Présidence de la République, de même que la presse internationale.

Une fois remercié de la Présidence après ses démêlées avec les apparatchiks du PNDS, Ibrahim Yacouba qui était l’un des initiateurs du coup K.O se donna une certaine virginité en créant son sous-marin Kishin Kassa, tout en continuant à soigner ses relations personnelles avec le Président Issoufou.

Donc son ralliement au second tour et sa nomination à la tête de la diplomatie nigérienne ne doivent surprendre personne.

Ce n’est pas pour rien que les couleurs de son parti ressemblent étrangement à celles du célèbre cube Maggi. Il est bon dans toutes les sauces, mais attention à l’hypertension !!!!

M. Ibrahim Yacouba lors de son intervention

À propos de l'Auteur Ibrahim Aghali (Web Contributeur) Tamtam Info News

DECLARATION DU GROUPEMENT DES PROFESSIONNELS DU GAZ GPG

il y a 17 heures 22 min

Mesdames et Messieurs, Permettez-nous de vous présenter le Groupement des Professionnels du Gaz (le GPG), qui a été créé en 2013, avec pour missions, sans être exhaustif, de :

– Favoriser le développement de l’industrie du Gaz et promouvoir la vulgarisation de l’utilisation du Gaz domestique au Niger ;

– Assurer la représentation des sociétés y affiliées auprès des Pouvoirs Publics ;

– Contribuer à la lutte contre la désertification, la protection de l’écosystème et de l’environnement ;

– Débattre de toutes les questions d’ordre technique, économique, juridique et réglementaire, intéressant l’Industrie du Gaz du pétrole ;

– Faciliter l’échange d’informations et d’idées et maintenir un esprit de confraternité entre tous ses membres ; – Promouvoir l’Industrie du Gaz et la représenter, autant que de besoin, auprès des organisations compétentes. Avant de rentrer dans le vif du sujet, permettez-nous de faire un bref historique de la filière. Jusqu’en novembre 2011, la gestion de la filière était entièrement assurée par les sociétés de Gaz (3), encadrées par le Ministère du Commerce.

Ces sociétés sont chargées de l’importation, de la mise en bouteille et de la distribution du Gaz au Niger. Une Direction du Ministère du commerce, définit le prix de vente. Selon la dernière structure des prix de l’année 2011, la bouteille de 12,5kg revenait à 12.688 F CFA. Eu égard à la nature stratégique du produit, et dans le cadre de l’application de la résolution du Comité Inter- Etat de lutte contre la Sècheresse au Sahel, l’Etat subventionnait à hauteur de 7.188 F CFA la bouteille de 12,5 kg à travers le Fonds de l’énergie.

Ce mécanisme permettait de la revendre aux ménages à 5.500F CFA. Dès le début de la production nationale et pour faciliter aux populations nigériennes l’accès au gaz domestique, l’Etat a décidé sans aucune étude technique préalable du secteur, de :

• fixer le prix de vente à 3.750F CFA la bouteille de 12,5Kg,

• et de supprimer la subvention. Notre réaction a été immédiate vu la difficulté de fonctionner avec un tel prix. Promesse nous a été faite pour sa révision après une période d’observation de 6 mois. Aujourd’hui, 4 ans après, force est de constater que le coût de revient de la bouteille de 12,5kg s’élève à 5.249 FCFA. Tenus de la vendre à 3.750 F CFA aux consommateurs, nous nous trouvons avec un manque à gagner de 1.500 FCFA. Ceci nous permet d’affirmer que nos sociétés subventionnent la filière en lieu et place de l’Etat. Ainsi, depuis l’application de la nouvelle structure, nous subissons des pertes structurelles énormes.

Pour illustrer nos propos, les sociétés de distribution de gaz ont subi en 2015 une perte d’un montant de 2, 280 Milliards de francs CFA. Si au niveau du GPG, nous pouvons comprendre que dans l’élaboration de la nouvelle structure, l’Etat ne veut plus subventionner le Gaz vu la disponibilité locale du produit, nous ne comprenons pas cependant la modification unilatérale et techniquement injustifiée des postes clés de la structure des prix. Cette structure fixe pour la bouteille de 12,5Kg, les postes suivants :

– Le transport à 52 FCFA /kg au lieu de 100 FCFA/Kg validé jusqu’en 2011 et pour sensiblement la même distance, – La marge à 250 FCFA au lieu de 600 FCFA

– Les frais généraux à 830FCFA au lieu de 2.271 FCFA. La réduction drastique des frais généraux est la plus incompréhensible, car ceux-ci couvrent :

– Les frais d’exploitation,

– Les frais de personnel,

– L’amortissement des investissements,

– Les impôts et taxes, etc…

Plus particulièrement, les Frais Généraux assurent le renouvellement du matériel, les emballages (bouteilles), et financent quotidiennement la mise en œuvre de la sécurité qui doit être maintenue aux normes exigées par l’industrie du Gaz. A cette situation, s’ajoutent les problèmes d’ordre opérationnel avec notre unique fournisseur, à savoir, la SONIDEP. Il vous souviendra qu’auparavant, la SONIDEP était un distributeur de Gaz comme les autres, et s’est retirée du marché en 2011 pour s’approprier du monopole et ensuite imposer à ses anciens compétiteurs de nouvelles règles, notamment :

– Des délais de règlement non raisonnables de 20 jours date d’enlèvement, alors que la SORAZ lui accorde un crédit fournisseur de 60 jours sur nos enlèvements,

– L’exigence d’une caution bancaire couvrant la totalité des enlèvements du mois, induisant des coûts supplémentaires aux Gaziers. Tout ceci s’effectue hors du cadre légal de la structure rémunérant déjà la SONIDEP à hauteur de 8F/kg et ce, sans une réelle intervention de sa part. A noter que l’enlèvement, le transport et le stockage sont assurés par les gaziers eux- mêmes.

Vous comprenez bien avec nous que face à ces difficultés et aux énormes pertes que nous subissons, nous ne pouvons plus continuer indéfiniment nos activités de distribution de Gaz. Il y a lieu de rappeler que notre situation a été à maintes reprises portée à la connaissance des autorités concernées mais en vain. Or, nous savons que des solutions existent pour permettre un fonctionnement acceptable de la filière et sans qu’il ne soit nécessaire, d’augmenter le prix de vente aux ménages.

Ces solutions ont déjà adoptées dans le passé.

C’est pourquoi nous lançons un ultime appel aux Autorités pour qu’elles prennent dans les meilleurs délais les décisions qui s’imposent afin de sauver la filière. Si rien n‘est fait jusqu’au 18 mai 2016, nous, membres du GPG, dégageons notre responsabilité de ce qui pourrait advenir.

Nous vous remercions de votre aimable attention.

Niamey, le 27 Avril 2016

À propos de l'Auteur GROUPEMENT DES PROFESSIONNELS DU GAZ

Cérémonie de prestation de serment de trois membres du C N R T P : Arbitrer, suivre la règlementation, et exiger l’application de la loi

il y a 17 heures 28 min

Les trois (3) nouveaux membres du Conseil National de Régulation des Télécommunications et de la Poste (C N R T P), ont prêté serment hier, à la Cour d’Appel de Niamey. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique, des députés nationaux et des invités.

La prestation de serment est prévu par l’article 53de la loi 2012-70 du 31 décembre 2012, qui stipule qu’avant leur entrée en fonction, les membres du Conseil National de Régulation des Télécommunications et de la Poste (C N R T P) prêtent serment devant le Président de la Cour d’Appel selon la formule : « Je jure d’exercer mes fonctions avec probité, dans le respect des lois et des règlements en vigueur. En cas de parjure, que je subisse les rigueurs de la loi».

Ainsi, au terme de la vérification de la présence des personnes dont le serment a été requis en tant que membre du Conseil National de l’ARTP, à savoir, Mme Bety Aichatou Habibou Oumani, M. Boubacar Sabo, M. Marou Moussa Hassane, il leur a été rappelé par le procureur général Alzouma Maïga Saadou que le serment qu’ils vont prêter n’est pas une simple formalité. C’est un engagement fort, devant Dieu et devant les hommes, pour bien et fidèlement remplir les missions qui leur sont confiées.

Et, qui les rendent débiteurs des obligations continues dans la formule du serment. «Je vous recommande d’avoir constamment à l’esprit la formule de votre serment afin d’éviter les travers qui conduisent aux parjures» leur a dit le procureur général Alzouma Maïga Saadou.

Le président de la cour d’appel, M. Gayakoy Abdouramane Sabi a pour sa part, rappelé aux nouveaux membres que leurs tâches essentielles sont d’arbitrer et de suivre la règlementation, en plus d’exiger l’application de la loi dans le domaine de la téléphonie, des télécommunications et de la poste. Il a par ailleurs précisé aux trois (3) membres que leur rôle est primordial, parce que la population se plaint chaque jour d’un certain nombre d’irrégularités, relatifs notamment à la tarification.

«Votre rôle est de veiller à ce que les services rendus aux usagers soient conformes aux lois. C’est une tâche qui est lourde. Vous êtes doté d’instruments de contrôle qui vont vous permettre de jouer ce rôle. C’est essentiel pour les citoyens et pour l’économie de notre pays, d’autant plus que le Niger est dans la tranche des pays où la tarification en matière de communication reste encore élevée. Nous souhaitons qu’avec le contrôle que vous allez exercer que toutes ces préoccupations seront résorbées » a indiqué le président de la cour d’appel.

Les trois (3) personnes concernées par ce serment ont été nommé au titre du décret N°2016 -188 PRMP du 27 avril 2016 pour un mandat de deux (2) ans renouvelable une fois.

À propos de l'Auteur Samira Sabou (onep)

Visite du ministre d’Etat, ministre des Transports aux sièges de six (6) structures syndicales à Niamey : Echanges avec les responsables syndicaux sur les préoccupations de l’heure

il y a 17 heures 32 min

Jamais auparavant, un ministre des Transports n’a visité les structures syndicales qui constituent pourtant un partenaire extrêmement important dans le secteur des transports au Niger. C’est en substance la phase récurrente dans les propos tenus par les responsables syndicaux à chacune des étapes de la visite effectuée hier matin, par M. Omar Hamidou Tchiana, ministre d’Etat, ministre des Transports au niveau de six (6) sièges des partenaires sociaux à Niamey à savoir :

le Syndicat National des Transporteurs Marchandise ( SNTMN) ; le Syndicat National des Transporteurs Voyageurs du Niger (SNTVN) ; le Syndicat National des Transporteurs Voyageurs du Niger (SNTVN-Adaltchi) ; le Syndicat National des Professionnels du Transport des Voyageurs du Niger (SYNAPTRAV) ; le Syndicat National des Transporteurs d’Hydrocarbure (SNTH) et le Syndicat National des Transporteurs Libres de Marchandises ( SNTLM). Le ministre était accompagné lors de cette visite par des cadres centraux de son département et les membres de son cabinet.

A travers cette visite au niveau des sièges des partenaires sociaux de son département ministériel, le ministre d’Etat, ministre des Transports M. Omar Hamidou Tchiana veut désormais s’inscrire dans une démarche qui est la sienne. Cette démarche consiste à connaitre l’emplacement des différents sièges des syndicats du secteur des transports ; échanger avec les responsables de ces structures sur leurs préoccupations afin de chercher ensemble les solutions aux problèmes du secteur des transports au Niger.

Au siège du Syndicat National des Transporteurs Marchandises (SNTMN), sis à Wadata, la délégation ministérielle a été chaleureusement accueillie par les membres du bureau syndical avant d’avoir une séance d’échange dans la salle de réunions de ladite structure. Au cours de ces échanges, il a été présenté au ministre Omar Hamidou Tchiana les différents problèmes auxquels les transporteurs des marchandises font face quotidiennement. Il s’agit entre autres de la tracasserie policière ; du problème de chargement au niveau des ports ; du vieillissement du parc automobile ; du non respect des protocoles d’accord ; de l’introduction de l’amende de 24.000F, etc.

L’ensemble des problèmes ont été consignés dans un cahier de doléances, transmis au ministre des Transports. Pour sa part, le ministre Omar Hamidou Tchiana a rappelé que sans les transporteurs des marchandises, le ministère des transports ne saurait exister surtout dans un pays enclavé comme le nôtre.  » Je veux que nous collaborons sincèrement pour booster le secteur des transports au Niger. Je suis un des vôtres et je reste à votre écoute. J’aurai échoué ma mission au ministère des transports si je n’arrive pas à résoudre les problèmes des transporteurs » a relevé M. Omar Hamidou Tchiana.

Tout comme au siège du (SNTMN), le ministre et sa délégation ont entendu tout un chapelet de problèmes au niveau du Syndicat National des Transporteurs Voyageurs du Niger (SNTVN). Ces problèmes sont pour l’essentiel communs à tous les syndicats du secteur des transports. En effet, au siège du Syndicat National des Transporteurs Voyageurs du Niger (SNTVN-Adaltchi) sis dans l’enceinte de l’écogare Wadata, ministre s’est entretenu avec les responsables syndicaux avant de visiter l’ecogare qui a été victime d’un incendie il y a de cela un mois. Le constat est désolant car jusqu’à présent les déchets toxiques résultants du ravage de cet incendie ne sont pas dégagés pour permettre la reprise des activités commerciales.

Le ministre a promis de régler le problème dans de meilleurs délais. Il a par ailleurs demandé à tous les responsables syndicaux de sensibiliser les conducteurs (chauffeurs) sur le respect scrupuleux du code de la route d’une part et à bannir l’excès de vitesse qui est la cause de plusieurs accidents de circulation d’autre part. Au niveau des trois autres syndicats en l’occurrence le Syndicat National des Professionnels du Transport des Voyageurs du Niger (SYNAPTRAV) ; le Syndicat National des Transporteurs d’Hydrocarbure (SNTH) et le Syndicat National des Transporteurs Libres de Marchandises (SNTLM), le ministre d’Etat, ministre des Transports a pris bonne note des doléances qui lui ont été transmises.

Un tableau en guise de cadeau a été offert au ministre par les responsables du Syndicat National des Transporteurs Libres de Marchandises (SNTLM).

En s’exprimant à l’issue de cette visite, le ministre d’Etat, ministre des Transports M. Omar Hamidou Tchiana s’est dit satisfait pour avoir reçu les doléances des transporteurs et réaffirmé aux partenaires sociaux la disponibilité de son département ministériel à œuvrer pour l’amélioration du secteur des transports au Niger.  » Nous avons profité de cette sortie pour insister sur la nécessité du respect du code de la route. Malheureusement l’excès de vitesse et le non respect de ce code conduisent de fois à des accidents tragiques dont le dernier date de quelques jours sur la route de Torodi.

Nous pensons avoir trouvé à l’ endroit des syndicats des personnes attentives et soucieuses du respect du code de la route et du développement du secteur des transports. Nous avons retenu plusieurs doléances qui sont entre autres les tracasseries administratives aussi bien sur la route que dans les bureaux ; le problème lié au renouvellement du parc automobile parce qu’aujourd’hui nous avons une flotte très vieillissante. Nous devons impérativement renouveler cette flotte si nous tenons à réduire le coût de ce facteur qui doit nous permettre de booster aussi bien le commerce que l’industrie au Niger », a conclu le ministre Oma Hamidou Tchiana.

À propos de l'Auteur Hassane Daouda (onep)

Conférence de presse des ministres nigérien, français et allemand des Affaires Etrangères : La gestion des flux migratoires, la sécurité et le développement en toile de fond

il y a 17 heures 37 min

Juste après la séance de travail, les trois ministres des Affaires Etrangères en l’occurrence M. Ibrahim Yacoubou ; Jean Marc Ayrault et Frank Walter Steinmeier ont co-animée, mardi dernier, une conférence de presse au cours de laquelle, ils ont développé quatre thématiques majeures à savoir : le renforcement des liens de coopération ; la sécurité dans la région du sahel ; le développement et les questions de migration.

Pour le ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur M. Ibrahim Yacoubou, la visite de ses homologues français et allemand est un signal particulièrement important pour la qualité et la crédibilité des relations qui existent entre le Niger et ces deux pays qui sont des partenaires à titre bilatéral. Cette visite, a poursuivi M. Ibrahim Yacoubou est aussi la traduction de l’intérêt de ces deux pays pour les thématiques qui sont propres aux pays du sahel.

C’est une visite qui n’est pas habituelle, dans la mesure où c’est la première fois que les ministres français et allemand des Affaires Etrangères effectuent un déplacement en commun accord dans ce format-là dans notre pays.  »Je pense que pour l’Allemagne, c’est aussi la première fois depuis l’indépendance qu’un ministre des Affaires Etrangères est arrivé au Niger. Donc, qu’il s’agisse du contenu du cadre ou bien de la symbolique, cette visite est importante pour le Niger », a ajouté le ministre Ibrahim Yacoubou.

En effet, a-t-il souligné, dans le cadre de la coopération avec l’Union Européenne, le Niger a affiché une position très claire, celle de travailler courageusement pour aborder les thématiques importantes qui sont communes aussi bien pour les pays africains que pour l’Europe, particulièrement la question de la migration. Sur ce sujet d’ailleurs, le ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur a indiqué qu’à l’issue des discussions, il a été adopté une déclaration conjointe Niger-Union Européenne.

Dans cette déclaration, le Niger s’engage à travailler de commun accord avec l’Union Européenne, en s’attaquant aux causes profondes de la migration, en leur apportant des solutions pour faire en sorte que le Niger qui est un pays d’origine de la migration et de transit puisse créer les conditions afin que les citoyens ne soient pas obligés à quitter leur pays.

Quant au ministre allemand des Affaires Etrangères M. Frank Walter Steinmeier, il a précisé qu’il faut visiter le Mali et le Niger pour mesurer l’ampleur des défis auxquels ces pays du sahel sont confrontés. Ces défis sont sécuritaires ; agricoles ; environnementaux avec l’avancée du désert et le changement climatique ; l’accès à l’eau potable. « Les approches et les politiques du Niger dans ces domaines doivent être soutenues par l’Union Européenne.

Le Niger se trouve aujourd’hui dans une situation difficile avec au Nord la persistance de la menace terroriste due à la déliquescence de l’Etat central en Lybie; au Sud par le Nigeria avec Boko Haram. A cela s’ajoute l’insécurité au Nord Mali », a indiqué le ministre allemand.

Pour sa part, le ministre français des Affaires Etrangères M. Jean Marc Ayrault s’est dit frappé par l’énorme énergie qui existe au Niger pour relever les défis du développement ; la lutte contre la pauvreté ; la lutte pour la sécurité alimentaire illustrée par leur visite en bateau sur le fleuve Niger. Beaucoup de projets existent et particulièrement celui du barrage de Kandadji qui nécessite que la communauté internationale se mobilise et surtout la Banque mondiale. Ce qui est davantage frappant, a dit Jean Marc Ayrault, c’est les défis de la sécurité et du développement. Ces deux défis sont intimement liés.

A côté de ces enjeux, se trouve la migration pour laquelle des réponses doivent être apportées. Face à ces problèmes, la France et l’Allemagne ont exprimé leur conviction qui consiste à dire que le destin du continent africain et celui de l’Europe sont étroitement liés.  » Nous devons faire face ensemble à ces défis considérables qui sont devant nous. Nous avons commencé à le faire, car la France et l’Allemagne ont des coopérations bilatérales et multilatérales avec les pays du Sahel dans les domaines de la sécurité ; du développement et de la migration.

L’Europe en a aussi comme le témoigne la déclaration commune adoptée à l’issue de nos discussions avec les autorités nigériennes », a expliqué M. Jean Marc Ayrault, tout en soulignant que la France et l’Allemagne ont à la fois le devoir de solidarité envers les pays africains et des intérêts à défendre.

En outre, le ministre français des Affaires Etrangères a relevé que le Niger a un Président et un gouvernement engagés pour réussir à répondre à tous ces défis. « C’est à cela que nous devons apporter notre soutien. Ma conviction, c’est que nous pouvons réussir si nous restons terriblement et fortement engagés ensemble », a conclu le ministre français des Affaires Etrangères. Après la conférence de presse, le Président de la République, Chef de l’Etat a offert un déjeuner à ces hôtes du Niger en l’occurrence les ministres français et allemand.

À propos de l'Auteur Hassane Daouda(onep)

Visite du ministre de la Santé Publique au niveau de trois centres de santé en chantier : Apprécier l’avancement des travaux et accélérer la mise à disposition des centres

il y a 17 heures 42 min

Le ministre de la Santé publique, M. Kalla Moutari a visité, mardi dernier, plusieurs centres de santé en chantier notamment le Centre de prise en charge du cancer à la Maternité Gazobi, l’Hôpital de référence de Niamey et le Centre de la mère et de l’enfant à Yantala.

Cette visite vise à constater l’avancement des travaux de ces différents chantiers et de s’informer de leur mise à disposition afin de soulager la souffrance de la population dans le domaine sanitaire. Le ministre Kalla Moutari est accompagné dans ce déplacement par plusieurs de ses collaborateurs.

La première étape de cette visite du ministre de la Santé Publique a été le Centre de traitement du cancer dont les infrastructures et le bâtiment sont finis tandis que l’installation des machines est en cours. Selon les explications du responsable trouvé sur place, ce centre une fois fini aura à prendre en charge les patients souffrant du cancer qu’il s’agit du cancer simple ou avancé. Il a souligné que le centre est appuyé techniquement par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Cette agence appuie aussi le centre dans la formation de son personnel. Au cours de son passage, le ministre de la Santé Publique, a visité entre autres, la salle de simulation, celle du scanneur et la salle d’opération.

Après le centre de traitement du cancer, le ministre Kalla Moutari s’est rendu à l’Hôpital de référence de Niamey où il a été accueilli par le chef de chantier entouré de ses collaborateurs. Au cours de cette visite, le ministre de la Santé publique a constaté que plusieurs équipements sanitaires sont déjà installés. Le chef du chantier l’a aussi rassuré que d’autres équipements sont en cours d’acheminement vers Niamey. Le chef de chantier a en outre encouragé le ministre à envoyer incessamment surtout les médecins, les agents de sécurité et ceux de la maintenance pour qu’ils puissent comprendre le fonctionnement de cette structure afin de faciliter la passation entre les deux parties (chinoise et nigérienne).

La dernière étape de cette visite a été le Centre de la mère et de l’enfant. Là également, le ministre de la Santé publique a visité entre autres installations le service accueil, la réception, la pharmacie et la salle d’accouchement. Tirant les conclusions de cette visite, le ministre Kalla Moutari a estimé que ces infrastructures visitées sont très importantes pour l’amélioration de la qualité des prestations sanitaires dans notre pays. Mais, le ministre s’est dit inquiet pour ce qui est de l’appropriation de ces infrastructures notamment le fonctionnement et l’entretien des installations surtout au regard du niveau technologique du dispositif.

M. Kalla Moutari s’est réjoui d’avoir effectué cette visite et a annoncé que l’Hôpital de référence sera opérationnel vers mi-juillet et les autres centres vers la fin de l’année.

À propos de l'Auteur Mamane Abdoulaye(onep)

M. INOUSSA OUSSEINI DÉCRYPTE LE CONCEPT DE LA RENAISSANCE CULTURELLE

04/05/2016

Le Républicain avait souhaité interroger Monsieur Inoussa Ousseini, ambassadeur actuel du Niger auprès de l’Unesco et ancien ministre de la culture, sur la « Renaissance culturelle » voulue par le Président Mahamadou Issoufou. Depuis plus d’un an, nous avons entendu Monsieur Inoussa Ousseini s’exprimer de nombreuses fois sur le développement culturel comme vecteur du développement économique du Niger et nous nous sommes demandé si ses idées étaient en accord avec celles du Président de la République.

Comme on pourra le constater, l’ancien ministre de la culture, ne semble pas manquer de propositions à faire au gouvernement, ni de prudence pour les dévoiler…

Le Président Mahamadou Issoufou a présenté la « Renaissance culturelle »comme axe principal du programme de son prochain mandat. Commentjugez-vous cette idée ? Est-ce un concept ? Un programme ? Un slogan politique ? Un vœu pieu ?

Inoussa Ousseini : Vous ne croyez pas si bien dire ! Le développement culturel est mon credo. Il faut d’abord avoir la foi pour agir ! Mais, blague à part, quand on est hors du gouvernement et de l’agitation politique, comme je le suis,il est facile de répondre : la renaissance culturelle relève de toutes ces facettes : elle les combine pour que chacun de nous puisse lui donner une définition et la nourrir par un jeu de réflexion.

La Renaissance culturelle est une belle et stimulante formule qui me fait irrésistiblement penser à la « Renaissance africaine » de Cheik Anta Diop ou de Kwame Nkrumah  une bataille déterminante du siècle passé à laquelle s’était joint, à sa manière, Boubou Hama.Je suis convaincu que le Président a cette référence en tête tout en voulant inventer quelque chose de neuf. La renaissance culturelle, à mon avis, devrait être une expression et une promotion de l’identité nationale.

Pour l’heure, lePrésident n’a pas éclairé sa vision politique par des propositions, ou une méthode, mais il lui a donné un cadre en livrant le bilan actuel du développement du pays et en attribuant à la Renaissance culturelle un ministère à part entière. Je vois beaucoup de subtilité dans les différents discours qu’il a prononcés depuis le lancement de sa campagne. Une subtilité stratégique et d’essence démocratique. Le Président a forcément un certain nombre de propositions précises à nous faire mais il attend probablement pour les exprimer de jauger la nature de la réaction des nigériens.

En tant que citoyen et homme de culture, je prends sa formule comme un appel et un défi. Je considère donc de mon devoir de lui donner autant de réponses que possiblesà la hauteur de l’enjeu de société tel qu’il l’a exprimé dans son discours d’investiture.

Qu’avez-vous retenu d’essentiel de ce discours ?

M. Inoussa Ousseini :Un symbole de taille d’abord : le Président a pris le risque devant l’histoire de lier sa prochaine mandature à une ambition qui dépasse largement le cadre politique. Il ne lui suffit plus désormais d’être un bon gestionnaire de la chose publique, le chef des armées assurant la sécurité du Niger et un diplomate offensif, il engage le pays dans une bataille d’idées, un défi qui est sans modèle. Monsieur Mahamadou Issoufou est élu par le suffrage universel Président de tous les nigériens, cela veut dire que son défi devient le nôtre, qu’il revient à chacun de le relever, de le partager et de l’enrichir.

Ensuite, le Président a sorti la culture de son abstraction en indiquant qu’elle devait servir de vecteur à la modernisation sociale. Laquelle s’impose d’elle-même comme le meilleur rempart que nous puissions opposer au « sectarisme » et à « l’obscurantisme » des menées extrémistes. Or, qu’est-ce que la modernisation sociale si ce n’est d’abord l’accès à l’éducation pour tous et, conséquemment, l’accès à la culture pour tous – toutes les facettes de la culture ?

La renaissance culturelle du Niger, je la vois comme une façon de revenir à un idéal qui a forgé les fondements de l’indépendance : un retour vers cette « naissance », c’est-à-dire une réappropriation de la culture et de la dignité africaines. C’est pourquoi vous m’entendez régulièrement défendre l’absolue priorité, dans le domaine de la culture, que nous devrions donner à l’étude de notre histoire et à l’exploitation de notre première richesse, c’est-à-dire à notre patrimoine traditionnel. Nous ne pouvons pas définir notre avenir sans entretenir notre mémoire collective.

La renaissance culturelle serait donc pour vous davantage un retour aux sources nigériennes qu’une volonté de s’ouvrir aux autres cultures ?

M. Inoussa Ousseini : Bien-sûr que non, mais c’est un préalable. Notre patrimoine culturel est notre socle identitaire, nous devons l’entretenir, le renforcer, en renouveler la vision, le transposer dans les langages d’aujourd’hui. Les nouvelles technologies de la communication, par exemple, devraient permettre aux nouvelles générations d’éteindre l’incendie qui, depuis Hampaté Bâ, menace de se propager encore plus vite.

Ce n’est même plus notre « mémoire ancestrale » qui risque l’effacement mais le capital d’idées que nous avons fertilisé depuis l’indépendance et dont ma génération a été le témoin et le gardien. Je ne cesse de ramener à notre mémoire des figures historiques qui sont pour moi les emblèmes de notre singularité culturelle. Je pense que la Renaissance culturelle devrait d’abord défendre cette cause, en faire un objectif national. En restaurant notre fierté nous serons plus à même de trouver notre place dans la culture que nous impose la globalisation du monde.

Tout ça demande un énorme travail, savez-vous ? Cela veut dire une multiplication dans tout le territoire, commeà l’extérieur, de conférences, d’expositions, de débats, d’exercices de communication, de travaux de synthèse et de plateformes d’échanges, c’est à dire un travail de production à l’échelle locale et internationale.

Il me semble que nous sommes loin de la « modernisation sociale » qui semble quand même être le sens donné à la « Renaissance culturelle » par le Président dans son discours d’investiture.

M. Inoussa Ousseini : Je ne crois pas. Tout est lié. Si le président a évoqué une « libération de l’individu du poids du tribalisme », de son « affranchissement » des tutelles coutumières et régionalistes, c’est pour esquisser une nouvelle citoyenneté définie par le seul principe démocratique, soit la restauration de l’autorité première de l’Etat issu du suffrage universel, sans pouvoirs intermédiaires, sans assujettissements locaux. Une cohésion sociale autour du renforcement des institutions de la République, telle était le premier axe de la Renaissance 1.

La renaissance 2, c’est-à-dire la renaissance culturelle,devrait, à l’entendre, mettre l’accent sur la responsabilité individuelle. La cohésion sociale commencerait par l’adhésion patriotique. Le président souhaite probablement une redéfinition « transparente », c’est-à-dire appropriable par chacun, des droits et des devoirs de chacun. Or, pour moi, seule la culture peut permettre ce changement d’état d’esprits, cette « rupture », sur lesquels semble parier le Président de la république. Je l’ai écrit plusieurs fois : cette rupture  la renaissance culturelle  ne peut se décréter. Elle ne peut qu’être progressive, se nourrir de connaissances à partager.

C’est la culture et seulement la culture, au sens le plus large du terme, intégrant l’éducation, les traditions et leurs métamorphoses dans le monde d’aujourd’hui, qui peut apporter à chacun l’esprit critique nécessaire à l’intelligence collective et le sens de la responsabilité individuelle au sein de l’espace collectif. C’est la culture qui peut permettre à la démocratie de s’exercer conformément au niveau de développement d’un pays.

Votre propos ne serait-il pas exagérément candide ? A vous entendre, la culture serait le remède à tous nos maux, par exemple celui de la corruption dont le Président entend faire une croisade. Pensez-vous que c’est parce que nous nous sommes détournés de nos valeurs culturelles traditionnelles que la corruption a pris de telles proportions dans notre pays ?

M. Inoussa Ousseini : Je suis content que vous me posiez ces questions mais la dernière est absurde ! L’oubli des valeurs traditionnelles, qui constituent le substrat de la fameuse et bien réelle « sagesse africaine », peut faire partie du diagnostic, mais ne comptez pas sur moi pour vous livrer sur un plateau les nombreuses raisons pour lesquelles notre société est rongée et affaiblie par la corruption !

En revanche, je peux affirmer que le développement de la culture et des pratiques culturelles est certainement le meilleur remède contre ce mal dans la mesure où c’est elle qui entraînera tout le reste, toutes les mesures que l’on prendra petit à petit  pour corriger un système qui contamine toute la société et dont ne sont pas exclusivement responsables ceux à qui on demande de rendre des comptes publiquement. Vous savez, la fin de la corruption, commel’avènement de la « renaissance culturelle »,  ne peut se décréter par la seule volonté de l’exécutif. Il n’existe pas de recette magique et on ne réinventera pas de ce seul point de vue l’instruction civique.

Développons simplement l’Education nationale.  Le combat contre la corruption ne parviendra à ses fins que s’il est compris, et accompagné, par l’ensemble de la société comme une priorité vitale et morale, et, pour cela, je me répète, la culture peut y jouer un rôle considérable. L’écrit, la communication, mais aussi le conte, le théâtre et le cinéma, peuvent non seulement traduire la complexité des responsabilités partagées mais encore porter la volonté générale d’y mettre fin d’une façon plus efficace que des mesures coercitives. Le changement d’état d’esprit collectif la rupture évoquée par le Président  interpellera naturellement les créateurs, et entrepreneurs culturels.

Le défi sociétal est aussi un déficulturel. Le Niger a, de ce point de vue, des atouts considérables : des références, des talents, un capital d’expériences audacieuses. C’est le moment, ou jamais, de s’en servir. Vous savez, ce ne sont pas des incantations mais des possibilités très concrètes. Voilà près d’un an que je travaille avec toute une équipe à la création d’une série TV sur la corruption sous ses aspects les plus ordinaires. La rupture commence là : par la volonté de briser les tabous qui handicapent la vie citoyenne. Notre patrimoine cinématographique nous en donne de très beaux exemples.

Je pense à Oumarou Ganda, Moustapha Alassane et Djingagey Maïga qui non seulement ont su tirer de « l’adversité », comme dit le Président Mahamadou Issoufou, des œuvres immortelles mais encore fait avancer la morale collective, le sens de la tolérance et de la liberté. Je pense aussi au jeune cinéaste Sani Magori qui, est allé très loin dans l’engagement social avec son dernier film et qui continue d’ouvrir le chemin avec de jeunes réalisateurs et réalisatrices. Je n’oublierai pas l’audacieuse AICHA MAKI qui a su montrer que l’on peut briser les tabous avec pudeur et respect.

Et j’accorde également une immense  confiance à nos compagnies théâtrales, nos chanteurs, nos dessinateurs, nos chroniqueurs, nos humoristes, nos créateurs radiophoniques et multimédia, qui sauront, chacun à leur manière, contribuer à cette bataille. Mieux encore : je suis convaincu que si le Président parie sur la renaissance culturelle du Niger c’est parce qu’il partage cette confiance.

Revenons au terrain politique proprement dit. Que vous pensez de ce Ministère de la Renaissance culturelle. Le ministre, Assoumana Malam Issa, vous a-t-il consulté ?   Vous a-t-il attribué un rôle dans son équipe ? Pensez-vous que le nouveau libellé de notre vieux ministère de la culture devrait entraîner une augmentation conséquente de son budget ?

M. Inoussa Ousseini : Monsieur Assoumana Malam Issa, m’a fait, en effet, l’honneur de me rendre visite le lendemain de sa nomination. Vous savez, de nombreux membres de ce gouvernement, et le Président de la République lui-même, savent que le développement culturel du Niger est la bataille essentielle de ma vie et que j’y jette actuellement mes dernières forces. J’ai trouvé dans la courtoisie de Monsieur M. Assoumana Malam Issa une forme d’encouragement à persévérer dans mes efforts.

Cela fait plus de deux ans que je propose au gouvernement des pistes pour créer un sursaut culturel au Niger et c’est la raison pour laquelle j’ai pu faire, il y a quelques jours, un exposé sur l’idée même de renaissance culturelle. Nombre de mes propositions, modestes ou spectaculaires, peuvent fournir une matière très concrète à la réflexion de ce nouveau ministère. Il était logique que je poursuive mon rôle d’instigateur auprès du nouveau gouvernement mais je le fais également en tant que membre de l’UNESCO.

Concernant le changement de dénomination du Ministère, je ne peux qu’approuver car cela signifie porter une ambition extraordinaire pour le Niger et lui assigner un rôle beaucoup plus important que par le passé. Cette ambition me fait penser à la réussite exemplaire et historique du Ministère de la culture en France sous la direction de Jack Lang durant le premier mandat de François Mitterrand. On peut affirmer que ce tandem politique aura réussi une révolution tranquille en transformant le visage et la mentalité collective de ce pays. Je n’oublie pas bien sûr que le budget de ce Ministère avait alors été considérablement augmenté.

Je le souligne non pas pour pousser notre gouvernement à en faire autant, les conditions ne nous le permettent évidemment pas, mais pour répéter, comme je ne le cesse de faire, que le Niger ne pourra expérimenter ce sursaut sans recourir à une mobilisation exceptionnelle de ressources extra-budgétaires, par une taxe pour financer cette renaissance culturelle. C’est d’abord sur ce point que le Ministère devra se montrer à la hauteur de sa tâche : en faisant de la création d’un Fonds pour la culture et la jeunesse une bataille nationale.Si la renaissance culturelle est le vecteur de la modernisation sociale, c’est-à-dire d’une amélioration du système démocratique, il me semble que la création d’un système de financement, totalement autonome et transparent, serait alors son emblème et sa véritable amorce.

En admettant que le gouvernement vous suive, pourriez-vous nous dire quelles seraient vos priorités concrètes  et, pour conclure, si vous pensez que la culture puisse être un véritable vecteur de développement économique pour notre pays ?

M. Inoussa Ousseini : J’en suis totalement convaincu. Nombre d’exemples partout dans le monde, et notamment en Afrique de l’Ouest, nous prouvent que le développement culturel est un puissant levier. Nous n’avons pas la place ici de nous étendre sur ces exemples pour les comparer à ce qu’il nous est possible de faire d’autant que chaque pays doit suivre son propre chemin. Celui que nous emprunterons ne ressemblera pas aux autres.

Il m’est de même impossible de m’étendre sur les différentes pistes de réflexion que j’ai déjà proposées parce que de toutes nouvelles pourraient voir le jour si les artistes, les créateurs, les entrepreneurs, les éducateurs se concertaient par catégories à travers des ateliers successifs , comme je l’espère pour la suite, pour donner rapidement un contenu concret à cette renaissance culturelle.Je compte cependant faire de mon mieux pour mobiliser le gouvernement, et le ministère de la Renaissance culturelle en particulier, comme l’ensemble des nigériens, sur une action majeure à entreprendre avec les huit régions du Niger pour leur donner un rôle moteur dans la transformation du pays sur la base d’une complémentarité dynamique entre développement culturel et développement régional durable .

Je ne peux pas vous en dire plus car j’y travaille en ce moment même Je voudrais simplement dire que ce travail, cette orientation possible de la renaissance culturelle m’a amené à inventer un slogan qui vaut déjà pour un programme et une réponse aux vœux du Président de la République.

La voici : La renaissance culturelle sera démocratique et populaire, urbaine et rurale, ou ne sera pas.

J’espère pouvoir, dans un prochain entretien, vous en livrer tous les détails.

À propos de l'Auteur Propos recueillis par Gorel Harouna (Le Républicain no 2074)

 

nauguration de la nouvelle usine de production de Poteaux en Béton Armé de Niamey : Pour la couverture des besoins de la NIGELEC en la matière

04/05/2016

Le ministre de l’Energie et du pétrole M. Foumakoye Gado a procédé, vendredi dernier, à l’inauguration officielle de la nouvelle usine de production de Poteaux en Béton Armé sis au quartier Aéroport. La construction de cette usine et sa mise en exploitation s’inscrivent dans le cadre du programme de Renaissance II du Président de la République, Chef de l’Etat S.E Issoufou Mahamadou dont l’ambition est de doubler le nombre de villages qui bénéficieront du programme de l’électrification rurale, soit 200 villages par an pendant ce second mandat au lieu de 100 villages électrifiés par an lors du quinquennat écoulé.

La cérémonie d’inaugation de l’usine s’est déroulée en présence de certains députés nationaux ; du directeur de la NIGELEC et ses proches collaborateurs.

D’une capacité de production d’environ 80 poteaux par jour, cette usine permettra à la NIGELEC de pouvoir faire face à la demande prévisionnelle qui est de l’ordre de 35000 poteaux en béton armé par an alors que les trois usines implantées à Niamey ; Malbaza et Zinder ne peuvent produire que 45 poteaux par jour soit une production annuelle moyenne de 12.500 PBA.

En effet, la construction de cette usine a été financée par la NIGELEC sur fonds propres afin de résorber le déficit en poteaux béton armé et permettre aux différents projets de s’exécuter dans les meilleurs délais afin de permettre un plus large accès à l’électricité aux populations tant urbaines que rurales. Le contrat de construction de l’usine a été attribué suite à un appel d’offres international ouvert, à l’Entreprise marocaine CONSOLE pour un montant de 942 millions de FCFA hors toutes taxes.

Les travaux de construction de cette nouvelle usine de production de poteaux ont démarré le 25 novembre 2014 et se sont achevés le 25 mai 2015. Par ailleurs, il convient de souligner que la qualité des produits a été confortée par les essais de flexion réalisés au cours de la production industrielle. En effet, après une application d’efforts progressifs allant jusqu’à 1,65 fois l’effort nominal d’exploitation des poteaux, aucune fissuration rémanente ne subsiste une fois le poteau déchargé ; avant de se désagréger, les poteaux peuvent supporter jusqu’à 2,5 fois leur effort nominal.

Depuis la mise en exploitation de l’usine, la production se poursuit normalement à un rythme de plus en plus soutenu ; l’approvisionnement des chantiers NIGELEC en PBA s’améliore progressivement et, actuellement, on compte sur le site un stock de plus de 900 poteaux tous types confondus. Après avoir inauguré cette nouvelle usine de production en poteaux, le ministre de l’Energie et du Pétrole M. Foumakoye Gado a reçu à travers une visite des installations des explications détaillées sur le processus de production.

Le ministre Foumakoye Gado s’est d’ailleurs réjoui de l’inauguration de cette usine car la production de poteaux en béton armé est l’un des facteurs qui conditionnent la réalisation de l’électrification de tout le pays à travers le programme de la renaissance dans son volet électrification rurale. Sans ces poteaux, a dit le ministre même quand on a les moyens, on ne peut pas électrifier un village. C’est un facteur qui a beaucoup pénalisé le rythme d’électrification des villages dans la mesure où la production en poteaux béton armé était insuffisante.

En effet, les trois usines dont dispose la NIGELEC ne produisaient que 45 PBA par jour, soit une production annuelle de 12.000 PBA. Cette nouvelle usine, plus les trois autres existantes ne permettront à la NIGELEC d’avoir une production journalière de 125 PBA, soit 37.5000 PBA par an pour un besoin estimé à 35.000 PBA par an. « Si les moyens financiers sont suffisants, nous pensons qu’avec cette nouvelle usine on pourra atteindre les objectifs fixés par le programme de la renaissance II en matière de l’électrification rurale.

Ces moyens financiers proviennent de l’Etat ; des bailleurs financiers qui concèdent des prêts a la NIGELEC notamment l’Agence Française de Développement ; la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ; la Banque Mondiale ; la Banque Africaine de Développement (BAD) etc. », a précisé le ministre Foumakoye Gado.
Profitant de cette occasion, le directeur général de la NIGELEC M. Halid Alhassane a expliqué les raisons pour lesquelles on constate ces derniers temps les coupures d’électricité.

En outre, depuis le début de la saison chaude, la NIGELEC avait fait des communiqués pour dire à la population qu’il faut s’attendre cette année à une situation un peu difficile. Ainsi, le Nigeria qui est notre principale source d’approvisionnement connait un certain nombre de problèmes au niveau des barrages qui étaient à sec compte tenu de la saison sèche. Outre cet état de fait, l’approvisionnement du gaz qui est la principale source de production d’électricité a connu des difficultés, tout comme l’approvisionnement des produits pétroliers.

Et la production au Nigeria a chuté, passant de 6000 MW à peine 2000 MW. Cette situation a amené le producteur a diminué la quantité qu’il donne à chaque pays. C’est ce qui explique le rationnement opéré par la NIGELEC pour faire face à une demande très importante cette année.

À propos de l'Auteur Hassane Daouda(onep)

Déclaration conjointe Niger-UE à la suite du Dialogue de Haut Niveau dans le cadre du suivi du Sommet de La Valette : Cinq projets au profit du Niger pour un montant de près de 50 milliards FCFA

04/05/2016

Dans le contexte de la visite du Ministre des Affaires Etrangères de la République Fédérale Allemande, Monsieur FRANK WALTER STEINMEIER et du Ministre Français des Affaires Etrangères, Monsieur JEAN MARC AYRAULT, qui a permis de faire un tour d’horizon sur de nombreux sujets d’intérêt commun, les deux Ministres ont reçu un mandat de la Haute Représentante de l’Union Européenne pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité et Vice-Présidente de la Commission Européenne (HRVP), Madame FEDERICA MOGHERINI, pour conduire aujourd’hui avec le Niger une rencontre dédiée aux suivis du dialogue de haut niveau sur la migration tenu à La Valette.

Ce dialogue a été conduit par les deux Ministres des Affaires Etrangères au nom de la HRVP, en présence du Représentant Spécial de l’Union Européenne, MONSIEUR ANGEL LOSADA et de l’Ambassadeur, Chef de Délégation de l’Union européenne au Niger, Monsieur RAUL MATEUS PAULA, avec S.E.M. BRIGI RAFINI, Premier Ministre, Chef du Gouvernement du Niger, MONSIEUR MOHAMED BAZOUM, Ministre d’Etat chargé de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation des Affaires Coutumières et Religieuses, MONSIEUR. ABOUBA ALBADÉ, Ministre d’Etat chargé de l’Agriculture et de l’Elevage, MONSIEUR IBRAHIM YACOUBA, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens de l’Extérieur.

1. Le Niger et l’Union européenne entretiennent d’excellentes relations de partenariat et de coopération qui couvrent divers domaines. L’UE et ses Etats membres sont ainsi le premier bailleur de fonds du Niger. Egalement engagé en appui à la stabilité et la sécurité au Sahel, la mission EUCAP Sahel Niger, présente au Niger depuis 2012, contribue à la formation et au conseil de forces de sécurité civiles nigériennes.

2. Le Sommet UE-Afrique sur la migration des 11 et 12 Novembre 2015 à La Valette, a fourni une excellente base pour traiter conjointement des questions migratoires dans tous leurs aspects, guidés par les principes de solidarité, de partenariat et de responsabilité partagée, A la suite de la participation de S.E.M Mahamadou Issoufou, Président de la République, Chef de l’état, du Niger au Sommet Afrique-UE à La Valette, il a été retenu d’étendre cette coopération dans le domaine des migrations, notamment en tenant régulièrement des Dialogues de Haut Niveau. La rencontre de ce jour s’inscrit ainsi dans la suite des visites au Niger de la HRVP Federica Mogherini en Septembre 2015 et du Commissaire au Développement, Neven Mimica en Novembre 2015.

3. Les deux parties ont souligné la convergence entre le Plan d’Action de La Valette et les politiques nationales du Niger en matière migratoire, y compris la législation adoptée en mai 2015 pour combattre la traite des êtres humains. Les deux parties ont discuté de la mise en œuvre, avec la collaboration de l’OIM dont le Centre d’accueil à Niamey a été visité par les deux ministres des Affaires Etrangères Allemand et Français, des cinq priorités prévues dans le cadre du Plan d’Action de La Valette:

– Lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées. Dans un esprit de partenariat, le gouvernement du Niger et l’UE s’engagent à promouvoir une croissance économique inclusive en offrant des perspectives d’investissement et en créant des emplois, notamment pour la jeunesse. Les programmes de coopération substantiels de TUE et de ses Etats membres au Niger témoignent de l’engagement sur ce sujet.

– Intensifier la coopération concernant la mobilité légale. Les parties estiment que de nouveaux efforts doivent être déployés pour renforcer les possibilités de mobilité légale, notamment pour favoriser la mobilité des étudiants et chercheurs Nigériens à travers les appels annuels d’Erasmus+ et les actions au titre du programme « Marie Sklodowska-Curie ».

– Protection. Le gouvernement du Niger et l’Union européenne soulignent que les efforts pour, protéger des réfugiés et autres personnes déplacées, de défendre les droits de l’homme de tous les migrants, est une responsabilité que se partagent les deux parties.

– Prévenir la migration irrégulière, le trafic de migrants et la traite des êtres humains et lutter contre ces phénomènes. Les deux parties partagent l’avis qu’il y a un besoin accru de sensibilisation de la population contre les risques de la migration irrégulière. La gestion des frontières, la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic des migrants sont considérés comme des axes prioritaires de la collaboration entre les deux parties. Dans ce cadre, le travail de la mission EUCAP Sahel Niger a été salué par les deux parties.

– Retour, réadmission et réintégration. Les deux parties partagent l’avis que la mise en œuvre d’une politique efficace de retour systématique des personnes en situation irrégulière constitue une partie intégrante de la gestion des migrations et est le meilleur moyen de dissuader des personnes  et surtout les jeunes  de s’embarquer dans une aventure particulièrement périlleuse de traversée de la Méditerrané qui n’enrichit que les trafiquants et qui met en péril leur vie.

Dans ce contexte, en ligne avec le plan d’action de La Valette et l’Art.13 de l’Accord de Cotonou, les deux parties ont convenu de la nécessité d’accroître l’efficacité des procédures du retour, tels que l’identification des personnes en situation irrégulière et la délivrance en temps opportun des documents de voyage requis pour le retour, et de réintégration des migrants en situation irrégulière, dans le respect et la dignité de ces personnes..

4. Lors de leurs échanges, les deux parties ont reconnu le statut particulier du Niger comme pays de transit de flux migratoires dont les origines se situent essentiellement dans d’autres pays de la sous-région. Ils se sont montrés préoccupés de la récente augmentation du nombre de départs des migrants irréguliers en destination du nord, dépassant le nombre de 10.000 personnes dans la 3ième semaine du mois d’Avril. Ils se sont mis d’accord de renforcer leur coopération pour travailler conjointement pour réduire le nombre de départs illégaux du territoire nigérien, conforment à la législation en vigueur, en vue d’éviter les risques des pertes de vie inutiles, vus les dangers encourus.

5. Les deux parties se sont félicitées de la mise en place par l’UE d’un Fonds fiduciaire d’urgence pour lutter contre les causes profondes de la migration irrégulière en Afrique, d’un montant de 1,8 milliard d’euros (soit 1.180 milliards FCFA) lors du Sommet de La Valette. Cinq projets au profit du Niger ont déjà été approuvés pour un montant de € 74,9 millions (soit près de 50 milliards FCFA). Ces projets sont destinés à proposer des nouvelles perspectives économiques d’emploi notamment au jeunes, à renforcer la résiliences des populations vulnérables et à renforcer les capacités des services nigériens en matière de gestion des frontières et de lutte contre la traite d’êtres humains. Il a été convenu par ailleurs que les deux parties continueront de travailler ensemble en vue de la présentation d’autres documents de projet pertinents au Fonds Fiduciaire qui correspondent aux priorités des deux parties.

6. Les deux parties ont convenu que le dialogue en matière de migration sera poursuivi, aussi bien à Haut niveau qu’au niveau technique. Le prochain dialogue de Haut Niveau est envisagé avant la fin de l’année 2016 pour faire le bilan des progrès accomplis.

À propos de l'Auteur Source: ONEP